Entretien avec Norbert van Handel, juriste et homme d’influence en Autriche : «Nous devons crĂ©er une Union de l’Europe centrale pour sauver nos identitĂ©s», par Ferenc AlmĂĄssy. Entretien menĂ© dĂ©but mai 2017, Ă  Vienne.

Ferenc AlmĂĄssy : Merci pour cet entretien, baron van Handel. On dit de vous que vous ĂȘtes une sorte d’éminence grise derriĂšre Norbert Hofer, troisiĂšme prĂ©sident du Parlement autrichien et vice-prĂ©sident du Parti de la libertĂ© autrichien (FPÖ), que vous avez fait profiter de vos rĂ©seaux. En effet, vous avez aidĂ© par exemple Ă  organiser la rĂ©union entre M. Hofer et le prĂ©sident tchĂšque Zeman lors de la campagne prĂ©sidentielle du candidat du FPÖ. Quel Ă©tait votre rĂŽle rĂ©el et votre place dans la campagne de M. Hofer ?

Norbert van Handel : Je suis un ami personnel de Norbert Hofer et il est membre, comme moi, de l’Ordre europĂ©en de Saint George (un ordre de la Maison de Habsbourg-Lorraine) qui est devenue une grande organisation en Europe centrale et du sud-est. Bien que je ne suis pas membre du FPÖ moi-mĂȘme – je suis complĂštement indĂ©pendant – je pense que leurs valeurs sont bonnes. Ils sont chrĂ©tiens, ils croient en la famille, dans la propriĂ©tĂ© et dans la possibilitĂ© de dĂ©fendre notre sociĂ©tĂ© et notre culture. Et ils croient en l’Europe, dans une Europe qui soit une patrie des patries.

Nous pensons que l’Europe devrait ĂȘtre entiĂšrement refondĂ©e. La politique Ă©trangĂšre actuelle est mauvaise. Regardez l’Ukraine. Cela ne fait aucun sens d’avoir des sanctions contre la Russie, et il n’y aura pas de bons rĂ©sultats sur le long terme.

La deuxiĂšme chose, c’est que nous avons besoin de paix en Europe. Et la troisiĂšme chose que nous devons avoir est une forte dĂ©fense. Au lieu de cela, ce que nous avons maintenant, c’est une invasion de personnes du Moyen-Orient, d’Afrique, d’Asie, qui, si elle se poursuit, va certainement dĂ©truire ce continent. Une dĂ©putĂ©e allemande de la CDU – son nom est Kordula Kovac – a dĂ©clarĂ© que nous devons nous attendre Ă  ce que 20 millions d’autres musulmans arrivent en Europe.

Et cela signifie que, si, disons, 10 millions de ces 20 millions d’immigrĂ©s fondent des familles, et si vous le comparez avec 10 millions du cĂŽtĂ© chrĂ©tien, vous aurez en 10 ans 50 millions de musulmans et seulement 15 millions de chrĂ©tiens. Par consĂ©quent, tout le monde comprendra que l’Europe sera islamique dans les 20 Ă  30 prochaines annĂ©es si nous continuons comme ceci.

Cela est difficile Ă  croire, mais cela dĂ©coule – c’est mon avis, bien que je ne puisse pas le prouver – de l’agenda et des intĂ©rĂȘts spĂ©cifiques de personnes comme Soros, le Conseil des relations extĂ©rieures et les groupes de rĂ©flexion de Bilderberg. Et je pense que nous sommes actuellement impuissants pour lutter contre ce genre de dĂ©veloppement sur notre continent.

FA : C’est un point de vue que certains pourraient contester, en disant que c’est une sorte de thĂ©orie du complot.

Norbert van Handel : Je ne suis pas partisan des thĂ©ories du complot. Cependant, lorsque vous regardez un homme comme Soros, sa stratĂ©gie est claire : il dĂ©truit les monnaies d’abord, puis joue le rĂŽle du philanthrope Ă  travers des investissements sociaux. C’est une maniĂšre trĂšs vile d’agir. Cet homme veut changer le monde. Il veut crĂ©er des continents avec des populations complĂštement mĂ©langĂ©es et organiser le monde en plusieurs grands domaines rĂ©glementĂ©s par le super-capitalisme et gĂ©rĂ©s par trĂšs peu d’entreprises, ou plutĂŽt, en fait, par quelques milliardaires aux États-Unis. Si cela devait arriver, cela signifierait la perte complĂšte de notre culture, de notre religion, de nos traditions et de tout ce qui, accumulĂ©, a constituĂ© notre identitĂ© au cours des 1.000 derniĂšres annĂ©es.

Et je pense que nous devons Ă©galement nous battre contre des gens comme M. Asselborn qui ont dĂ©clarĂ© que la Hongrie devrait ĂȘtre expulsĂ©e de l’UE, ou M. Timmermans qui a dĂ©clarĂ© que les États-nations doivent ĂȘtre Ă©liminĂ©s et que toute l’humanitĂ© doit ĂȘtre mĂ©tissĂ©e, et aussi contre certaines politiques de Mme Merkel dont «l’invitation» a causĂ© une catastrophe pour ce continent, et qui a aussi fait un accord trĂšs dangereux avec les Turcs.

FA : Parlant d’Angela Merkel : vous lui avez Ă©crit une lettre ouverte 
 pensez-vous qu’elle puisse gagner les prochaines Ă©lections cette annĂ©e et quelles en seraient les consĂ©quences? D’autant plus que M. Macron en France a Ă©tĂ© Ă©lu, et qu’il est connu pour sa proximitĂ© avec Mme Merkel.

Norbert van Handel : C’est une question trĂšs difficile. Je pense que Mme Merkel sera rĂ©Ă©lue. Les gens en Allemagne semblent n’avoir aucun autre choix. D’autre part, M. Schultz serait Ă©galement une catastrophe pour l’Europe. Je pense que les choses seront pires en Allemagne qu’en France. Avec l’élection de M. Macron, la position de Mme Le Pen sera renforcĂ© lors des prochaines Ă©lections lĂ©gislatives de juin. Et il sera trĂšs difficile pour M. Macron d’organiser la soi-disant cohabitation. Je pense qu’il y aura des Ă©meutes majeures, sinon une rĂ©volution. De notre cĂŽtĂ©, cependant, notre tĂąche est de crĂ©er une Europe centrale trĂšs forte.

FA : Et comment ? Ne pensez-vous pas que l’Allemagne est le maĂźtre actuel de l’Europe centrale ? Beaucoup de personnes disent que l’Allemagne est le vĂ©ritable marionnettiste en Europe centrale en raison de ses liens Ă©conomiques dans la rĂ©gion.

Norbert van Handel : Je pense que les pays plus petits en Europe centrale comme la Hongrie, l’Autriche, la Croatie, la Pologne, la TchĂ©quie, la Slovaquie et la SlovĂ©nie doivent ĂȘtre beaucoup plus proches et doivent pouvoir parler d’une seule voix Ă  Bruxelles.

Cela signifie que nous devrions revenir aux quatre grandes libertĂ©s: les biens, les personnes, les services et les finances. Et la configuration institutionnelle de l’Union europĂ©enne doit ĂȘtre beaucoup plus rĂ©duite. Il y a deux parlements, quelle folie! Un Ă  Bruxelles, l’autre Ă  Strasbourg. Celui Ă  Strasbourg est juste lĂ  pour satisfaire la France, mais il n’est pas nĂ©cessaire du tout.

En outre : nous avons beaucoup trop de lobbyistes – ils influencent les institutions europĂ©ennes uniquement dans l’intĂ©rĂȘt de la super-finance et du super-capitalisme.

Nous devons crĂ©er une Union de l’Europe centrale afin de sauver nos identitĂ©s, si vous voyez ce que je veux dire.

Pour lire la suite de cet entretien, paru sur le site VPost, cliquez ici.

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