Depuis que le Royaume de Danemark est entré dans la construction européenne, en 1972, les citoyens de ce pays ont eu lŽoccasion, lors de plusieurs référendums, de freiner le toujours plus dŽEurope bruxellois. Par trois fois, ils ont dit non. Non au traité de Maastricht, non au traité dŽAmsterdam et non à lŽeuro. La position des Danois reflÚte assez bien celle du Parti du Peuple Danois (Dansk Folkeparti, DF) : oui à un partenariat européen en matiÚre dŽéchanges commerciaux, dŽenvironnement, de sécurité de lŽalimentation, mais pas davantage sinon pour la protection des animaux.

Le pouvoir de lÂŽUnion europĂ©enne, de ses bureaucrates et de ses politiciens doit ĂȘtre limitĂ©. Il faut davantage de transparence dans toutes les institutions europĂ©ennes. Le budget europĂ©en devra ĂȘtre rĂ©duit. La Turquie nÂŽa pas sa place dans lÂŽUE. Enfin cÂŽest aux peuples, par le biais de rĂ©fĂ©rendums que les questions politiques majeures doivent ĂȘtre dĂ©cidĂ©es. Le Brexit, saluĂ© par le Parti du Peuple danois comme un choix conscient et courageux, doit entraĂźner des formes de partenariat plus relĂąchĂ©es.

Tous les partis reconnaissent la nécessité de profondes et de nouvelles réformes, mais les prises de position varient.

Le Premier ministre Lars LĂžkke Rasmussen se dĂ©sole de la sortie de la Grande Bretagne de lÂŽUE, mais concĂšde la nĂ©cessitĂ© de rĂ©formes. Tandis que Pernille Skipper (Enhedslisten, liste de lÂŽUnitĂ©) se rĂ©jouit au nom de son parti de la rĂ©ussite du Brexit. Holger Nielsen Le dĂ©putĂ© du Parti Socialiste (Socialistisk Folkeparti, SF) redoute que le Brexit ne donne « à lÂŽextrĂȘme droite europĂ©enne une raison supplĂ©mentaire de dĂ©truire lÂŽEurope ». Holger Nielsen commet une confusion regrettable entre lÂŽUnion EuropĂ©enne et lÂŽEurope et une erreur quant aux dangers qui menacent lÂŽidentitĂ© europĂ©enne.

Le social-dĂ©mocrate, ancien prĂ©sident du Parlement et ancien ministre des Affaires ÉtrangĂšres Mogens Lykketoft dĂ©clare Ă  la chaĂźne de tĂ©lĂ©vision TV 2 News : « Cameron est irresponsable dÂŽavoir organisĂ© un rĂ©fĂ©rendum sur lÂŽappartenance de la Grande-Bretagne Ă  lÂŽUnion EuropĂ©enne. [
] CÂŽest une faute que les Britanniques aient eu le droit de sÂŽexprimer par rĂ©fĂ©rendum [
] »

Cette curieuse conception de la démocratie a été sévÚrement commentée dans la presse danoise.

Le porte-parole du député Kenneth Berth Kristensen, porte-parole du Parti du peuple Danois pour les Affaires européennes propose : « Le gouvernement danois doit commencer à se préparer pour un vote. »

Tant il est vrai que la boulimie bureaucratique, le dĂ©ficit dĂ©mocratique, lÂŽimpuissance de lÂŽUnion EuropĂ©enne face aux crises de lÂŽinvasion migratoire et aux dĂ©lires du Calife du Bosphore justifient le souhait de Kenneth Kristensen Berth et dÂŽune majoritĂ© de ses concitoyens que lÂŽUnion europĂ©enne nÂŽa jamais fait rĂȘver.

Il ne sera donc pas question pour le Royaume de Danemark de danexit, mais de la souveraineté dŽun pays et de lŽindépendance dŽun peuple.

Vous avez aimé cet article ?

EuroLibertĂ©s n’est pas qu’un simple blog qui pourra se contenter ad vitam aeternam de bonnes volontĂ©s aussi dĂ©vouĂ©es soient elles
 Sa promotion, son dĂ©veloppement, sa gestion, les contacts avec les auteurs nĂ©cessitent une Ă©quipe de collaborateurs compĂ©tents et disponibles et donc des ressources financiĂšres, mĂȘme si EuroLibertĂ©s n’a pas de vocation commerciale
 C’est pourquoi, je lance un appel Ă  nos lecteurs : NOUS AVONS BESOIN DE VOUS DÈS MAINTENANT car je doute que George Soros, David Rockefeller, la Carnegie Corporation, la Fondation Ford et autres Goldman-Sachs ne soient prĂȘts Ă  nous aider ; il faut dire qu’ils sont trĂšs sollicitĂ©s par les medias institutionnels
 et, comment dire, j’ai comme l’impression qu’EuroLibertĂ©s et eux, c’est assez incompatible !
 En revanche, avec vous, chers lecteurs, je prends le pari contraire ! Trois solutions pour nous soutenir : cliquez ici.

Philippe Randa,
Directeur d’EuroLibertĂ©s.