La France, une fois n’est pas coutume depuis quarante ans, semble vouloir donner l’exemple et reprendre la main en Europe. Le succĂšs d’Emmanuel Macron et, Ă  un moindre degrĂ©, celui du Front National Ă  la prĂ©sidentielle pourraient bien sonner le glas pour les partis traditionnels et c’est une excellente chose, en notre continent sclĂ©rosĂ©.

Effectivement, le Parti socialiste est une nouvelle fois moribond (comme en 1920, aprĂšs la sĂ©cession communiste, ou en 1966, aprĂšs la dĂ©culottĂ©e de la prĂ©sidentielle oĂč Charles de Gaulle avait Ă©tĂ© rĂ©intronisĂ©). Le Parti communiste, privĂ© des subsides moscovites, est en voie d’extinction et la resucĂ©e du millionnaire en euros MĂ©lenchon, adepte du trĂšs stalinien culte de la personnalitĂ©, n’a Ă©mergĂ© qu’au hasard de la dĂ©bĂącle des socialo-Ă©colo-marxistes : on se recycle comme l’on peut. Quant Ă  la droite molle et au marĂ©cage centriste, ils se rallieront tout naturellement au mouvement macronien.

De fait, l’actuel New Deal Ă  la française se rĂ©duit Ă  l’opposition manichĂ©enne entre l’option globalo-mondialiste et le choix populiste, soit l’antagonisme irrĂ©ductible des tenants du culte des droits de l’homme (surtout si l’individu est un fort consommateur) et des chevaliers de l’intĂ©rĂȘt collectif.

Miguel de Unamuno avait Ă©crit, bien avant les turbulences des annĂ©es 1930-1940 : « Quiconque lutte pour un idĂ©al pousse le monde vers l’avenir. Les seuls rĂ©actionnaires sont ceux qui se contentent du prĂ©sent ». Il y a pire que les hommes au regard rivĂ© sur la simple actualitĂ©. Il y a les vieilles barbes, fidĂšles aux schĂ©mas pĂ©rimĂ©s : les dinosaures des diverses chapelles marxistes et les dĂ©vots des rĂ©gimes thĂ©ocratiques.

Le monde actuel ne peut que vomir les fossiles du Moyen Âge, qu’ils soient mahomĂ©tans ou gourous de sectes crĂ©ationnistes, thĂ©oriciens de la monarchie de droit divin ou du cĂ©saropapisme, aussi bien que les dinosaures lĂ©ninistes, staliniens, maoĂŻstes, trotskistes ou les partisans de l’anarchie violente.

Les hommes du XXIe siĂšcle semblent bien partis pour participer ou assister Ă  l’affrontement entre les tenants de l’économie globale, de l’hĂ©donisme promu au rang de valeur morale essentielle, du brassage des races et de l’imposition de la culture du basic english et des images virtuelles et les partisans de la doctrine populiste, qui a une tradition de 26 ou vingt-sept siĂšcles en Occident, de la GrĂšce prĂ©socratique Ă  nos jours
 Ă©videmment, nos merveilleux universitaires l’ignorent, mais nul ĂȘtre de qualitĂ© n’a jamais comptĂ© sur eux pour organiser sa vision du monde.

Sur le plan pratique – et quelles que soient les dĂ©clarations de principes des uns et des autres –, la personnalitĂ© morale du vĂ©ritable titulaire de la souverainetĂ© oppose radicalement les deux rĂ©gimes.

La globalo-mondialisation est un parfait exemple de ploutocratie, prenant le masque Ă  peine trompeur d’une « dĂ©mocratie » : les chefs de l’économie exercent, en coulisses, un pouvoir absolu, tandis que s’agitent sur le « thĂ©Ăątre du monde » (comme on disait au XVIe siĂšcle) les pantins Ă©lus par le bon peuple. Pour ĂȘtre sĂ»rs de dominer tout Ă  leur aise, les maĂźtres du jeu Ă©conomique financent tous les partis et mouvements susceptibles de former une majoritĂ© de gouvernement.

En rĂ©gime populiste, chaque voix compte. De ce fait, le peuple reste au final le seul titulaire de la souverainetĂ©. L’humanisme populiste repose sur les valeurs traditionnelles de l’Honneur, du Travail, de la Famille et de la Patrie (la Terre des PĂšres, soit une notion incomprĂ©hensible aux dĂ©racinĂ©s et aux cosmopolites). Le populisme est la rĂ©ponse traditionnelle des peuples malheureux – Ă©conomiquement ou moralement – qui se traduit par un absolu dĂ©vouement Ă  la collectivitĂ© nationale, Ă  l’inverse de l’individualisme forcenĂ©, mis en avant par la doctrine mondialiste.

Si l’idĂ©al de la sociĂ©tĂ© globalo-mondialiste est de crĂ©er un monde de consommateurs repus, bĂ©ats et bien-pensants – de gentils personnages insipides, dignes de figurer dans une production des Ă©tablissements Disney –, l’idĂ©al populiste est de participer Ă  une grande aventure collective.

Le dĂ©fi populiste europĂ©en du XXIe siĂšcle est de crĂ©er un grand État oĂč toutes les Nations issues de la race europĂ©enne pourront Ɠuvrer, prospĂ©rer, crĂ©er une nouvelle civilisation, comme le firent nos grands ancĂȘtres grĂ©co-romains ou les hommes de la Grande Renaissance et des siĂšcles d’expansion de l’Europe moderne, apportant sciences et techniques aux habitants des autres continents, de 1492 à 1945.

Globalo-mondialisation versus Populisme, c’est la nouvelle donne. Il serait dommage de laisser passer cette chance, par veulerie, paresse ou timiditĂ©.

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Philippe Randa,
Directeur d’EuroLibertĂ©s.

A propos de l'auteur

Bernard Plouvier

Ancien chef de service hospitalier, spĂ©cialisĂ© en MĂ©de­cine interne.Il est auteur de nombreux livres historiques (L’énigme Roosevelt, faux naĂŻf et vrai machiavel ; La tĂ©nĂ©breuse affaire Dreyfus ; Hitler, une biographie mĂ©dicale et politique ; Dictionnaire de la RĂ©volution française,
) et d'essais (RĂ©flexions sur le Pouvoir. De Nietzsche Ă  la Mondialisation ; Le XXIe siĂšcle ou la tentation cosmopolite ; Le devoir d’insurrection,
). Il a Ă©tĂ© Ă©lu membre de l’AcadĂ©mie des Sciences de New York en mai 1980.

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