par François de Maistre.

C’est un peu comme extraire un Ɠuf d’une omelette. Neuf mois aprĂšs le rĂ©fĂ©rendum sur le Brexit, le Royaume-Uni lance aujourd’hui Mercredi 29 Mars 2017 la procĂ©dure de sortie de l’Union-EuropĂ©enne. NĂ© sur les cendres de la Seconde Guerre Mondiale, le projet de construction europĂ©enne vient de subir un trĂšs sĂ©rieux revers. L’annonce du dĂ©clenchement de cette rupture inĂ©dite dans l’histoire de l’UE a Ă©tĂ© prononcĂ©e ce jour par la PremiĂšre Ministre conservatrice Theresa May Ă  12H30 devant les dĂ©putĂ©s du Parlement de Westminster. La lettre de divorce, signĂ©e hier soir, Mardi 28 Mars par Theresa May, a Ă©tĂ© transmise au PrĂ©sident du Conseil EuropĂ©en, Donald Tusk par l’ambassadeur britannique Ă  Bruxelles, Tim Barrow.

« ChÚre Union Européenne, il est temps de partir »

C’est ce que semble regretter le Daily Mirror. Pendant que les tabloĂŻds eurosceptiques marquent leur satisfaction. « Liberté » titre les Daily Mail. « Dover and out » a inscrit le Sun sur les falaises blanches de Douvres. La lettre que tient en ses mains Donald Tusk est restĂ©e secrĂšte, Londres Ă©tant soucieux de prĂ©server jusqu’à la derniĂšre minute ses arguments de nĂ©gociations d’un accord de sortie, qui doivent durer deux ans. Le 28 mars 2019, le Royaume-Uni larguera les amarres, soit prĂšs de trois ans aprĂšs le rĂ©fĂ©rendum du 23 Juin 2016 qui a votĂ© la sortie Ă  52 % des voix.

Activation de l’article 50 du TraitĂ© de Lisbonne

Le calendrier des discussions apparaßt bien ambitieux aux yeux des analystes pour défaire des liens tissés pendant quatre décennies et au regard de la complexité des dossiers, qui porteront aussi bien sur la finance, le commerce que la gestion des frontiÚres ou la coopération policiÚre et judiciaire.

« Le chantier est si vaste que deux ans seront trĂšs certainement insuffisants » estime Catherine Barnard, Professeur de Droit EuropĂ©en Ă  l’UniversitĂ© de Cambridge, soulignant « qu’à chaque pierre soulevĂ©e, d’autres apparaissent ».

Theresa May refuse de garantir les droits des quelques trois millions de citoyens europĂ©ens qui vivent au Royaume-Uni, alors que son principal objectif est de rĂ©duire l’immigration en provenance de l’Union EuropĂ©enne.

Une obsession pour Bruxelles : rendre impossible d’autres brexit

Les dirigeants EuropĂ©ens dont la lĂ©gitimitĂ© est chaque jour davantage contestĂ©e, ont fait savoir que le Royaume-Uni ne peut pas avoir de meilleur accord « en dedans qu’en dehors », pour Ă©viter de donner des idĂ©es de sĂ©cession Ă  d’autres pays de l’UE. Ils brandissent la menace d’une perspective oĂč aucun accord ne serait conclu !

Pour les milieux Ă©conomiques, ce serait le scĂ©nario catastrophe, car le Royaume-Uni rĂ©alise la moitiĂ© de ses Ă©changes avec l’UE.

Pour le moment, l’économie se porte plutĂŽt bien : la croissance du produit intĂ©rieur brut (PIB) est restĂ©e solide Ă  1,8 % en 2016 et pourrait mĂȘme atteindre 2 % en 2017. Mais avec le dĂ©clenchement officiel du Brexit, les investissements pourraient se dĂ©tourner du Royaume-Uni.

Au nord, l’Écosse menace de faire sĂ©cession : son parlement rĂ©gional a votĂ© hier, Mardi 28 Mars, en faveur d’un nouveau rĂ©fĂ©rendum d’indĂ©pendance aprĂšs celui de 2014, arguant que les Écossais ont votĂ© Ă  62 % pour rester dans l’Union EuropĂ©enne.

Mais selon un sondage YouGov publié mercredi dernier, 44 % des Britanniques interrogés ne regrettent pas le Brexit (contre 41 % qui le regrettent) tandis que seuls 21 % veulent que le Gouvernement fasse machine arriÚre.

Article paru sur le site Lengadoc.info.

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