« UsĂ©e, minĂ©e par l’intĂ©rieur,
en proie à toutes les décompositions,
la France est incapable de l’effort qu’on lui impose.
Elle s’effondrera tout d’un coup 
»

Entretien avec Philippe Randa qui vient de publier dans la collection « Documents pour l’Histoire » des Ă©ditions DĂ©terna le livre d’Alain Laubreaux De l’orage Ă  la dĂ©bĂącle. La « drĂŽle de guerre » d’aoĂ»t 1939 Ă  mai 1940. Il nous explique tout l’intĂ©rĂȘt de la rĂ©Ă©dition de ce livre publiĂ© en
 1944.

(Propos recueillis par Fabrice Dutilleul)

Tout d’abord, qui Ă©tait Alain Laubreaux ?

Du fait de son engagement politique, on ne se rappelle gĂ©nĂ©ralement que de sa collaboration Ă  l’hebdomadaire Je Suis partout dont il sera un pilier
 et donc son engagement dans la Collaboration durant la guerre et sa condamnation Ă  mort par contumace aprĂšs qu’il se soit rĂ©fugiĂ© en 1945 en Espagne. Une altercation avec Jean Marais fut l’objet d’une scĂšne dans le film de François Truffaut, Le dernier mĂ©tro, en 1980. C’est peu quand on sait qu’Alain Laubreaux fut – outre, un temps, le secrĂ©taire d’Henri BĂ©raud – un des critiques de thĂ©Ăątre les plus virulents de l’entre-deux-guerres et qu’il signa deux livres d’histoire importants pour comprendre les Ă©vĂ©nements de cette Ă©poque : La Terreur rose (Ă©galement disponible dans la collection « Documents pour l’Histoire » des Ă©ditions DĂ©terna, cliquez ici) qui lamine le gouvernement du Front populaire et ce livre sur la « DrĂŽle de guerre » comme les Français l’ont vĂ©cue entre aoĂ»t 1939 et juin 1940. Paru en 1944 sous le titre d’Écrit pendant la guerre, j’ai prĂ©fĂ©rĂ© le faire reparaĂźtre sous celui, plus explicite, de De l’orage Ă  la dĂ©bĂącle. Jean Mabire, dans l’avant-propos ajoutĂ© Ă  cette rĂ©Ă©dition, Ă©crit qu’Alain Laubreaux « ne va cesser, durant toute l’Occupation, de tremper sa plume dans le vitriol [
] Bien entendu, lors de la scission qui voit partir Robert Brasillach et Georges Blond, il est de ceux qui affirment « ne pas ĂȘtre des dĂ©gonflĂ©s » et il donne dans le jusqu’au-boutisme collaborationniste, jusqu’au 16 aoĂ»t 1944, oĂč il assure Ă  lui seul la parution de l’ultime numĂ©ro de Je Suis partout. »

De l’orage Ă  la dĂ©bĂącle, c’est donc la « drĂŽle de guerre » et uniquement cette pĂ©riode ?

Oui, c’est en fait son Journal des Ă©vĂ©nements qui se sont succĂ©dĂ© depuis le mois d’aoĂ»t 1939 jusqu’aux semaines hallucinantes du printemps 1940. Le style est concis : il rappelle le climat fiĂ©vreux de cette Ă©poque que les vainqueurs de la IIe Guerre mondiale n’auront de cesse d’effacer de la mĂ©moire de ces Français qui « ont la mĂ©moire courte », comme le reconnaĂźtra le MarĂ©chal PĂ©tain.

Et comme l’assurait l’économiste et scientifique John Kenneth Galbraith : « En politique, rien n’est plus admirable que d’avoir la mĂ©moire courte » 

Alain Laubreaux reconnaĂźt Ă  l’époque que ses « rĂ©vĂ©lations » n’apprendraient sans doute rien Ă  personne durant ces annĂ©es de guerre oĂč elles allaient ĂȘtre publiĂ©es, mais, je le cite, « peut-ĂȘtre plus tard, beaucoup plus tard, quand les tĂ©moins de ces jours maudits disparaĂźtront un Ă  un et que la cruautĂ© de nos malheurs s’estompera dans la mĂ©moire des hommes, cela pourra-t-il former la matiĂšre d’un ouvrage non dĂ©pourvu d’intĂ©rĂȘt historique ».

C’est incontestablement le cas et ces « choses vues et vĂ©cues » par un journaliste alors renommĂ© et craint contribuent Ă  ce Devoir de MĂ©moire qui ne saurait ĂȘtre le monopole d’un seul camp, fusse celui des vainqueurs.

Alain Laubreaux insiste surtout sur le dĂ©ni de rĂ©alitĂ© de nos compatriotes Ă  l’époque


En effet, je cite encore un passage du livre : « Pour eux (les Français), c’est 1914 qui recommence et ils sont certains de l’issue favorable de cette atroce aventure. J’ai presque regret de jeter de l’eau sur cet enthousiasme naĂŻf, mais j’avoue que cette bĂ©atitude sans risques personnels m’agace un peu.

— Écoutez (il s’adresse Ă  son ami Hilmar Biehe) vous vous nourrissez d’illusions et d’idĂ©es toutes faites sans rapport avec la rĂ©alitĂ©. La victoire, telle que vous l’entrevoyez, est un mythe de la propagande officielle. HĂ©las ! Les pires catastrophes sont suspendues sur mon malheureux pays. UsĂ©e, minĂ©e par l’intĂ©rieur, en proie Ă  toutes les dĂ©compositions, la France est incapable de l’effort qu’on lui impose. Elle s’effondrera tout d’un coup. Vous avez eu raison, Hilmar, de venir maintenant. Dans quelque temps, il aurait Ă©tĂ© trop tard, ce sont les Allemands qui seront Ă  Paris.

Hilmar Biehe a levĂ© vers moi son beau et clair regard d’homme du Nord, puis il a Ă©clatĂ© de rire :

— Cet Alain ! fait-il. Il ne sera jamais sĂ©rieux ! »

Cette conversation a Ă©tĂ© tenue le 30 octobre 1939
 On sait depuis ce qu’il advint au printemps 40
 En l’occurrence, Alain Laubreaux Ă©tait aussi excessif
 que clairvoyant !

De l’orage Ă  la dĂ©bĂącle. La « drĂŽle de guerre » d’aoĂ»t 1939 Ă  mai 1940 d’Alain Laubreaux, collection « Documents pour l’Histoire », 200 pages, 27 euros. Pour commander ce livre, cliquez ici.

De l’orage Ă  la dĂ©bĂącle. La « drĂŽle de guerre » d’aoĂ»t 1939 Ă  mai 1940 d’Alain Laubreaux, collection « Documents pour l’Histoire »,.

De l’orage Ă  la dĂ©bĂącle. La « drĂŽle de guerre » d’aoĂ»t 1939 Ă  mai 1940 d’Alain Laubreaux, collection « Documents pour l’Histoire »,.

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