par Olivier Bault.

Le projet de loi rĂ©voquant la loi de 1972 sur l’entrĂ©e du Royaume-Uni dans la CommunautĂ© Ă©conomique europĂ©enne et donnant aux ministres le pouvoir de transposer, lĂ  oĂč c’est nĂ©cessaire, l’acquis lĂ©gislatif europĂ©en dans les textes britanniques, a Ă©tĂ© adoptĂ© lundi en deuxiĂšme lecture par la Chambre des communes.

La procĂ©dure lĂ©gislative n’est toutefois pas terminĂ©e, et le Premier ministre Theresa May n’est pas assurĂ©e du rĂ©sultat final, car la majoritĂ© de lundi est fragile et n’a Ă©tĂ© rendue possible qu’en raison du vote dissident de certains dĂ©putĂ©s travaillistes qui n’ont pas voulu se plier aux consignes de Jeremy Corbyn, le chef du Labour. Celui-ci appelait Ă  voter contre. Le camp gouvernemental a lui aussi Ă©tĂ© affectĂ© par une rĂ©bellion et une partie des Tories n’ont apportĂ© leur soutien Ă  ce projet de loi qu’à la condition de donner au Parlement un droit de veto sur l’accord final entre le Royaume-Uni et l’UE. Au total, 157 amendements ont Ă©tĂ© dĂ©posĂ©s, y compris par des « conservateurs » pro-UE. Certains, dans la majoritĂ© comme dans l’opposition, rĂȘvent mĂȘme dĂ©jĂ  d’un veto du Parlement de Westminster suivi d’un deuxiĂšme rĂ©fĂ©rendum sur le Brexit !

Jeremy Corbyn voudrait, en dĂ©pit du vote des Britanniques dans le rĂ©fĂ©rendum sur le Brexit, prĂ©server l’appartenance du Royaume-Uni au MarchĂ© unique et la libre circulation des personnes. Son illustre prĂ©dĂ©cesseur Ă  la tĂȘte du Labour, l’ancien Premier ministre Tony Blair, propose encore autre chose. Il a rĂ©digĂ© un rapport oĂč il avance que le Royaume-Uni pourrait reprendre le contrĂŽle de son immigration sans sortir de l’UE. Il s’agirait par exemple d’exiger que les travailleurs des autres pays de l’Union aient dĂ©jĂ  une proposition d’emploi avant de pouvoir se rendre en Grande-Bretagne pour y travailler, et d’interdire Ă  ceux qui n’ont pas de travail de louer un logement, d’ouvrir un compte en banque ou d’accĂ©der aux prestations sociales. De telles propositions suscitent un certain Ă©tonnement de la part de celui qui, Premier ministre, avait immĂ©diatement ouvert en grand le marchĂ© du travail britannique aux citoyens des anciens pays de l’Est qui ont adhĂ©rĂ© Ă  l’UE en 2004. Les rĂšgles europĂ©ennes ne l’y obligeaient pourtant pas, il aurait pu reporter l’ouverture du marchĂ© du travail du Royaume-Uni de plusieurs annĂ©es comme l’ont fait, par exemple, l’Allemagne et la France. 

Un autre sujet d’inquiĂ©tude pour les partisans d’un retour Ă  la souverainetĂ© du Royaume-Uni, ce sont les projets de participation Ă  la politique de dĂ©fense commune de l’UE, confirmĂ©s par le ministre des Affaires Ă©trangĂšres Boris Johnson dans un article publiĂ© mardi dans The Times. Cela va mĂȘme jusqu’à ne pas exclure « que des troupes britanniques servent sous des structures de commandement de l’UE et de continuer Ă  contribuer au budget des affaires Ă©trangĂšres de l’UE ». Pour l’association de vĂ©tĂ©rans Veterans for Britain, qui avait fait campagne pour le Brexit, cela reviendrait Ă  « abdiquer les pouvoirs en matiĂšre de dĂ©fense » et Ă  « trahir les Ă©lecteurs britanniques ».

Les électeurs ont mal voté et les élites pro-UE se démÚnent comme elles le peuvent pour corriger le tir.

Article paru dans le quotidien Présent.

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