Et 84 milliards de supplément pour le Pentagone, soit deux fois le budget militaire déjà étriqué de la Russie ! Et Donald Trump qui est venu chanter les mérites du gaz liquéfié américain et de l’Otan en Pologne ! Pauvre Russie !

Croix Crimée

Croix Crimée

Car la Russie reste toujours le pays à abattre. La doctrine Truman à outrance, ad vitam aeternam. C’est le retour de la ligne Curzon si l’on veut, l’opération Crimée et châtiment. La Russie contribue à donner un tour totalitaire à l’occident et militariste à l’Europe des valets. La Suède couverte de réfugiés n’a-t-elle pas rétabli le service militaire pour combattre la Russie ? On ne prête qu’aux Russes : « Goldstein et ses hérésies vivront à jamais. Tous les jours, à tous les instants, il sera défait, discrédité, ridiculisé, couvert de crachats. Il survivra cependant toujours » (Orwell).

Ce Goldstein russe est Mathusalem : «… les Russes sont là, à la portée des investigations occidentales, et pourtant le caractère d’un Russe est peut-être plus mal compris en Europe que le caractère d’un Chinois ou d’un Japonais. La Russie est, pour le Vieux Monde, l’une des énigmes du Sphinx » (Dostoïevski, Journal).

Et l’auteur de Crime et châtiment, assez pince-sans-rire, rajoutait : « On n’ignore pas que la Russie encaserne une armée très nombreuse, mais on se figure que le soldat russe, simple mécanisme perfectionné, bois et ressort, ne pense pas, ne sent pas, ce qui explique son involontaire bravoure dans le combat ; que cet automate sans indépendance est à tous les points de vues à cent piques au-dessous du troupier français. »

Revenons en 2017.

Un État moderne et ambitieux, endetté et contrôleur a besoin d’un bon, d’un éternel ennemi, même s’il doit (voyez Isis) le financer lui-même.

Certes la Russie est moins financée que lorsqu’elle était communiste. Elle est moins populaire aussi depuis qu’elle n’affame plus les koulaks ou qu’elle ne déporte pas dix millions d’hommes en Sibérie. Il faut donc lui faire la guerre.

Mais quelle guerre ?

La grosse (et non plus grande) guerre ne saurait être dangereuse, ne servant qu’à renforcer ici ou là le local État profond en quête de justification. George Orwell (best-seller sur Amazon.com) nous éclaire encore : « La guerre, cependant, n’est plus la lutte désespérée jusqu’à l’anéantissement qu’elle était dans les premières décennies du XXe siècle. C’est une lutte dont les buts sont limités, entre combattants incapables de se détruire l’un l’autre, qui n’ont pas de raison matérielle de se battre et ne sont divisés par aucune différence idéologique véritable. »

L’idée que toute opposition doit être contrôlée et organisée par un pouvoir désirant se renforcer est vieille comme le monde. Plutarque développe dans son ensorceleuse biographie de Périclès comment ce dernier ménage et contrôle Cimon, puis Thucydide (pas l’historien), avant de les ostraciser et de contrôler la Grèce et le monde par la guerre qu’il déclenche contre Sparte l’abominée…

Et la guerre sert à créer l’État surpuissant et la démocratie totalitaire (Bertrand de Jouvenel) ! Depuis Abraham Lincoln, l’État US n’a plus su s’en passer. Lisez et relisez Ralph Raico.

Intelligence artificielle, communications, androïdes, tout passe par DARPA, qui est cul et chemise avec les entreprises comme Google ou Facebook donc. DARPA, c’est le magicien d’Oz des GAFA !

Et qui a créé DARPA ? C’est le même humoriste qui nous a mis en garde sur ordre contre les développements du complexe militaro-industriel. Eisenhower en personne !

Les vrais pères de l’État profond US sont les Russes. Les Russes ont engendré les militaires américains.

Les distraits seront surpris, or la doctrine de Monroe insiste sur cette amitié russo-américaine : « Une proposition analogue a été faite par Sa Majesté impériale au Gouvernement de Grande-Bretagne qui y a accédé. Le Gouvernement des États-Unis a voulu montrer, par ce procédé amical, combien il attache de prix à l’amitié de l’empereur de Russie, et combien il désire rester en bonne intelligence avec son gouvernement. »

Et quand on sait le sens du mot en anglais !… dans le candidat mandchourien, les Russes contrôlent même les anticommunistes et les nationalistes…

Sources

George Orwell, 1984, II, 9

Nicolas Bonnal, Hitler et le traité de Versailles (petits essais historiques) ; Internet et les secrets de la mondialisation ; Dostoïevski et le crocodile (Kindle_Amazon).

Bertrand de Jouvenel, Du pouvoir

Plutarque, Vie de Périclès

Films et séries

The prisoner – Checkmate

Danger man – Colony three (la ville fantôme, en français)

The Manchurian candidate (John Frankenheimer, avec Frank Sinatra et Laurence Harvey)

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Philippe Randa,
Directeur d’EuroLibertés.

A propos de l'auteur

Nicolas Bonnal

Essayiste et chroniqueur politique, Nicolas Bonnal est l’auteur d’une quinzaine de livres sur la politique, l’identité, l’initiation et le cinéma… Derniers livres parus aux Éditions Dualpha : Le paganisme au cinéma ; La chevalerie hyperboréenne ; le Graal et Donald Trump, le candidat du chaos. Il est le correspondant d'EuroLibertés en Espagne.

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