Rappelons les chiffres sĂ©rieux du Figaro repris par fdesouche.com. 70 % de naissances africaines Ă  Paris, 50 % sur la CĂŽte d’Azur, 40 % dans le grand Lyon (on le sait enfin grĂące au simple test de dĂ©pistage de la drĂ©panocytose). Le Grand Remplacement voulu par les Ă©lites, la natalitĂ© ou la fatalitĂ© se passe tranquillement et sans violence. Tout le monde est content, les immigrĂ©s, les rĂ©fugiĂ©s, mais surtout les Français. Ce n’est pas la premiĂšre fois que les rĂ©sidents de ce bel hexagone se font remplacer, mais c’est la premiĂšre fois que cela se passe aussi bien, aussi cool, sans effusion de sang ou presque (Ă  part quelques excĂšs de vitesse en camion), avec juste quelques dĂ©mocratiques Ă©ructations mĂ©diatiques entre pro et anti.

Consolons-nous avec un exemple historique.

Le peuple gaulois a peur des Germains, dont il sent la puissance militaire et mĂȘme dĂ©mographique. On l’apprend par CĂ©sar dans sa Guerre des Gaules. Ce dernier fait mine de s’apitoyer sur le sort des Gaulois qui l’appellent Ă  leur secours (il en tuera un cinquiĂšme, avec la bĂ©nĂ©diction de la plupart de nos historiens).

« Mais les SĂ©quanes vainqueurs ont Ă©prouvĂ© un sort plus intolĂ©rable que les Eduens vaincus : en effet, Arioviste, roi des Germains, s’est Ă©tabli dans leur pays, s’est emparĂ© du tiers de

leur territoire, qui est le meilleur de toute la Gaule, et leur ordonne maintenant d’en abandonner un autre tiers Ă  vingt-quatre mille Harudes  » (1)

Dans toutes les belles histoires, comme dans tous les bons westerns, on parle de vols de territoires. Et CĂ©sar annonce ainsi Ă  notre nez et notre barbe ce qui se passe aujourd’hui


« Il arrivera dans peu d’annĂ©es que tous les Gaulois seront chassĂ©s de leur pays (omnes ex Galliae finibus pellerentur), et que tous les Germains auront passĂ© le Rhin ; car le sol de la Germanie ne peut pas entrer en comparaison avec celui de la Gaule, non plus que la maniĂšre de vivre des deux nations. » (2)

CĂ©sar voit que les Gaulois de jadis auxquels Virgile rendra hommage (3) se sont affaiblis moralement et physiquement. Car « il faut demeurer, dit mon maĂźtre Ibn Khaldun, un peu barbare pour triompher dans l’Histoire ». Ainsi des frugaux SuĂšves qui aiment la guerre tout en dĂ©testant l’alcool : « La nation des SuĂšves est de beaucoup la plus puissante et la plus belliqueuse de toute la Germanie (sueborum gens est longe maxima et bellicosissima germanorum omnium). On dit qu’ils forment cent cantons, de chacun desquels ils font sortir chaque annĂ©e mille hommes armĂ©s qui portent la guerre au dehors. L’importation du vin est entiĂšrement interdite chez eux (vinum omnino ad se importarti non patiuntur), parce qu’ils pensent que cette liqueur amollit, Ă©nerve le courage des hommes. » (4)

En guise d’énerver, CĂ©sar utilise le terme sexiste effeminari qui lui vaudra un jour des problĂšmes avec la justice


Comme s’ils annonçaient Hitler (ou l’OTAN) et son « devoir de dĂ©peupler » la Russie et l’Europe, les SuĂšves se flattent de faire le vide autour d’eux. C’est dĂ©jĂ  Paris et le dĂ©sert français


« Ils regardent comme leur plus grande gloire nationale d’avoir pour frontiĂšres des champs vastes et incultes ; ce qui signifie qu’un grand nombre de nations n’ont pu soutenir leurs efforts. Aussi dit-on que, d’un cĂŽtĂ©, Ă  six cent mille pas de leur territoire, les campagnes sont dĂ©sertes. »

Vous avez vu ce qui arrivait aux Gaulois ? Quand on vous dit qu’il faut ĂȘtre contents ! Ne nous plaignons donc plus. Comme l’écrit Tocqueville Ă  un M. de Circourt qui se plaint des dormantes annĂ©es 1850 : « Combien de temps pires que le nĂŽtre ! Combien d’hommes plus mauvais que nos contemporains ! Si nous avons perdu des vertus mĂąles, combien de passions violentes et dĂ©vastatrices ne sont point attiĂ©dies ! Combien de conquĂȘtes sur la vieille barbarie ! Ne soyons donc pas fĂąchĂ©s d’ĂȘtre au monde, je vous prie. » (4)

Treize ans plus tard, c’était Sedan.

Notes

  • (1) Guerre des Gaules, I, 31
  • (2) EnĂ©ide, VIII, 655-662
  • (3) Guerre des Gaules, IV, 1
  • (4) Lettre du 17 avril 1857. O.C., Paris, 1866, Tome VII, p. 451.

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