Monsieur le Président,

J’étais un peu inquiet durant votre brillante prestation du dimanche 15 avril, car je me demandais si les fusĂ©es de Poutine n’allaient pas abrĂ©ger votre dĂ©bat, en reprĂ©sailles des frappes que vous aviez ordonnĂ©es, et que je juge provocatrices.

Emmanuel Macron.

Emmanuel Macron.

Heureusement, cela n’a pas eu lieu ; je n’ai aucune envie de pĂ©rir des consĂ©quences de vos initiatives guerriĂšres. Vous m’avez rassurĂ© en partie. Nous ne sommes pas en guerre contre la Syrie, avez-vous dit et nous ne bombardons que pour faire du bruit ! C’est en somme un roulement de tambour pour avertir que vous voulez nĂ©gocier. Il y a eu, Ă  cette façon de faire la guerre sans la dĂ©clarer, au moins un prĂ©cĂ©dent.

Ce fut l’affaire dite du « Drakkar », qui coĂ»ta la vie Ă  58 de mes jeunes camarades parachutistes. L’indignation populaire fut telle qu’elle obligea le PrĂ©sident Mitterrand Ă  riposter et Ă  envoyer nos chasseurs bombardiers frapper ! Comme pour les vĂŽtres, il fut dit qu’ils avaient pleinement atteint leurs objectifs. Plus tard, on sut cependant que nos services avaient averti les services syriens du lieu oĂč aurait lieu la frappe, afin qu’ils en dĂ©gageassent leurs troupes. Ce qui fut fait. Notre aviation ne frappa donc que quelques ruines dĂ©sertes, ce qui Ă©vita l’escalade. J’ose penser que vous voulez Ă©galement l’éviter, et que si vous n’avez pas fait de victimes, c’est que les services syriens ont Ă©tĂ© avertis Ă  temps.

Bien sĂ»r, je ne crois pas du tout que vous ayez frappĂ© des installations oĂč l’on fabrique du gaz. Le risque de libĂ©rer dans l’atmosphĂšre des gaz toxiques eut Ă©tĂ© insensĂ© et l’opinion gĂ©nĂ©rale doute d’ailleurs que les Syriens en aient jamais utilisĂ©.

Tout le monde a pu constater que ces gaz ne sont Ă©voquĂ©s par tout le personnel entre les mains des AmĂ©ricains que lorsque les Syriens Ă©liminent une poche de Daech. C’est encore une fois ce que nous venons de constater, car les Syriens Ă©taient en train de rĂ©duire un des derniers rĂ©duits djihadistes !

Je suis un peu déçu, Monsieur le prĂ©sident, de vous voir avaliser les inventions insensĂ©es des Yankees, suivant lesquelles le PrĂ©sident Bachar serait assez dĂ©ment pour vouloir exterminer son propre peuple, et que ce PrĂ©sident serait en sus si bĂȘte qu’il rĂ©utiliserait les armes chimiques, rĂ©prouvĂ©es par tout le monde civilisĂ©, au moment oĂč, d’une pichenette avec armes classiques, son armĂ©e va Ă©craser ce qui reste des tueurs islamistes.

Si la monstruositĂ© de Bachar Ă©tait si Ă©vidente, comment se fait-il, que si peu de nations dans le monde aient rejoint les « AlliĂ©s », c’est-Ă -dire les Yankees ?

C’est que le monde sait bien que dans leur volontĂ© impĂ©rialiste, les États-Unis tentent l’encerclement de la Russie qui, avec Poutine, Ă©chappe Ă  leur obĂ©dience financiĂšre. Qui ne sait que la guerre du Kosovo, la rĂ©volution ukrainienne, les rampes de lancement yankees dans les pays de l’Est, sont une des deux mĂąchoires, dont l’autre aurait Ă©tĂ© constituĂ©e par les pays soumis du Moyen Orient avec l’Afghanistan et la Syrie ?

Feignant de ne point voir cela, et accusant Poutine comme vous l’avez fait, d’ĂȘtre complice des armes chimiques syriennes, je crains Monsieur le PrĂ©sident, que vous n’ayez vous-mĂȘme franchi la ligne rouge qu’il ne fallait pas franchir ! Et cela en violation totale des dĂ©cisions de L’ONU.

Le prĂ©sident Obama, lui, avait compris qu’il ne fallait pas aller plus loin, quand, paraĂźt-il, tous les missiles qu’en guise d’« avertissement » il lança dans l’espace occupĂ© par les Russes, furent dĂ©tournĂ©s par une force inconnue, et se perdirent dans la mer


Aujourd’hui contrairement Ă  ce que vous pensez, la Russie ne cĂ©dera rien sur sa sĂ©curitĂ©, et si, avec votre appui qui ne me paraĂźt pas prodigieux, Monsieur Trump persiste dans son projet criminel, nous aurons ce conflit dont Einstein a pu dire : « Je ne sais pas comment se dĂ©roulera la troisiĂšme guerre mondiale. Mais je sais que la quatriĂšme ne se fera qu’avec des bĂątons et des pierres ! »

Et des États-Unis, c’est encore Georges Clemenceau qui a pu dire : « C’est un peuple qui est passĂ© de la barbarie Ă  la dĂ©cadence, sans connaĂźtre la civilisation ! » (1).

De Bush Ă  Clinton, et d’Obama Ă  Trump, la preuve semble ĂȘtre faite.

Que la nation qui a bĂąti son Ă©popĂ©e sur le massacre des Peaux-Rouges et des bisons veuille donner des leçons de morale au monde me paraĂźt un peu surfait. Car si la mort sous les gaz est horrible, et mĂ©rite l’exĂ©cution des criminels, je ne suis pas sĂ»r qu’elle le soit davantage que la mort par la grillade des bombes au phosphore qui firent 150 000 victimes civiles Ă  Dresde.

C’est Ă  peu prĂšs sĂ»r que les victimes de Hiroshima et de Nagasaki furent plus rapidement traitĂ©es, mais les survivants vĂ©curent une bien longue agonie ; et si j’avais conçu de telles choses, je serais rĂ©ticent Ă  louer ma toute neuve vertu, surtout si j’avais encore inventĂ© l’existence d’armes de destruction massive afin de pouvoir m’emparer des puits du pĂ©trole irakien !

Or, cette félonie sans nom, ce massacre sans excuse, cette abominable fourberie que vous ne mettez pas en doute dans sa répétition en Syrie, Monsieur le président, là le procédé est vertueux !

Et dĂšs lors, vous y adhĂ©rez sans nuances, alors que l’information n’en est donnĂ©e que par les mercenaires des Yankees, du Qatar, et de l’Arabie Saoudite, contre ce qu’affirment et ce que rĂ©pĂštent les communautĂ©s chrĂ©tiennes d’Irak, qui ne sont protĂ©gĂ©es des atrocitĂ©s djihadistes ou d’al-Nosra que par Bachar el-Assad !

Note

(1) Citation communément et faussement attribuée à Einstein.

EuroLibertĂ©s : toujours mieux vous rĂ©-informer 
 GRÂCE À VOUS !

Ne financez pas le systÚme ! Financez EuroLibertés !

EuroLibertĂ©s rĂ©-informe parce qu’EuroLibertĂ©s est un mĂ©dia qui ne dĂ©pend ni du SystĂšme, ni des banques, ni des lobbies et qui est dĂ©gagĂ© de tout politiquement correct.

Fort d’une audience grandissante avec 60 000 visiteurs uniques par mois, EuroLibertĂ©s est un acteur incontournable de dissection des politiques europĂ©ennes menĂ©es dans les États europĂ©ens membres ou non de l’Union europĂ©enne.

Ne bĂ©nĂ©ficiant d’aucune subvention, Ă  la diffĂ©rence des mĂ©dias du systĂšme, et intĂ©gralement animĂ© par des bĂ©nĂ©voles, EuroLibertĂ©s a nĂ©anmoins un coĂ»t qui englobe les frais de crĂ©ation et d’administration du site, les mailings de promotion et enfin les dĂ©placements indispensables pour la rĂ©alisation d’interviews.

EuroLibertĂ©s est un organe de presse d’intĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral. Chaque don ouvre droit à une dĂ©duction fiscale Ă  hauteur de 66 %. À titre d’exemple, un don de 100 euros offre une dĂ©duction fiscale de 66 euros. Ainsi, votre don ne vous coĂ»te en rĂ©alitĂ© que 34 euros.

Philippe Randa,
Directeur d’EuroLibertĂ©s.

Quatre solutions pour nous soutenir :

1 : Faire un don par virement bancaire

Titulaire du compte (Account Owner) : EURO LIBERTES
Domiciliation : CIC FOUESNANT
IBAN (International Bank Account Number) :
FR76 3004 7140 6700 0202 0390 185
BIC (Bank Identifier Code) : CMCIFRPP

2 : Faire un don par paypal (paiement sécurisé SSL)

Sur le site EuroLibertĂ©s (www.eurolibertes.com), en cliquant, vous serez alors redirigĂ© vers le site de paiement en ligne PayPal. Transaction 100 % sĂ©curisĂ©e.‹ 

3 : Faire un don par chĂšque bancaire Ă  l’ordre d’EuroLibertĂ©s

à retourner à : EuroLibertés
BP 400 35 – 94271 Le Kremlin-BicĂȘtre cedex – France

4 : Faire un don par carte bancaire

Pour cela, téléphonez à Marie-France Marceau au 06 77 60 24  99

A propos de l'auteur

Alexis Arette

PrĂ©sident FĂ©dĂ©ral de la Jeunesse Agricole catholique a 18 ans, titulaire de nombreux prix de poĂ©sie, Combattant vo­lon­taire en Indochine. EmprisonnĂ© pour cause d’« AlgĂ©rie Française », il le sera Ă  nouveau, en tant que PrĂ©sident National de la FĂ©dĂ©ration Française de l’Agriculture, pour s’opposer Ă  la mise en ser­vi­tude des paysans français. Auteur de nombreux livres d'histoire, de poĂ©sie et sur la religion.

Articles similaires