Étienne Marcel et Charles le Mauvais ont-ils Ă©tĂ© des traĂźtres, rĂ©voltĂ©s contre le roi quand la patrie Ă©tait en danger et que l’heure Ă©tait Ă  l’union sacrĂ©e ? En fait, les rĂ©voltes et les jacqueries ne sont pas les Ă©pisodes pĂ©riphĂ©riques d’une grande guerre patriotique. La guerre de Cent Ans est d’abord une guerre civile.

Le traitĂ© de BrĂ©tigny (1360) avait mis fin Ă  la guerre. Or, la paix ne faisait pas trop les affaires de Charles V, soucieux sans doute de l’avenir de la France, mais aussi et peut-ĂȘtre surtout de celui de sa dynastie.

GrĂące au connĂ©table du Guesclin, Charles V vainquit en 1364 le roi de Navarre Ă  Cocherel. En 1368, il reprit la guerre contre l’autre prĂ©tendant, le roi d’Angleterre. À la mort du roi et du connĂ©table, en 1380, presque tous les territoires cĂ©dĂ©s par le traitĂ© de BrĂ©tigny avaient Ă©tĂ© repris, Ă  la faveur des difficultĂ©s de la succession d’Edouard III, mort en 1377. Pendant trente-deux ans, on en resta lĂ .

Mais les droits Ă  la couronne de France s’étaient transmis au nouveau roi d’Angleterre, Henri V. Nul ne pouvait d’ailleurs les oublier. Sous Charles VI, la rĂ©gence fut exercĂ©e par le duc d’Anjou, dont le premier souci fut de trouver de l’argent en vue de reconquĂ©rir Naples pour son propre compte. De nouveau, les villes se rĂ©voltĂšrent : Paris (rĂ©volte des maillotins), Rouen, Courtrai. Puis la folie du roi le remit sous la coupe de ses oncles. Autour du duc de Bourgogne et du duc d’OrlĂ©ans se formĂšrent deux factions, les armagnacs et les bourguignons, qui se disputaient la capitale. On n’était pas en guerre contre l’Angleterre, mais pas en paix non plus.

Les bourguignons promettaient Ă  la bourgeoisie des rĂ©formes limitant l’autoritĂ© du roi. Cette question n’avait pas disparu avec la mort d’Étienne Marcel. Faire absorber par le roi toutes les prĂ©rogatives de ses vassaux n’était pas la seule façon de sortir de la fĂ©odalité : le roi d’Angleterre, notamment, n’est-il pas soumis Ă  une charte ?

Henri V ne demande justement pas mieux que de dĂ©partager les rivaux. AprĂšs la victoire d’Azincourt (1415), il conquiert le duchĂ© de Normandie (dont il porte les armes). Le duc d’OrlĂ©ans a Ă©tĂ© fait prisonnier Ă  Azincourt, ce qui a dĂ©capitĂ© le parti armagnac. Quant au duc de Bourgogne, Jean sans Peur, il s’était assurĂ© de la personne du roi, mais fut assassinĂ© par les partisans du dauphin sur le pont de Montereau. Son fils Philippe le Bon, furieux, embrassa aussitĂŽt le parti du roi d’Angleterre. La reine Isabeau de BaviĂšre tenta une mĂ©diation, qui aboutit au traitĂ© de Troyes (1420).

En le qualifiant de « honteux », on occulte le fait que la reine, femme d’un roi fou et mĂšre d’un dauphin Ă  l’indolence inquiĂ©tante, faisait son devoir en prĂ©parant une succession qui promettait d’ĂȘtre dĂ©licate. Le traitĂ© prĂ©voyait que le successeur de Charles VI serait Henri V, qui Ă©pousa Catherine de Valois, fille de Charles VI. Les deux rois moururent en 1422, mais Henri V le premier. Charles VII se proclama roi et, en vertu du traitĂ©, Henri VI le devint aussi. Qui choisir, entre le faible « roi de Bourges », alors sans hĂ©ritier, et un enfant de dix mois ? On ne le voit pas encore, mais, en deux ans la situation s’est renversĂ©e.
Les chroniques de Pierre de Laubier sur l’« Abominable histoire de France » sont diffusĂ©es chaque semaine dans l’émission « SynthĂšse » sur Radio LibertĂ©s.

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A propos de l'auteur

Pierre de Laubier

Actuellement professeur d’histoire dans des collĂšges libres, Pierre de Laubier est l’auteur de "L’Aristoloche", journal instructif et satirique paraissant quand il veut, et il rĂ©dige les blogues Chronique de l’école privĂ©e
 de libertĂ© et "L’Abominable histoire de France", ce dernier tirĂ© de ses chroniques radiophoniques sur "Radio LibertĂ©s" oĂč il est un chroniqueur de l’émission "SynthĂšse", animĂ©e par Roland HĂ©lie et Philippe Randa.

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