Vue du point de vue national, l’histoire de France prĂ©sente une grande cohĂ©rence apparente de Philippe Auguste Ă  Louis XI, dont la lutte contre le duc de Bourgogne est le pendant de la longue guerre contre le roi d’Angleterre. Mais elle est surtout la continuitĂ© du combat du roi pour l’extension de son pouvoir.

En tout cas, la politique de Louis XI avait le double mĂ©rite de la cohĂ©rence et de la constance. On dit que son rĂšgne marque la fin du Moyen Âge. Mais comme le Moyen Âge n’existe pas, il vaudrait mieux dire qu’il marque le triomphe de l’idĂ©e de souverainetĂ© sur celle de suzerainetĂ©. Et le dĂ©but de la monarchie absolue.

Chose curieuse, son fils Charles VIII s’empressa de restituer Ă  l’empereur l’Artois, la Franche-ComtĂ© et le Charolais, qui, soit dit en passant, ne faisaient que revenir Ă  leur lĂ©gitime suzerain. De mĂȘme, il rendit au roi d’Aragon le Roussillon et la Cerdagne. Tout cela pour avoir les mains libres en Italie.

En effet, il s’intĂ©ressait beaucoup Ă  un article de l’hĂ©ritage de RenĂ© d’Anjou que Louis XI s’était bien gardĂ© de rĂ©clamer : les droits sur la couronne de Naples. Mais les ambitions du jeune roi ne s’arrĂȘtaient pas là : il rĂȘvait de prendre la tĂȘte d’une croisade contre les Turcs, de ceindre la couronne impĂ©riale Ă  Constantinople et de dĂ©livrer JĂ©rusalem.

Charles VIII, il est vrai, n’avait pas connu la guerre de Cent Ans et, tout comme les jeunes gens qui l’entouraient, il avait la tĂȘte farcie de romans de chevalerie. La mystique chevaleresque semblait en effet se dĂ©velopper au mĂȘme rythme que les progrĂšs des canons et des arquebuses ! Si CervantĂšs avait manquĂ© de modĂšle pour son Don Quichotte, il l’aurait trouvĂ© sans peine auprĂšs des rois Charles VIII, Louis XII et François Ier.

Charles VIII fut appelĂ© en Italie par une coalition composĂ©e du pape Alexandre VI Borgia, du duc de Milan Ludovic Sforza, de Savonarole et de la noblesse napolitaine lasse du joug de la maison d’Aragon. Il fut acclamĂ© partout et, en 1495, il fit son entrĂ©e Ă  Naples sur un char tirĂ© par quatre chevaux blancs, la couronne impĂ©riale sur la tĂȘte.

Mais les prĂ©tentions et l’aviditĂ© des nouveaux venus ne tardĂšrent pas Ă  susciter la formation d’une nouvelle coalition, soutenue par l’empereur et par le roi d’Aragon. MenacĂ© de se trouver enfermĂ© dans Naples, Charles VIII plia bagage. Il ne parvint Ă  regagner la France que grĂące aux charges de sa cavalerie, animĂ©e de la fameuse furia francese, qui força le passage des Apennins Ă  Fornoue. L’annĂ©e suivante, la garnison restĂ©e Ă  Naples se rendit au terme d’une belle rĂ©sistance (1496).

En 1498, Charles VIII mourut aprĂšs s’ĂȘtre cognĂ© la tĂȘte au linteau d’une porte du chĂąteau de Fontainebleau, ce qui mit un terme Ă  son rĂšgne mais pas Ă  ses rĂȘves chimĂ©riques, que son cousin Louis XII allait reprendre Ă  son compte.

Charles VIII Ă©tait sans doute une tĂȘte folle. NĂ©anmoins, son entreprise italienne prouve qu’il ignorait faire partie des « quarante rois qui ont fait la France ». Et que l’idĂ©e impĂ©riale, restĂ©e vivante au cours des siĂšcles, y compris Ă  l’époque fĂ©odale, demeurait aussi puissante que l’idĂ©e nationale.
Les chroniques de Pierre de Laubier sur l’« Abominable histoire de France » sont diffusĂ©es chaque semaine dans l’émission « SynthĂšse » sur Radio LibertĂ©s.

EuroLibertĂ©s : toujours mieux vous rĂ©-informer 
 GRÂCE À VOUS !

Ne financez pas le systÚme ! Financez EuroLibertés !

EuroLibertĂ©s rĂ©-informe parce qu’EuroLibertĂ©s est un mĂ©dia qui ne dĂ©pend ni du SystĂšme, ni des banques, ni des lobbies et qui est dĂ©gagĂ© de tout politiquement correct.

Fort d’une audience grandissante avec 60 000 visiteurs uniques par mois, EuroLibertĂ©s est un acteur incontournable de dissection des politiques europĂ©ennes menĂ©es dans les États europĂ©ens membres ou non de l’Union europĂ©enne.

Ne bĂ©nĂ©ficiant d’aucune subvention, Ă  la diffĂ©rence des mĂ©dias du systĂšme, et intĂ©gralement animĂ© par des bĂ©nĂ©voles, EuroLibertĂ©s a nĂ©anmoins un coĂ»t qui englobe les frais de crĂ©ation et d’administration du site, les mailings de promotion et enfin les dĂ©placements indispensables pour la rĂ©alisation d’interviews.

EuroLibertĂ©s est un organe de presse d’intĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral. Chaque don ouvre droit à une dĂ©duction fiscale Ă  hauteur de 66 %. À titre d’exemple, un don de 100 euros offre une dĂ©duction fiscale de 66 euros. Ainsi, votre don ne vous coĂ»te en rĂ©alitĂ© que 34 euros.

Philippe Randa,
Directeur d’EuroLibertĂ©s.

Quatre solutions pour nous soutenir :

1 : Faire un don par virement bancaire

Titulaire du compte (Account Owner) : EURO LIBERTES
Domiciliation : CIC FOUESNANT
IBAN (International Bank Account Number) :
FR76 3004 7140 6700 0202 0390 185
BIC (Bank Identifier Code) : CMCIFRPP

2 : Faire un don par paypal (paiement sécurisé SSL)

Sur le site EuroLibertĂ©s (www.eurolibertes.com), en cliquant, vous serez alors redirigĂ© vers le site de paiement en ligne PayPal. Transaction 100 % sĂ©curisĂ©e.‹ 

3 : Faire un don par chĂšque bancaire Ă  l’ordre d’EuroLibertĂ©s

à retourner à : EuroLibertés
BP 400 35 – 94271 Le Kremlin-BicĂȘtre cedex – France

4 : Faire un don par carte bancaire

Pour cela, téléphonez à Marie-France Marceau au 06 77 60 24  99

A propos de l'auteur

Pierre de Laubier

Actuellement professeur d’histoire dans des collĂšges libres, Pierre de Laubier est l’auteur de "L’Aristoloche", journal instructif et satirique paraissant quand il veut, et il rĂ©dige les blogues Chronique de l’école privĂ©e
 de libertĂ© et "L’Abominable histoire de France", ce dernier tirĂ© de ses chroniques radiophoniques sur "Radio LibertĂ©s" oĂč il est un chroniqueur de l’émission "SynthĂšse", animĂ©e par Roland HĂ©lie et Philippe Randa.

Articles similaires