Une longue suite de dĂ©sastres commença en 1340 par la perte de la flotte française Ă  l’Écluse. Puis Edouard III dĂ©barqua dans le Cotentin, chevaucha jusqu’aux portes de Paris, recula, fut contraint au combat Ă  CrĂ©cy (1346), mais en sortit vainqueur, et prit aussitĂŽt Calais, dont six bourgeois, pieds nus et la corde au cou, lui livrĂšrent les clefs aprĂšs sept mois de siĂšge.

En 1347, la peste noire fit pĂ©rir jusqu’au tiers de la population des provinces et la moitiĂ© des habitants des villes. Et une trĂȘve imposĂ©e par le pape fit que la guerre ne reprit qu’en 1356 : le Prince noir dĂ©barqua dans le Midi et remonta jusqu’en Touraine. Jean II le Bon tenta de lui couper la retraite, mais fut battu et pris Ă  Maupertuis.

Pour mener cette guerre, on ne se contentait plus de l’ost fĂ©odal : on employait des mercenaires (comme les archers gallois ou les arbalĂ©triers gĂ©nois). Mais, quand la guerre cessait, ces routiers, qu’en l’occurrence aucun des belligĂ©rants n’avait plus les moyens de payer, Ă©cumaient les campagnes. Les paysans goĂ»taient si peu les avantages de cette armĂ©e « dĂ©mocratique » que des jacqueries Ă©clatĂšrent. Mais ils n’étaient pas les seuls mĂ©contents.

Pour payer les troupes, il fallait de l’argent. Les Ă©tats gĂ©nĂ©raux furent donc rĂ©unis en 1355 et 1356. Mais comme les fonds rentraient mal, le roi recommença les fraudes monĂ©taires dont Philippe le Bel avait donnĂ© l’exemple, plusieurs fois suivi depuis, ce qui mit la bourgeoisie en fureur.

La bourgeoisie, ce sont les villes, et Paris Ă©tait la plus grande d’Occident, avec deux cent mille Ăąmes. Le prĂ©vĂŽt des marchands Ă©tait Étienne Marcel. Il avait un alliĂ© de poids en la personne du roi de Navarre. Ce Charles le Mauvais Ă©tait petit-fils de Philippe III par son pĂšre, et par sa mĂšre petit-fils de Louis X et arriĂšre-petit-fils de Philippe IV. Il Ă©tait en outre le gendre de Jean II. Tout cela en faisait un prĂ©tendant trĂšs sĂ©rieux Ă  la couronne. Le dauphin le fit donc enfermer.

La question fiscale n’est autre que celle du consentement Ă  l’impĂŽt et, en fin de compte, du partage du pouvoir. Le dĂ©sir de voir le roi signer une charte analogue Ă  celle que les barons anglais avaient imposĂ©e Ă  Jean sans Terre en 1215 aboutit Ă  la « grande ordonnance » de 1357, qui prĂ©voyait que le roi devrait gouverner avec un conseil dĂ©signĂ© par les Ă©tats gĂ©nĂ©raux. Le dauphin n’y Ă©tait pas hostile. Mais il Ă©tait prĂ©vu que les Ă©tats gĂ©nĂ©raux de 1358 tranchassent aussi la question dynastique, chose d’autant plus dangereuse que Charles de Navarre avait Ă©tĂ© libĂ©rĂ©.

De Bordeaux, oĂč il Ă©tait captif, Jean II interdit donc l’application de cette ordonnance et signa le traitĂ© de Londres (1358), qui fut accueilli avec colĂšre. Étienne Marcel fit coiffer au dauphin un bonnet rouge (en fait rouge et bleu). Mais celui-ci parvint Ă  quitter Paris, oĂč ses partisans finirent par assassiner Étienne Marcel (1358). Ce premier essai d’imposer au roi une institution reprĂ©sentative avait Ă©chouĂ©.

Puis le traitĂ© de BrĂ©tigny (1360) rendit au roi d’Angleterre tout le duchĂ© d’Aquitaine et lui laissa le Ponthieu et Calais. On revenait au statu quo ante bello, sauf qu’Edouard III renonçait Ă  la couronne de France. Tout ça pour ça ?

Les chroniques de Pierre de Laubier sur l’« Abominable histoire de France » sont diffusĂ©es chaque semaine dans l’émission « SynthĂšse » sur Radio LibertĂ©s.

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