Hommage paru dans la revue SynthÚse nationale à Jean Raspail

Jean Raspail vient de nous quitter, il avait 94 ans. Avant de devenir l’écrivain consacrĂ© et prolixe que l’on connaĂźt, il fut aussi tour Ă  tour aventurier, explorateur, poĂšte. Jean Raspail assumait pleinement sa foi catholique et son attachement Ă  la monarchie. Son Ɠuvre a Ă©tĂ© couronnĂ© de nombreux prix.

En 2003, Jean Raspail recevait le Grand prix de littĂ©rature de l’Institut. A cette occasion, c’est Michel DĂ©on qui a dressĂ© le portrait de l’écrivain qui Ă©tait aussi son ami.

ArrivĂ© Ă  l’ñge d’homme, Jean Raspail cĂšde Ă  l’appel du voyage — les deux AmĂ©riques, le Japon, le Congo belge dans sa tourmente suicidaire, Hong Kong et Macao, en passant par les Antilles :  » En quarante ans de voyages Ă  travers le monde, explique Jean Raspail, j’ai suivi de nombreuses pistes qui menaient aux derniers survivants encore douĂ©s de mĂ©moire.  » Son pĂ©riple ne doit donc rien Ă  la curiositĂ© de l’ethnologue : il est un hommage Ă  tous les peuples deux fois morts — balayĂ©s par les fracas de l’histoire et ensevelis dans la mĂ©moire des hommes.

À son premier voyage vers des terres lointaines, JeanRaspail doit sa vocation d’écrivain : « À considĂ©rer les cheminements intĂ©rieurs de la vie, c’est lĂ  que je suis nĂ©, Ă  l’ñge de vingt-trois ans et neuf mois, par un matin glacial de printemps de l’annĂ©e 1943 », aux abords d’un village algonquin. L’admirable Qui se souvient des hommes
 et le non moins beau PĂȘcheurs de lunes tĂ©moignent de cette conversion : Ă©crire pour vaincre les puissances de l’oubli.

De retour en France, Jean Raspail doit se plier Ă  de nouvelles exigences, relever de nouveaux dĂ©fis. « Notre voyage Ă  nous est entiĂšrement imaginaire. VoilĂ  sa force », Ă©crivait CĂ©line dans le prologue du Voyage au bout de la nuit. JeanRaspail est appelĂ© lui aussi  » de l’autre cĂŽtĂ© de la vie « . Lorsque sa quĂȘte se fait toute intĂ©rieure, lorsqu’il devient, comme tant de ses hĂ©ros, orphelin de ses rĂȘves, le Wisigoth aborde aux rivages de la Patagonie :  » Jeune explorateur, dans les annĂ©es cinquante, je m’étais volontairement enfoncĂ©, plusieurs mois durant, dans les solitudes australes de la Terre de Feu, la Patagonie, le cap Horn, le dĂ©troit de Magellan, lĂ  oĂč se rejoignent le tout et le nĂ©ant. Sur les cartes marines, en ces temps, les contours de nombreuses Ăźles figuraient en pointillĂ©s hypothĂ©tiques. Les derniers Indiens vivants fuyaient au plus profond des fjords dĂ©serts, emportant dans leurs canots le feu enfermĂ© dans un pot de terre. C’est lĂ  que j’ai appris Ă  vivre : une bonne Ă©cole. C’est lĂ  que j’ai appris Ă  rĂȘver ma vie
  »

À l’instar d’Antoine de Tounens, Ă©phĂ©mĂšre souverain de Patagonie, qui lui valut le Grand Prix du Roman de l’AcadĂ©mie, Jean Raspail cĂ©lĂšbre cette patrie perdue oĂč il choisit d’établir son exil intĂ©rieur avec tendresse, avec ironie, avec fiertĂ©, avec mĂ©lancolie. « C’est, nous dit-il, ĂȘtre exactement Patagon que d’accommoder ensemble ces quatre sentiments-lĂ . »

Cette retraite n’appelle pas l’inaction, et la solitude de Jean Raspail est celle du veilleur au rempart. Semblable Ă  ces Sept cavaliers qui quittĂšrent la ville au crĂ©puscule par la porte de l’Ouest qui n’était pas fermĂ©e, ultime dĂ©fense d’un royaume qui a perdu la foi en son propre destin, il a, une fois pour toutes, fait vƓu de ne pas subir : « TĂȘte haute, sans se cacher, au contraire de tous ceux qui avaient abandonnĂ© la ville, car ils ne fuyaient pas, ils ne trahissaient rien, espĂ©raient moins encore et se gardaient d’imaginer. »

Nous n’aurions pas tout dit de Jean Raspail si nous ne rappelions pas son roman : Le Camp des saints. Ce livre qui atteint presque sa majoritĂ© aujourd’hui est Ă  la fois une Ɠuvre passionnante et si prophĂ©tique qu’on ose Ă  peine y croire. Les grands romanciers sont des extralucides qu’on a tort de trop souvent prendre pour des jongleurs. Le Camp des saints est un livre qui a conquis les États-Unis si peu enclins Ă  s’intĂ©resser Ă  la littĂ©rature française. Jean Raspail a reçu le prix Thomas Eliot dĂ©cernĂ© par l’universitĂ© de Chicago.

« Dans la nuit, au midi de notre pays, cent navires se sont Ă©chouĂ©s, chargĂ©s d'un million d'immigrants. Ils viennent chercher l'espĂ©rance. Ils inspirent la pitiĂ©. Ils sont faibles... Ils ont la puissance du nombre. Ils sont l'Autre, c'est-Ă -dire multitude, l'avant-garde de la multitude. À tous les niveaux de la conscience universelle, on se pose alors la question : que faire ? Il est trop tard. Paru pour la premiĂšre fois en 1973 (chez Robert Laffont), "Le Camp des Saints", qui est un roman, relĂšve en 2011 de la rĂ©alitĂ©. Nous sommes, tous, les acteurs du Camp des Saints. C'est notre destin que ce livre raconte, notre inconscience et notre acquiescement Ă  ce qui va nous dissoudre. C'est pourquoi, en guise de prĂ©face Ă  cette nouvelle Ă©dition, dans un texte intitulĂ© Big Other, j'ai voulu, une derniĂšre fois, mettre un certain nombre de points sur les i » (Jean Raspail).

« Dans la nuit, au midi de notre pays, cent navires se sont Ă©chouĂ©s, chargĂ©s d’un million d’immigrants. Ils viennent chercher l’espĂ©rance. Ils inspirent la pitiĂ©. Ils sont faibles… Ils ont la puissance du nombre. Ils sont l’Autre, c’est-Ă -dire multitude, l’avant-garde de la multitude. À tous les niveaux de la conscience universelle, on se pose alors la question : que faire ? Il est trop tard.
Paru pour la premiĂšre fois en 1973 (chez Robert Laffont), « Le Camp des Saints », qui est un roman, relĂšve en 2011 de la rĂ©alitĂ©. Nous sommes, tous, les acteurs du Camp des Saints. C’est notre destin que ce livre raconte, notre inconscience et notre acquiescement Ă  ce qui va nous dissoudre.
C’est pourquoi, en guise de prĂ©face Ă  cette nouvelle Ă©dition, dans un texte intitulĂ© Big Other, j’ai voulu, une derniĂšre fois, mettre un certain nombre de points sur les i » (Jean Raspail).

J’ajouterai que Jean Raspail nous a aussi offert le plus beau rĂȘve qui soit : un mythique royaume de Patagonie. Pour tous ceux qui veulent bien encore jouer Ă  s’inventer un monde d’aventures et de fantaisie, le royaume de Patagonie a ses couleurs, son hymne national et des correspondants dans le monde entier grĂące Ă  un plĂ©thorique service diplomatique dont j’ai l’honneur d’ĂȘtre le consul gĂ©nĂ©ral en Irlande, tĂąche qui ne me distrait pas trop de mon propre travail. Les Patagons de passage ne posent aucun problĂšme.

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