Union europĂ©enne. Les rĂ©actions sur la sortie de la Grande-Bretagne de l’Europe sont nombreuses et variĂ©es. Il est encore beaucoup trop tĂŽt pour se faire une idĂ©e des rĂ©elles consĂ©quences de cette sortie. Ce qui est sĂ»r, c’est que Bruxelles va tenter de colmater les brĂšches dans un premier temps.

Quant au couple franco-allemand, il est tellement brinquebalant qu’il paraĂźt inopĂ©rant. Angela Merkel est-elle en mesure d’imposer sa seule voix ? Les EuropĂ©ens ont toujours en travers de la gorge l’accord passĂ© avec la Turquie sur les migrants. Alors, rĂ©agir ? Certes. Mais pour faire quoi ?

À l’heure du Brexit, la Commission europĂ©enne s’apprĂȘte Ă  sanctionner l’Espagne et le Portugal pour non-respect de leurs objectifs de dĂ©ficit budgĂ©taire l’annĂ©e derniĂšre. CondamnĂ©s pour les forcer Ă  plus d’austĂ©ritĂ©. Le rĂȘve europĂ©en, version folle.

Les dirigeants europĂ©ens – ou plutĂŽt l’immense cohorte des apparatchiks – vont devoir dĂ©tricoter 85 000 pages d’accords qui lient le Royaume dĂ©suni Ă  l’Union europĂ©enne.

Si Cameron a engagĂ© un rĂ©fĂ©rendum, c’était en partie pour faire barrage aux populistes de l’UKIP. À Bruxelles, c’est la panique : partout en Europe les populistes gagnent du terrain. Le FN en France avec ses scores ahurissants, Le M5S en Italie et la Ligue du Nord, les succĂšs de Viktor Orban en Hongrie, la radicalisation du Danemark et de la SuĂšde, de la Hollande et la GrĂšce en embuscade. Ca commence Ă  faire beaucoup pour Bruxelles, Francçois Hollande et Angela Merkel.

Ça arrive un peu tard : le Parlement europĂ©en et les États membres viennent de crĂ©er un corps de gardes-frontiĂšres et de gardes-cĂŽtes chargĂ©s de rendre fiable la zone Schengen. Renforcement de Frontex et ajout de 1 500 personnes mises Ă  disposition des États. Ce projet avait Ă©tĂ© instruit par François Mitterrand et Helmut Kohl !

Allemagne. Sous la coupe du ministre des finances, Wolfgang SchaĂŒble, un petit groupe a rĂ©digĂ© un rapport interne titrĂ© « La stratĂ©gie allemande en cas de Brexit » qui plaide pour que la Grande-Bretagne devienne un « partenaire associé » de l’UE. Jeu dangereux s’il en est qui pourrait tenter certains pays. Car cela revient Ă  jouir des avantages de l’Union, sans les inconvĂ©nients. Mais n’était-ce pas le cas de la Grande Bretagne ?

Espagne. Les rĂ©sultats des Ă©lections lĂ©gislatives en Espagne sont presque identiques Ă  ceux du 20 dĂ©cembre dernier. Contrairement Ă  ce qui Ă©tait attendu, Podemos (gauche radicale) n’a pas rĂ©ussi Ă  devancer le Parti socialiste, qui conserve donc sa deuxiĂšme place, derriĂšre le Parti populaire (PP) de Mariano Rajoy qui est en tĂȘte. Mais la droite n’atteint pas la majoritĂ© absolue pour gouverner. C’est retour Ă  la case dĂ©part.

« Podemos fait peur, les socialistes ne semblent pas savoir oĂč ils vont, mais les “populares” sont trĂšs identifiables, analyse la politologue libĂ©rale Edurne Uriarte. En ces temps agitĂ©s, les Ă©lecteurs ont besoin de valeurs sĂ»res. »

Angleterre. La rĂ©action ne se sera pas fait attendre. Avec la sortie de la Grande-Bretagne de l’UE, l’Écosse envisage un rĂ©fĂ©rendum pour clamer son indĂ©pendance et son rattachement Ă  l’UE, l’Irlande du Nord envisage son rattachement Ă  l’Eire, et les nationalistes du pays de Galles se mettent Ă  parler d’indĂ©pendance. La perfide Albion serait-elle en train de voler en Ă©clat ?

David Cameron a tirĂ© sa rĂ©vĂ©rence et laisse aussi un mauvais souvenir : Ă  ses yeux, l’échec du rĂ©fĂ©rendum du 23 juin vient de l’incapacitĂ© de l’UE Ă  contrĂŽler l’immigration intra-europĂ©enne. Cette question, dit-il, Ă©tait « un problĂšme clĂ© pour le Royaume-Uni, elle sera encore un problĂšme clĂ© pour l’UE. »

Depuis jeudi 23 juin et la dĂ©cision des Britanniques de quitter l’Union europĂ©enne, le monde politique outre-Manche Ă©volue au cƓur d’un trou noir, dans un vide sidĂ©ral. Et nul ne sait quand et dans quel Ă©tat il en sortira. Le leader travailliste, Jeremy Corbyn, est dĂ©savouĂ©, mais se maintient contre vents et marĂ©es et les conservateurs cherchent leur homme providentiel. Jamais un tel sĂ©isme n’avait secouĂ© l’Angleterre. La reine va-t-elle ĂȘtre contrainte d’appeler Ă  l’unité nationale ?

Le conservateur Boris Johnson, issu du camp du non Ă  l’Europe, est le favori des bookmakers. L’excentrique ancien maire de Londres est le grand rival de David Cameron depuis qu’ils ont essuyĂ© ensemble les bancs de l’universitĂ© d’Oxford.

Des tracts disant « Sortie de l’UE – plus de vermine polonaise » ont Ă©tĂ© distribuĂ©s dans des boĂźtes aux lettres, Ă  Huntingdon, dans le Cambridgeshire. À Birmingham, une femme musulmane se serait fait encercler par un groupe d’hommes qui lui ont dit : « Dehors, on a votĂ© pour le Brexit. »

Panique dans l’immobilier londonien. Les grandes fortunes mondiales se sont offert un pied-Ă -terre dans la capitale britannique crĂ©ant ainsi une envolĂ©e des prix tels que les Londoniens n’arrivent plus Ă  se loger et que le nouveau maire travailliste, Sadiq Khan, a fait du logement sa prioritĂ©.

Inutile de s’inquiĂ©ter pour l’Angleterre des banquiers. Le pays a dĂ©jĂ  entiĂšrement dĂ©rĂ©gulĂ© son Ă©conomie (en particulier le marchĂ© du travail) et fortement rĂ©duit son taux d’impĂŽt sur les sociĂ©tĂ©s (20 % – et 17 % Ă  partir de 2020 – contre 33 % en France
). Et terminĂ©e la transparence exigĂ©e par Bruxelles. L’Angleterre va devenir le Panama de l’Europe. Ce n’est pas un hasard si Georges DumĂ©zil considĂ©rait que ce pays Ă©tait la 13e tribu d’IsraĂ«l.

Islande. L’universitaire Gudni Johannesson a remportĂ© l’élection prĂ©sidentielle de l’Islande. Avec 39,1 % des voix, cet homme de consensus a devancĂ© lors de l’unique tour de scrutin la femme d’affaires Halla Tomasdottir (27,9 %).

Vatican. DĂ©claration du pape le 16 juin Ă  Saint-Jean-de-Latran : « Il vaut mieux ne pas se marier si on ne sait pas ce qu’est le sacrement de mariage
 Et j’ai vu tellement de fidĂ©litĂ© dans ces concubinages, tant de fidĂ©lité ! Je suis sĂ»r que ce sont des mariages vrais, qu’ils ont la grĂące du sacrement, parce qu’ils sont fidĂšles. »

Danemark. Le Parti du peuple danois (DF) a fait savoir, vendredi 24 juin, par la voix de son prĂ©sident, Kristian Thulesen Dahl, qu’il verrait volontiers un rĂ©fĂ©rendum sur l’Union europĂ©enne. Mais pour le Premier ministre libĂ©ral Lars Lokke Rasmussen, c’est Niet !

Autriche. La cour constitutionnelle autrichienne vient d’invalider le rĂ©sultat de l’élection prĂ©sidentielle du 22 mai en raison de nombreuses irrĂ©gularitĂ©s dans le dĂ©pouillement de certains suffrages. Cette dĂ©cision sans prĂ©cĂ©dent, qui valide le recours dĂ©posĂ© par le parti FPÖ de Norbert Hofer, ouvre la voie Ă  un nouveau scrutin, sans doute Ă  l’automne.

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