« Peu s’en fallut que dans la guerre de Cent Ans, la France ne perdĂźt son indĂ©pendance et ne devĂźnt une colonie de l’Angleterre » : ainsi parle Lavisse, dans son dĂ©lire. Ce mot de « colonisation » est tout Ă  fait impropre. Si un pays avait Ă©tĂ© colonisĂ©, c’était l’Angleterre
 par les Normands, dont le souverain d’Angleterre porte les armes encore aujourd’hui ! Mais le vainqueur de la guerre de Cent Ans ne devait ĂȘtre ni la France, ni l’Angleterre, mais les Valois ou bien les PlantagenĂȘt.

Le fait que le roi de France fĂ»t aussi roi d’Angleterre, ou l’inverse, ne choquait en fait personne d’autre que le roi capĂ©tien en titre. On a vu qu’aprĂšs les batailles de Bouvines et de la Roche-aux-Moines (1214) et la signature de la Grande Charte, les barons anglais firent appel au fils de Philippe II pour remplacer leur propre roi. Ils se doutaient bien que le futur Louis VIII ne renoncerait pas pour autant Ă  la couronne de France, pays dix fois plus peuplĂ© et plus riche que l’Angleterre. S’il Ă©tait restĂ© roi d’Angleterre, Louis VIII aurait hĂ©ritĂ© d’AliĂ©nor et le rĂ©sultat aurait Ă©tĂ© le mĂȘme que si Edouard III et Henri V l’avaient emportĂ© dans la guerre de Cent Ans : l’union des couronnes de France et d’Angleterre.

Pendant qu’on y est, revenons un instant sur Bouvines. Cette bataille avait opposĂ© le roi de France au comte de Flandre, soutenu par l’empereur germanique. Mais qui est ce fameux Ferrand, comte de Flandre ? Il n’a pas l’accent belge, une fois : fils du roi de Portugal, il n’est comte de Flandre que du chef de sa femme, qui s’appelle d’ailleurs Jeanne de Constantinople. Il est en guerre contre le roi de France qui, toujours gourmand, lui a dĂ©robĂ© deux riches villes d’Artois : Aire et Saint-Omer.

Quant Ă  l’empereur Othon, fils d’Henri de Saxe, il est aussi petit-fils d’Henri PlantagenĂȘt et d’AliĂ©nor d’Aquitaine ; il est comte de Poitou et duc d’Aquitaine
 provinces confisquĂ©es par Philippe II ; et, neveu de Richard CƓur de Lion et Jean sans Terre, il soutient son oncle et suzerain lui aussi spoliĂ©. Il est d’ailleurs si peu germanique qu’il est un empereur mal Ă©lu, contre lequel (Ă  cause d’affaires concernant le sud de l’Italie) le pape et le roi de France, toujours lui, soutiennent un autre candidat : FrĂ©dĂ©ric de Hohenstaufen.

Bouvines est donc une bataille fĂ©odale, qui n’a rien ou pas grand-chose de national. Le vaincu, Ferrand, fut enfermĂ© dans une cage et promenĂ© dans une cage de fer Ă  travers les villes. Mise en scĂšne organisĂ©e dans un but de propagande car Philippe Auguste se servait des villes pour ronger le pouvoir de ses vassaux. LibĂ©rĂ© dix ans plus tard, Ferrand, pas rancunier, sera d’ailleurs un des plus solides soutiens de la rĂ©gente Blanche de Castille.

La guerre de Cent Ans, qui finira en partie en guerre nationale, commence comme une guerre fĂ©odale, dynastique, et aussi politique, Ă©conomique et fiscale. L’enjeu de cette guerre, ou plutĂŽt de ces guerres, n’est pas de savoir si la France va continuer d’exister, mais comment. La premiĂšre manche, qui va opposer Edouard III et Philippe VI, ne dĂ©bute de maniĂšre calamiteuse que pour le CapĂ©tien.

Les chroniques de Pierre de Laubier sur l’« Abominable histoire de France » sont diffusĂ©es chaque semaine dans l’émission « SynthĂšse » sur Radio LibertĂ©s.

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