En Iran, ça chauffe, c’est le moins que l’on puisse dire. Et il y aurait de quoi sourire si nous ne devions pas dĂ©plorer un nombre effarant de victimes, plus d’une grosse centaine d’aprĂšs ce que nous en disent les rapports des Nations unies et les diffĂ©rentes associations de dĂ©fense des droits de l’homme (dont nous savons pourtant qu’elles peuvent ĂȘtre, parfois, suspectes).

Du cĂŽtĂ© de TĂ©hĂ©ran, de Chiraz ou de Tabriz, ce ne sont pas des bilans, type « Gilets jaunes », mais des morts que l’on additionne, car le LBD n’est pas utilisĂ©, mais tout bonnement les armes Ă  feu (ce qui n’excuse nullement, soit dit en passant, la brutalitĂ© sans discernement aucun, des troupiers de Castaner, pour maintenir l’ordre, mais ceci est un autre scandaleux sujet).

Dans l’ancienne Perse, nous assistons Ă  un Ă©norme paradoxe, car si les gens descendent dans la rue, c’est pour protester contre une hausse de 50 % du carburant Ă  la pompe, dans un pays producteur de pĂ©trole ! Pire, cette dĂ©cision intervient au moment mĂȘme oĂč l’on annonce la dĂ©couverte en Iran de gigantesques rĂ©serves d’hydrocarbures ! L’ONU comme Amnesty international s’alarment d’un trĂšs lourd bilan pouvant dĂ©passer les 143 victimes, essentiellement des protestataires qui ont subi la rĂ©pression des sbires du rĂ©gime.

Un rĂ©gime mis en place depuis la rĂ©volution des Ayatollahs de 1979, avec un Khomeiny, rappelons-le, bien protĂ©gĂ© en France sous l’inepte mandature de ValĂ©ry Giscard d’Estaing. L’Iran n’est pas un pays sous-dĂ©veloppé : c’est une grande puissance de 80 millions d’habitants, de potentiels consommateurs, dont une bonne majoritĂ© est tout de mĂȘme d’origine indo-aryenne – oh lĂ , lĂ , le vilain mot qui fait peur –, mĂȘme s’il y a de fortes minoritĂ©s kurdes, azĂ©ries ou baloutches.

AprĂšs la trĂšs regrettable dĂ©cision de Donald Trump, pour complaire aux milieux israĂ©lites de Washington et Ă  l’État d’IsraĂ«l, de se retirer de la table des nĂ©gociations sur le nuclĂ©aire, les Ayatollahs et autres Mollahs qui espĂ©raient tirer bĂ©nĂ©fice d’une levĂ©e des sanctions, se sentent flouĂ©s.

Cette dĂ©cision met dans l’embarras le prĂ©sident « modĂ©ré » Rohani. MalgrĂ© les timides rodomontades d’un Macron – une fois n’est pas coutume, saluons-les tout de mĂȘme au passage –, rien n’a bougĂ©, si ce n’est que le Guide suprĂȘme a ordonnĂ© la reprise de l’enrichissement d’uranium pour ne pas perdre la face devant son peuple. Mais le peuple iranien a besoin de manger, de se loger, d’étudier, de se dĂ©placer (quel gĂąchis que la rupture avec ce pays pour nos industriels !).

Quel jeu vont jouer les puissances occidentales ? Quel jeu vont jouer les pays du Golfe ? Voir et attendre ? S’immiscer, discrĂštement, dans le conflit ? Souffler sur le chaud ? Ce serait une erreur de croire que les Iraniens ne seraient pas tous des patriotes, mĂȘme s’ils sont opposĂ©s au rĂ©gime islamiste en leur for intĂ©rieur, comme vient de le prouver la dĂ©monstration de masse du 25 novembre. Ils le sont, nationalistes mĂȘme, comme l’a dĂ©montrĂ© le conflit sanglant avec l’Irak de Saddam Hussein, dans les annĂ©es 1980. La minoritĂ© arabe chiite n’avait pas Ă©tĂ© solidaire du pays arabe voisin, et Ă©tait restĂ©e fidĂšle Ă  TĂ©hĂ©ran.

Une information verrouillée

Le rĂ©gime verrouille l’information et a rĂ©ussi, provisoirement, Ă  museler Internet. Ce n’est pas la premiĂšre fois que la RĂ©publique islamique connaĂźt d’énormes poussĂ©es de fiĂšvre, Ă  chaque fois le pouvoir s’en est sorti par la rĂ©pression. Depuis, les autoritĂ©s ont perfectionnĂ© leurs moyens de censure. Un spĂ©cialiste de ces questions, membre de l’observatoire d’Internet RIPE Atlas, a dĂ©clarĂ© « que les Iraniens se rapprochent d’un niveau de compĂ©tence qu’ont les Chinois », ce qui nous amĂšne, sans transition, au cas de Hong-Kong.

À Hong-Kong, ce ne sont pas des « nuits de Chine, nuits cĂąlines  »

Cette Ăźle, un peu comme Singapour qui est majoritairement chinoise, ne produit pas grand-chose, sauf de la matiĂšre grise. Et ce sont ses Ă©tudiants qui sont en pointe dans la « RĂ©volution des parapluies ». Devons-nous insister sur le QI de ces gens-lĂ , qui feraient pĂąlir d’envie, hĂ©las, une facultĂ© franchouillarde ?

Depuis cinq mois, quotidiennement, nous recevons les mĂȘmes images d’une population, jeune, mais pas seulement, faisant face avec habiletĂ© aux prĂ©toriens chinois, Ă  la botte de PĂ©kin, via le pseudo-gouvernement autonome de dame Carrie Lam, mis en place dans le cadre du fameux « un pays, deux systĂšmes. »

Carrie Lam.

Carrie Lam.

Les Anglais sont responsables. En rĂ©trocĂ©dant leur colonie en 1997 au colosse Han, ils savaient que, comme en RhodĂ©sie en 1980, ça tournerait forcĂ©ment mal un jour. Car qui peut croire que le rĂ©gime communiste va tolĂ©rer plus longtemps l’insolente et contagieuse rĂ©bellion d’une jeunesse Ă©prise de libertĂ©, vivant dans un Ăźlot jusque-lĂ  protĂ©gé ? Le spectacle de cette ville est dĂ©solant, bitume calcinĂ© par les cocktails Molotov, sable apparent sous les pavĂ©s arrachĂ©s, vitrines brisĂ©es, etc.

La rĂ©sistance s’est concentrĂ©e, un moment, sur le campus de l’universitĂ© polytechnique, PolyU, oĂč les Ă©tudiants ont fait preuve d’une ingĂ©niositĂ© Ă  toute Ă©preuve : ils ont inventĂ© des procĂ©dĂ©s pour Ă©teindre les bombes lacrymogĂšnes, ils tiraient Ă  l’arc, et comme lors du soulĂšvement de Varsovie en 1944, ils se sont dĂ©placĂ©s dans les Ă©gouts, dĂ©truisant les camĂ©ras de reconnaissance faciale au pays de Big Brother, organisant d’extraordinaires exfiltrations au nez et Ă  la barbe de la police.

L’origine du soulĂšvement, rappelons-le, est nĂ©e de l’acquiescement par l’exĂ©cutif Hong-kongais d’une loi d’extradition qui aurait permis d’expulser dans les geĂŽles de PĂ©kin, tout dĂ©linquant de l’üle et, en matiĂšre de dĂ©linquance, on sait que la dissidence est un dĂ©lit grave dans un rĂ©gime communiste. Mais, depuis, les revendications ont changĂ©, et les manifestants ne se contentent plus de cette modeste victoire qui, entre parenthĂšses, restait Ă  vĂ©rifier sur le long terme. Non, ils veulent dĂ©sormais des Ă©lections dĂ©mocratiques, ouvertes Ă  tous, pour dĂ©signer les organes dirigeants locaux, dans le cadre du fameux « Un pays, deux systĂšmes. »

Ils viennent d’ailleurs d’infliger Ă  la Chine communiste un redoutable camouflet en envoyant 388 conseillers locaux « Pro DĂ©mocratie » contre 59 « Pro PĂ©kin », lors des Ă©lections des conseils locaux du 24 novembre, une sorte de conseil municipal, sans pouvoirs politiques. Or, si curieusement pour l’instant, ça semble fonctionner Ă  Macao, l’ex-colonie portugaise voisine, on voit Ă  Hong-Kong les limites de la formule « Un pays, deux systĂšmes ».

Ça patine, c’est le moins que l’on puisse dire. Le rĂ©gime de Xi Jinping est obligĂ© d’envoyer ses nervis pour discrĂ©diter et dissuader l’insurrection. Disons-le, ça ne marche pas, car il y a incompatibilitĂ© entre la revendication pour la libertĂ© et l’appartenance Ă  la RĂ©publique populaire de Chine. Les TibĂ©tains comme les OuĂŻgours du Sin-Kiang , en savent quelque chose !

Le gouvernement de PĂ©kin, avec cette plaie hongkongaise Ă  ses pieds, est tout de mĂȘme bien embarrassĂ©. Comment mater ce soulĂšvement sans faire couler le sang ? Comment Ă©viter que des chars Ă©crasent des jeunes, comme le montraient au monde entier, les images de la rĂ©pression place Tien An Men, en 1989 ? Comment rĂ©tablir l’ordre Ă  Victoria et Ă  Kowloon, ainsi que dans « les nouveaux territoires » de cette ex-colonie, sur le continent, sans trop de dĂ©gĂąts internationaux, alors que la Chine est en proie Ă  une guerre commerciale larvĂ©e avec les États-Unis de Trump ?

Grande méfiance à Taïwan

Et surtout, surtout, comment convaincre les TaĂŻwanais que la formule, rĂ©pĂ©tons la d’« Un pays, deux systĂšmes » pourrait leur convenir ? Il y a fort Ă  parier que le Kuomintang, le cĂ©lĂšbre KMT de feu le marĂ©chal Tchang-KaĂŻ-Tchek, apĂŽtre lui aussi de la thĂ©orie d’une seule Chine, y regardera Ă  deux fois avant d’entamer une quelconque nĂ©gociation pour la rĂ©unification.

Le congrĂšs amĂ©ricain a grondĂ©, en affichant sa sympathie pour les rĂ©voltĂ©s de Hong-Kong. PĂ©kin joue la menace sur le plan rĂ©gional, en envoyant son porte-avions croiser au large des cĂŽtes formosanes. Les arsenaux se gonflent dans les Ăźles Spratley et Paracel, revendiquĂ©es par une kyrielle d’États plus ou moins riverains, Philippines, Malaisie, Formose et Chine, cette derniĂšre occupant massivement cette poussiĂšre de confettis pour s’assurer d’une souverainetĂ© dans le cadre des zones Ă©conomiques des 200 nautiques, car il y a sĂ»rement des richesses qui dorment dans les fonds marins.

La Chine est impĂ©rialiste. Probable qu’elle ne cĂ©dera pas Ă  Hong-Kong et qu’elle devra s’attendre Ă  une solide rĂ©sistance de la part des jeunes Hongkongais. Son image va en pĂątir dans le tiers-monde et dans ses relations avec l’Occident. Mais, comme les intĂ©rĂȘts des uns et des autres sont, qu’on le veuille ou non, plus ou moins liĂ©s – car une guerre Ă©conomique totale serait nĂ©faste pour tous –, nous allons assister, certainement, aprĂšs une pĂ©riode d’ébullition et de tension, Ă  une grande plage d’amnĂ©sie chez les Occidentaux.

C’est comme ça Ă  chaque fois. Tant qu’un procĂšs international du communisme, Ă  l’image du procĂšs de Nuremberg, ne sera pas organisĂ©, – et ce n’est pas pour demain ! –, les dictatures communistes, Ă  Cuba, au Venezuela, au Nicaragua, au Vietnam, en Chine bien sĂ»r, sans oublier la sympathique CorĂ©e du Nord du brave Monsieur Kim, ont de beaux jours devant elles.

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