Michel Grimard, Président du ROUE

Se souvenir des blessures dont la patrie a souffert, ne pas oublier les drames qui l’ont marquĂ©e et qui font partie de son histoire est parfaitement comprĂ©hensible et naturel, d’autant que ces moments douloureux ont souvent contribuĂ© Ă  forger son unitĂ©. Quoi de plus normal Ă©galement, que ceux qui en furent les martyrs, les hĂ©ros, soient honorĂ©s. Mais tout ceci doit rester dans le cadre national et ne pas se transformer en haine contre l’autre.

Des atrocitĂ©s, les guerres en regorgent. Elles rĂ©sultent souvent d’ambitions, nationales, mais parfois personnelles. Aucun des camps qui s’affrontent ne peut prĂ©tendre se parer du blanc-manteau de l’innocence. Au nom de valeurs trop frĂ©quemment hypothĂ©tiques, elles voient les peuples s’écharper allĂ©grement. L’apogĂ©e dans l’horreur revenant certainement Ă  la seconde guerre mondiale, oĂč l’inhumanitĂ© a atteint son paroxysme.

MalgrĂ© tout ce qui rapproche les peuples europĂ©ens, les difficultĂ©s Ă  s’unir, pour contrebalancer les deux grandes puissances dominatrices et celles qui commencent Ă  Ă©merger, sont difficiles Ă  dĂ©passer. Il en va ainsi avec la Russie, pourtant nĂ©cessaire Ă  la grande Europe, qui nous hisserait au premier rang mondial.

Cette immense entitĂ© serait sĂ©curisante et avantageuse pour les deux parties, l’Union europĂ©enne et la Russie. Ce n’est pas en exhumant les contentieux d’une histoire, mĂȘme rĂ©cente, que l’on y parviendra. Laissons le temps poursuivre son Ɠuvre d’apaisement. Les cicatrices seront toujours prĂ©sentes, mais elles doivent surtout nous rappeler que la coopĂ©ration et la paix doivent seules nous inspirer.

La Russie peut-ĂȘtre amĂšre, face Ă  une Europe qui n’a pas su, pour certains de ses membres pas voulu, saisir l’occasion d’engager une saine et fĂ©conde coopĂ©ration.

Pour notre part, nous avons souvent dĂ©noncĂ© l’attitude malveillante de certaines initiatives europĂ©ennes. Le Partenariat Oriental illustre ce comportement.

ParticuliĂšrement cynique et provocateur, Ă  travers toutes les dispositions, politiques, sĂ©curitaires et Ă©conomiques, il nuit Ă  la Russie. De mĂȘme, nous nous sommes Ă©levĂ©s contre les sanctions dĂ©mesurĂ©es, prises lors de l’annexion de la CrimĂ©e.

Tout bien considĂ©rĂ©, elles sont loin d’ĂȘtre justifiĂ©es, cette rĂ©gion Ă©tant historiquement, linguistiquement, culturellement, russe. Quelle curiositĂ© cet empressement Ă  chĂątier ce pays, alors que ces mĂȘmes censeurs sont totalement passifs, face aux annexions absolument arbitraires, commises par d’autres nations dans le monde. Cela Ă©tant, la derniĂšre initiative prise par la Russie, concernant la Finlande, est pour le moins inappropriĂ©e.

N’extirpons pas de la mĂ©moire des faits douloureux ou glorieux, capables de faire ressurgir du trĂ©fonds de l’ĂȘtre, des sentiments de revanche. Posons-nous la question de savoir si les batailles mĂ©morielles qu’ils vont alimenter sont nĂ©cessaires pour laver des affronts.

L’intĂ©rĂȘt des nations ne s’identifie pas forcĂ©ment Ă  celui de ses dirigeants. En ouvrant une enquĂȘte pĂ©nale contre la Finlande, sous le chef d’accusation de gĂ©nocide, la Russie ne favorise guĂšre le bon voisinage.

Les faits reprochĂ©s, des crimes commis par les troupes d’occupation finlandaises entre 1941 et 1942 en CarĂ©lie, ne soulĂšvent aucun doute. Cependant, les termes de l’accusation, par les graves implications qui peuvent en rĂ©sulter, nous semblent excessifs. Que la Russie dĂ©sire explorer ce passĂ© lancinant, pour en connaĂźtre toutes les facettes, rien de plus naturel. Les historiens dont c’est la vocation et la compĂ©tence peuvent mener ces recherches, en toute honnĂȘtetĂ© et au seul profit de l’histoire.

Contrairement Ă  la majoritĂ© des autres pays de la rĂ©gion, qui Ă  l’instar de la Pologne, entretiennent une suspicion chargĂ©e d’agressivitĂ© Ă  l’égard de la Russie, la Finlande est plutĂŽt placide. MalgrĂ© les incursions de l’aviation russe dans son espace aĂ©rien, elle a des rapports apaisĂ©s. La Finlande a fait preuve de bonne volontĂ©.

Elle a privilĂ©giĂ© une mitoyennetĂ© profitable et toujours recherchĂ© le dialogue. L’attitude de la Russie n’en est que plus dĂ©routante et interrogative. Enjeu des rivalitĂ©s territoriales russo-finlandaises, la CarĂ©lie est une rĂ©gion martyre, qui n’a pas Ă©tĂ© Ă©pargnĂ©e lors de la seconde guerre mondiale. Durant cette pĂ©riode, l’armĂ©e finlandaise a commis des meurtres en CarĂ©lie orientale, qui sont connus et qu’elle a reconnus. Au-delĂ  du problĂšme soulevĂ©, les drames qui ont ravagĂ© cette rĂ©gion n’honorent ni la Finlande, ni la Russie.

Dans le passĂ©, Le PrĂ©sident Vladimir Poutine nous avait habituĂ©s Ă  une autre approche de ce type de question. À Varsovie, en avril 2010 et alors qu’en 2008 la Pologne avait signĂ© l’accord sur le bouclier antimissile, il a dĂ©clarĂ©, concernant le massacre de Katyn « Un crime ne peut ĂȘtre justifiĂ© d’aucune maniĂšre », ajoutant « Nous n’avons pas le pouvoir de changer le passĂ©, mais nous pouvons rĂ©tablir la vĂ©ritĂ© et la justice historique. »

Katyn 1940

Enfin, rejetant tout impĂ©rialisme : « Dans l’Europe du XXIe siĂšcle, il n’y a pas d’alternative Ă  un bon voisinage entre la Pologne et la Russie. »

C’est ce langage que nous aimerions voir adopter Ă  l’égard de la Finlande qui, contrairement Ă  la Pologne, a constamment manifestĂ© son dĂ©sir d’entretenir des rapports pacifiĂ©s. La construction de la grande Europe doit emprunter les chemins de la conciliation.

Il est logique que la Russie, comme toutes les nations, recherche la vĂ©ritĂ© sur les Ă©vĂ©nements qui l’ont affectĂ©e. Mais cette quĂȘte doit seulement concourir Ă  construire son histoire.

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