Une interview de Marine Le Pen Ă  la tĂ©lĂ©vision russe a fait le tour du monde : la prĂ©sidente du FN nous y met en garde contre une Ă©lection de Mme Clinton Ă  la prĂ©sidence de la rĂ©publique impĂ©riale. La candidate de la France souverainiste a crĂ»ment rappelĂ© qu’Hillary Clinton a rĂ©pandu le chaos dans notre vieille et fragile MĂ©diterranĂ©e en organisant l’attaque de la Libye et de la Syrie, et que « l’atlanticisme » bien aveugle des EuropĂ©ens va nous valoir une guerre nuclĂ©aire contre la Russie exĂ©crĂ©e qui achĂšvera de nous remplacer et d’envoyer ce qui reste de nos Ă©conomies au paradis fiscal amĂ©ricain (cf. Robert Parry). Le plus sinistre est que la prĂ©sumĂ©e candidate dĂ©mocrate Ă  la PrĂ©sidence amĂ©ricaine est devenue l’adjudant-chef du caporal JuppĂ©, entrĂ© dans les rangs nĂ©ocons au cours de son complexe et peu cĂ©lĂ©brĂ© exil quĂ©bĂ©cois.

Marine Le Pen ne dit pas au passage du bien de Donald Trump, et elle a raison : ce serait lui rendre un mauvais service ! Pensez, la « fasciste française » apportant son soutien au « nouvel Hitler » ! On imagine les analyses des « experts » sur les chaßnes infos en boucle (ces chaßnes vous bouclent, elles vous enchaßnent, elles vous hébÚtent, disait Baudrillard).

Il est clair pourtant que le honni Donald Trump est le candidat du moindre mal : il n’aime pas l’OTAN, il ne veut pas Ă©triper le prĂ©sident russe Vladimir Poutine (c’est bien le seul outre-Atlantique), enfin il n’aime pas le chaos que gĂ©nĂšrent les chevaleresques et grotesques interventions euro-amĂ©ricaines Ă  travers le monde. Car il faut malheureusement ajouter que les EuropĂ©ens, dans cette histoire, ne sont pas des victimes. Les EuropĂ©ens sont aussi minables et criminels que les AmĂ©ricains sont criminels et impĂ©riaux : dĂ©chaĂźner des guerres, faire lyncher des chefs d’État, coordonner aprĂšs de grandes invasions, tout cela relĂšve de la folie furieuse et terminale, du jeu de massacre, d’un nihilisme humanitaire propre Ă  ces temps mutilĂ©s et abrutis. Et l’opinion publique laisse faire, trop rivĂ©e Ă  ses messages et au people


L’Europe ne mĂ©rite plus son nom. Elle a Ă©tĂ© coupĂ©e en deux ; les deux moitiĂ©s sont invitĂ©es Ă  se faire la guerre avec la bĂ©nĂ©diction de l’OTAN, du Pentagone et de l’État profond US qui coordonne ces rĂ©pugnants coups tordus.

Nous voulons une Europe gaulliste qui aille de Brest Ă  Vladivostok ; les impĂ©riaux une nouvelle guerre continentale, au mieux de leurs intĂ©rĂȘts cathodiques, sanguinolents et financiers.

Et c’est le mĂ©rite de Marine Le Pen de nous avoir rappelĂ© ce pĂ©ril atlantiste tout en nous indiquant quel candidat il faut que nous prĂ©fĂ©rions. Ce candidat est celui qui dit « l’AmĂ©rique d’abord », pas « l’HumanitĂ© d’abord » 

Comme le rappelle Woody Allen – qui dirigea son ami Donald Trump dans Celebrity – dans son chef-d’Ɠuvre IntĂ©rieurs, « l’HumanitĂ© n’est qu’une abstraction dans mon esprit » ; et il y a un moment oĂč cette abstraction chĂšre aux mĂ©dias et aux phraseurs finit par nous coĂ»ter bien cher