La monarchie absolue, c’est bien. Quand il y a un roi. Évidemment, si ce roi dĂ©cide de faire la guerre, et qu’aucune institution ne peut l’empĂȘcher de prĂ©lever l’argent nĂ©cessaire Ă  des guerres que seul son caprice justifie, la seule solution est de l’assassiner. C’est ce que fit Ravaillac.

Par contre, quand quelqu’un d’autre gouverne Ă  la place du roi, c’est ce dernier qui doit Ă  son tour se transformer en assassin. Or, Ă  la mort d’Henri IV, Louis XIII n’avait que neuf ans, et la reine se fit nommer rĂ©gente par le parlement.

La reine, c’est Marie de MĂ©dicis, qu’on avait choisie pour l’éclat de ses Ă©cus plutĂŽt que de son esprit. Elle Ă©tait sous la coupe de sa sƓur de lait, la GaligaĂŻ, et de son mari Concini, bombardĂ© marquis d’Ancre. L’impudence de celui-ci avait aussi peu de limites que le pouvoir qu’il exerçait. Il amassa une fortune colossale qui lui permettait d’entretenir une armĂ©e privĂ©e de 7 000 hommes. Quant au jeune Louis XIII, la reine mĂšre le priait avec dĂ©dain d’aller jouer hors de la salle du conseil, et Concini, qui avait pourtant failli perdre la vie pour ne pas s’ĂȘtre dĂ©couvert devant le parlement, nĂ©gligeait mĂȘme de se lever en sa prĂ©sence.

Le prince de CondĂ©, rentrĂ© en France Ă  la mort d’Henri IV, avait Ă©tĂ© fĂȘtĂ© par la reine (qui, semble-t-il, pleura peu son mari volage). Mais le premier prince du sang ne tarda pas Ă  prendre la tĂȘte des grands du royaume qui, se souvenant non sans raison de l’origine Ă©lective de la monarchie, exigeaient d’ĂȘtre associĂ©s au pouvoir. Concini vida le trĂ©sor pour leur accorder des pensions. Qu’ils encaissĂšrent, mais sans renoncer Ă  leurs exigences.

L’agitation s’étendit, si bien qu’en 1614 on convoqua les Ă©tats gĂ©nĂ©raux. Mais la noblesse et le tiers Ă©tat ne parvinrent pas Ă  se mettre d’accord, et on finit par fermer la salle des sĂ©ances en prĂ©textant l’urgence qu’il y avait Ă  y donner un bal. Les Ă©tats gĂ©nĂ©raux ne seront plus rĂ©unis avant 1789. Ce qu’il faut souligner, c’est que les dolĂ©ances de 1614 furent les mĂȘmes que celles qui ressurgiront en 1789 : Ă©galitĂ© devant la loi et devant l’impĂŽt ; convocation pĂ©riodique d’une assemblĂ©e Ă©lue votant l’impĂŽt ; libertĂ© du travail (c’est-Ă -dire suppression des corporations). On cessa de les Ă©couter, mais ces dolĂ©ances demeurĂšrent.

DĂ©clarĂ© majeur la mĂȘme annĂ©e, Ă  quatorze ans, Louis XIII finit par perdre patience et, en 1617, pria Vitry, capitaine des gardes, d’arrĂȘter Concini. Quand celui-ci entra dans la cour du Louvre, on ferma la porte derriĂšre lui pour le sĂ©parer de sa garde, et comme il fit quelque difficultĂ© pour obtempĂ©rer, quelques coups de pistolet lui mirent (un peu tard) du plomb dans la tĂȘte. « GrĂące Ă  vous, je suis roi », dĂ©clara Louis XIII. Plus tard, la foule exhuma la dĂ©pouille de Concini, la traĂźna dans les rues, la dĂ©peça et en brĂ»la les restes. Bref, c’était la fĂȘte.

AccusĂ©e de sorcellerie, la GaligaĂŻ aurait dĂ©claré : « Je ne me suis jamais servi d’autre sortilĂšge que de mon esprit. Est-il surprenant que j’aie gouvernĂ© la reine qui n’en a pas du tout ? ».

Sur l’échafaud, elle essuya les huĂ©es de la foule. Mais quand elle lui demanda de prier pour le salut de son Ăąme, celle-ci entonna aussitĂŽt l’Ave Maria. À l’époque, on se souvenait que mĂȘme les criminels ont une Ăąme.

Les chroniques de Pierre de Laubier sur l’« Abominable histoire de France » sont diffusĂ©es chaque semaine dans l’émission « SynthĂšse » sur Radio LibertĂ©s.

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A propos de l'auteur

Pierre de Laubier

Actuellement professeur d’histoire dans des collĂšges libres, Pierre de Laubier est l’auteur de "L’Aristoloche", journal instructif et satirique paraissant quand il veut, et il rĂ©dige les blogues Chronique de l’école privĂ©e
 de libertĂ© et "L’Abominable histoire de France", ce dernier tirĂ© de ses chroniques radiophoniques sur "Radio LibertĂ©s" oĂč il est un chroniqueur de l’émission "SynthĂšse", animĂ©e par Roland HĂ©lie et Philippe Randa.

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