La Commission europĂ©enne ne se lasse pas de ses mises en garde rĂ©pĂ©tĂ©es et sans effet Ă  l’égard de la Hongrie et de la Pologne, qui entendent faire respecter leur souverainetĂ©. Elle les menace dĂ©sormais, depuis le mardi 16 mai, de lancer des procĂ©dures d’infraction contre les deux Ă©tats rĂ©sistants, s’ils refusaient d’ici Ă  juin d’accueillir des « demandeurs d’asile » – au demeurant trĂšs largement musulmans dans leur composition – depuis l’Italie et la GrĂšce.

« Si rien n’est fait avant notre prochain rapport en juin, la Commission n’hĂ©sitera pas Ă  utiliser ses pouvoirs en vertu des traitĂ©s et Ă  ouvrir des procĂ©dures d’infraction », a averti M. Avramopoulos, Commissaire europĂ©en en charge de ce dossier, lors d’une confĂ©rence de presse au Parlement europĂ©en Ă  Strasbourg.

Ces procĂ©dures peuvent aboutir Ă  une saisine de la Cour de justice de l’UE (CJUE) et le cas Ă©chĂ©ant Ă  de lourdes sanctions financiĂšres quand un pays ne respecte pas un arrĂȘt de cette Cour. Il est intĂ©ressant de noter qu’une telle procĂ©dure, dĂ©valorisante pour le pays concernĂ©, est mise en marche et « traitĂ©e » par deux institutions qui ne sont pas Ă©lues !

Et lorsque Monsieur Avramopoulos « appelle la Pologne et la Hongrie, qui n’ont pas encore relocalisĂ© la moindre personne, Ă  commencer Ă  le faire immĂ©diatement », on peut sĂ©rieusement s’interroger sur ce qu’il reste des souverainetĂ©s nationales dans cette approche « respectueuse des Ă©tats », avec menaces de sanction financiĂšre Ă  la clé !

Il faut rappeler que face Ă  l’afflux extraordinaire et permanent de demandeurs d’asile sur les cĂŽtes italiennes et grecques, oĂč sont arrivĂ©s plus d’un million de migrants en 2015, les pays de l’UE avaient adoptĂ© en septembre 2015, un plan de rĂ©partition de 160 000 personnes en deux ans vers le reste de l’Union. Mais ce plan dit de « relocalisation », supposĂ© « incarner la solidaritĂ© europĂ©enne », a surtout illustrĂ© les divisions entre États membres, qui ne l’ont appliquĂ© que trĂšs lentement et de maniĂšre parcimonieuse, voire pas du tout pour certains.

La Hongrie et la Slovaquie ont d’ailleurs intentĂ© une action en justice pour le contester. Selon la Commission, ces pays sont avec l’Autriche, « les seuls États membres Ă  ne pas avoir encore » accueilli le moindre demandeur d’asile en application du plan de 2015, manquant ainsi « à leur obligation juridique. »

Beata Szydlo, la dynamique chef du gouvernement conservateur polonais, n’a pas manquĂ© de rĂ©agir immĂ©diatement : « Je n’ai pas peur de ces annonces tonitruantes de la Commission », a-t-elle dĂ©clarĂ© et d’ajouter « Nous ne serons pas d’accord pour qu’on impose Ă  la Pologne ou Ă  tout autre pays de l’UE des quotas obligatoires » de migrants.

Le mĂȘme jour la Commission europĂ©enne, l’exĂ©cutif dans cette politique rappelons-le, a aussi pointĂ© du doigt la RĂ©publique tchĂšque qui n’a pas contribuĂ© depuis « prĂšs d’un an ». D’autres pays, comme l’Espagne, la Belgique, la Croatie, l’Allemagne, la Roumanie, la Slovaquie et la France, devraient eux « accroĂźtre leurs engagements mensuels » d’accueil selon Bruxelles, qui demande aussi Ă  l’Italie « d’accĂ©lĂ©rer les procĂ©dures pour identifier et enregistrer dĂšs que possible tous les candidats admissibles. »

Par cette politique de gribouille, l’exĂ©cutif europĂ©en envoie le pire des messages : il encourage des vagues d’immigration successives, qui reprĂ©sentent peu ou prou, une subversion du Continent europĂ©en, elle accroĂźt les dissensions et les rancƓurs entre pays europĂ©ens, en montrant du doigt ceux qui ne se soumettent pas Ă  la Doxa, enfin elle affaiblit de maniĂšre constante et dans sa substance le continent et l’idĂ©e d’une Europe commune Ă  l’ensemble des nations europĂ©ennes, en renforçant la rĂ©ticence des peuples qui ne veulent pas mourir.

« Ceux qui ne se souviennent pas du passé, sont condamnés à le revivre » (Santayana).

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