Par Olivier Bault.

Pologne – La question ne se pose pas vraiment, puisque les traitĂ©s europĂ©ens rĂ©servent Ă  chaque pays le droit d’accepter sur son sol les immigrants de son choix, mis Ă  part pour les immigrants d’autres pays de l’UE bĂ©nĂ©ficiant du rĂ©gime de la libre circulation. MalgrĂ© tout, dans un pays oĂč, comme dans toute l’ex-Europe de l’Est, l’adhĂ©sion au projet europĂ©en est particuliĂšrement Ă©levĂ©e (ce qui n’empĂȘche pas un regard critique sur les dĂ©rives de ce projet), il est intĂ©ressant de savoir ce que choisiraient les Polonais s’ils devaient choisir entre prendre les immigrants dans le cadre du plan de relocalisation forcĂ©e (depuis l’Italie et la GrĂšce) ou sortir de l’UE. Ou mĂȘme, puisqu’il a Ă©tĂ© question de supprimer les fonds europĂ©ens aux pays rĂ©calcitrants, et notamment Ă  la Pologne, Ă  la TchĂ©quie et Ă  la Hongrie, que rĂ©pondraient les Polonais si on leur adressait un ultimatum du style : si vous ne prenez pas d’immigrants, on vous supprime les subventions europĂ©ennes (ce qui serait tout Ă  fait illĂ©gal au regard des traitĂ©s mais qui a Ă©tĂ© suggĂ©rĂ© par des gens haut placĂ©s Ă  Berlin, Paris et Bruxelles).

Un sondage IBRiS pour l’hebdomadaire gaucho-libertaire et europĂ©iste Polityka a Ă©tĂ© publiĂ© le 5 juillet dernier, qui rĂ©pond Ă  ces questions. En voici les rĂ©sultats :

PremiĂšre question : « La Pologne doit-elle refuser l’accueil des rĂ©fugiĂ©s en provenance de pays musulmans mĂȘme si cela devait entraĂźner la perte des fonds europĂ©ens ? »

– OUI: 56,5 % (dont 48,6 % de « oui » et 7,9 % de « plutĂŽt oui »).
– NON: 40,4 % (dont 31,4 % de « non » et 9 % de « plutĂŽt non »).
(pourcentage d’indĂ©cis : 3,1 %)

DeuxiĂšme question : « La Pologne doit-elle refuser l’accueil des rĂ©fugiĂ©s en provenance de pays musulmans mĂȘme si cela devait entraĂźner la nĂ©cessitĂ© de quitter l’Union europĂ©enne ? »

– OUI: 51,2 % (dont 33,4 % de « oui » et 17,8 % de « plutĂŽt oui »).
– NON: 37,6 % (dont 27,6 % de « non » et 10 % de « plutĂŽt non »).
(pourcentage d’indĂ©cis : 11,2 %)

Précision : sondage réalisé en juin sur un échantillon de 1000 personnes.

On notera au passage que l’hebdomadaire Polityka, favorable Ă  l’accueil des immigrants et au multiculturalisme, a tentĂ© d’orienter les rĂ©ponses en parlant de « rĂ©fugiĂ©s » plutĂŽt que de « demandeurs d’asile », puisque les immigrants concernĂ©s par le programme de relocalisation sont des personnes qui ont demandĂ© l’asile (ce que font tĂŽt ou tard tous les immigrants clandestins pour ne pas se faire expulser) et non pas des personnes qui l’ont obtenu. On peut supposer que sans cette manipulation il y aurait eu pour les deux questions une proportion encore plus importante de « OUI ».

C’est la premiĂšre fois qu’un institut de sondage s’intĂ©ressait Ă  la question de savoir jusqu’oĂč les Polonais Ă©taient prĂȘts Ă  aller dans leur refus du modĂšle immigrationniste et multiculturaliste que l’Europe occidentale voudrait imposer Ă  l’Europe centrale et orientale. Un sondage de mai rĂ©alisĂ© par l’institut OBOP (sur un Ă©chantillon de 1004 personnes) et publiĂ© par la chaĂźne publique d’information en continu TVP Info montrait simplement que 73 % des Polonais Ă©taient contre l’accueil des rĂ©fugiĂ©s et immigrants musulmans (46 % tout Ă  fait contre et 27 % plutĂŽt contre) quand on leur posait la question suivante : « Selon vous, la Pologne devrait-elle accueillir les rĂ©fugiĂ©s et immigrants musulmans ? »

Cette opposition Ă  la relocalisation des immigrants arrivĂ©s illĂ©galement en GrĂšce et en Italie (mĂȘme si c’est avec l’aide des navires europĂ©ens) se traduit en termes de popularitĂ© du PiS. AprĂšs un passage Ă  vide au dĂ©but du printemps, le PiS atteignait pour la premiĂšre fois 41 % (contre 26 % pour le parti libĂ©ral PO de Donald Tusk) dans un sondage IPSOS commandĂ© fin juin par le journal libĂ©ral-libertaire Gazeta Wyborcza. C’était au moment oĂč la Commission europĂ©enne venait d’annoncer le lancement d’une procĂ©dure de sanctions contre la Pologne, la TchĂ©quie et la Hongrie pour leur refus du programme de relocalisation des immigrants. Ainsi, si Bruxelles continue sur cette voie, elle pourrait permettre au parti conservateur PiS de gagner haut la main les prochaines Ă©lections, peut-ĂȘtre mĂȘme avec une majoritĂ© constitutionnelle. Le PO pĂątit en effet de ses dĂ©clarations contradictoires sur la question de l’accueil des immigrants illĂ©gaux. C’est d’ailleurs trĂšs probablement grĂące Ă  l’engagement pris en septembre 2015 par le premier ministre PO Ewa Kopacz (qui avait remplacĂ© Donald Tusk aprĂšs le dĂ©part de ce dernier Ă  Bruxelles) de prendre 7000 immigrants dans le cadre du programme de relocalisation que le PiS, fermement opposĂ© Ă  ce programme, a pu obtenir la majoritĂ© absolue au parlement polonais aux Ă©lections du 25 octobre 2015. C’était la premiĂšre fois depuis la chute du communisme en Pologne qu’un parti obtenait Ă  lui seul la majoritĂ© absolue au parlement.

Le gouvernement de Beata SzydƂo a donc tout intĂ©rĂȘt Ă  continuer de rĂ©sister, surtout qu’il a avec lui sur ce sujet la plupart des pays d’Europe centrale et orientale et qu’il a reçu un soutien appuyĂ© des États-Unis avec le discours prononcĂ© par Donald Trump le 6 juillet Ă  Varsovie. Un discours oĂč le prĂ©sident amĂ©ricain a appelĂ© les peuples d’Europe Ă  se battre pour leur famille, pour leur patrie, pour leur civilisation et pour Dieu ! Ceci explique d’ailleurs pourquoi les mĂ©dias mainstream français ont prĂ©fĂ©rĂ©, pour que cela ne se sache pas trop, relayer le fake news de l’épouse du prĂ©sident polonais qui aurait refusĂ© de serrer la main du prĂ©sident Trump.

Article paru sur le site VPost.

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