Contrairement Ă  ce que de nombreux historiens veulent nous faire croire, Adolf Hitler hĂ©site beaucoup avant d’intervenir dans la guerre civile espagnole. Il n’aime guĂšre les conservateurs espagnols (« Un parti de curĂ©s ») et n’aimera jamais le rĂ©gime franquiste (« Un rĂ©gime de profiteurs capitalistes, manƓuvrĂ©s par la prĂȘtraille »). C’est la mĂȘme raison qui pousse Benito Mussolini Ă  refuser son aide le 21 juillet 1936, quatre jours aprĂšs le dĂ©but de l’insurrection des « nationalistes », menĂ©e par les gĂ©nĂ©raux JosĂ© Sanjurjo y Sacanell et Federico Franco y Bahamonde.

Pour s’opposer au risque d’implantation d’un rĂ©gime marxiste en Europe occidentale, le FĂŒhrer cĂšde le 25 juillet, son entrĂ©e en lice entraĂźnant celle du Duce (et non l’inverse comme l’affirment encore certains cuistres). Quarante avions allemands de transport (des Junkers 52) font passer les Espagnols de la Bandera (des fantassins de la LĂ©gion Ă©trangĂšre) du Maroc espagnol Ă  SĂ©ville.

25 000 volontaires allemands, en congĂ© de la Wehrmacht, serviront dans les rangs franquistes (mais il n’y aura jamais plus de 7 000 Allemands Ă  la fois sur le sol ibĂ©rique). Ils combattront aux cĂŽtĂ©s de 44 000 troupiers (dont un tiers de Maures) et phalangistes espagnols, 25 000 policiers « nationalistes », 20 000 volontaires portugais, enfin 80 000 volontaires italiens (jamais plus de 40 000 Ă  la fois) et quelques centaines de volontaires internationaux.

Ces forces antimarxistes sont opposĂ©es Ă  46 000 soldats, 42 000 policiers « rouges », qui sont bien plus composĂ©s de radicaux anticatholiques et d’anarchistes que de marxistes espagnols, renforcĂ©s de 60 000 « combattants de la liberté », tous marxistes (25 000 d’entre eux proviennent d’URSS, le reste est issu des Partis communistes d’Europe et des AmĂ©riques et des cĂ©lĂšbres « compagnons de route » des marxistes).

Adolf Hitler n’a expĂ©diĂ© qu’un seul bataillon de chars lĂ©gers (des Panzer I et II, trĂšs peu performants ; les Allemands utiliseront beaucoup de chars soviĂ©tiques capturĂ©s), quelques excellents canons Ă  commande Ă©lectrique (du type 88 – Flak) utilisĂ©s comme canons de DCA et antichars, ainsi qu’une centaine d’avions de combat.

Les Français expĂ©dient illĂ©galement aux forces rouges plus d’une cinquantaine d’avions de combat (le ministre de l’Air Pierre Cot couvrant son chef de cabinet Jean Moulin) et Staline envoie un millier de chars et autant d’avions de combat
 se faisant payer l’équivalent de 450 millions de dollars en or.

Le 26 avril 1937, neuf Heinkel 111 jettent, de 2000 mĂštres d’altitude, 7,9 tonnes de bombes sur la citĂ© basque de Guernica y Luno, qui compte environ 5 500 habitants, vouĂ©e Ă  l’industrie mĂ©tallurgique, singuliĂšrement Ă  la fabrication d’armes et de munitions. La charge totale de bombes des 9 appareils est infĂ©rieure Ă  celle d’un seul bombardier britannique Lancaster (11 tonnes de bombes) ; elle Ă©quivaut Ă  celle d’un B17 de l’Air Force Corps des USA (8 tonnes) de la IIe Guerre mondiale.

S’il fallait en croire la presse communiste et sympathisante, ce raid aurait tuĂ© 1 500 civils et en aurait blessĂ© un millier (alors que les statistiques des bombardements durant les annĂ©es 1939-1945 font Ă©tat de deux Ă  trois fois plus de blessĂ©s que de morts)
 soit un ratio tuĂ©s/tonne de bombes 1000 fois supĂ©rieur Ă  celui des bombardements de terreur des aviations britannique, canadienne et US au-dessus de l’Europe continentale quelques annĂ©es plus tard, avec des avions nettement plus performants, mais aussi des populations plus avisĂ©es et mieux protĂ©gĂ©es.

Ces curieuses statistiques ne pourraient que faire sourire, si l’on ne respectait la mĂ©moire des victimes. En revanche, il est proprement scandaleux que de soi-disant universitaires utilisent encore, dans leur version politiquement correcte des faits, de telles inepties. Toute guerre est, pour paraphraser Shakespeare, « une histoire pleine de bruit et de fureur, racontĂ©e par un idiot », mais la guerre civile espagnole fut et demeure le triomphe de la dĂ©sinformation de la part de ceux dont le mĂ©tier est thĂ©oriquement d’approcher la vĂ©ritĂ©.

En rĂ©alitĂ©, le bombardement des Heinkel a tuĂ© 262 ĂȘtres humains, pour la majoritĂ© d’entre eux concentrĂ©s dans le mĂȘme bĂątiment, et n’a occasionnĂ© que de faibles dĂ©gĂąts, en revanche l’armĂ©e des « rouges », en retraite sur le front basque, a dynamitĂ© la citĂ© quelques heures plus tard, le 27 avril, permettant aux nombreux correspondants de presse de sensibilitĂ© marxiste de tirer des clichĂ©s dramatiques et de composer des articles emplis de lyrisme. Loin d’ĂȘtre une « ville ouverte », Guernica Ă©tait une citĂ© travaillant pour l’industrie de guerre du gouvernement « rouge » (on y recensait quatre fabriques de munitions).

La cible visĂ©e par les aviateurs allemands n’était pas la ville, mĂȘme pas ses usines que les nationalistes espĂ©raient prendre les jours suivants, mais un pont enjambant le Rio Oca, de façon Ă  freiner la retraite des « rouges » vers Bilbao, pour en capturer un maximum. La notion de « bombardement de prĂ©cision » sera introduite par la propagande de guerre US, en 1943, pour calmer l’émotivitĂ© des chrĂ©tiens aux USA
 et ce sera, bien sĂ»r, un ignoble mensonge.

À l’époque du bombardement de la ville basque, dans son atelier parisien, Pablo Picasso finissait de peindre, Ă  sa façon gĂ©niale ou grotesque au grĂ© du lecteur, une scĂšne tauromachique. Il lui suffit de changer le titre de son Ɠuvre pour que celle-ci devienne un symbole politique majeur du XXe siĂšcle, puis les critiques d’art trouveront quantitĂ© d’interprĂ©tations symboliques, politiques et mĂȘme psychanalytiques, Ă  la prĂ©sence d’un taureau dans cette composition.

Mystification et dĂ©sinformation furent de tout temps les mĂ©thodes de travail des propagandistes, mais les marxistes du XXe siĂšcle furent des maĂźtres
 dĂ©jĂ  surpassĂ©s par nos glorieux fumistes globalo-mondialistes.

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