L’inquiĂ©tude suscitĂ©e par l’Ă©tat de surpopulation croissante dans lequel se trouve la planĂšte, ainsi que par les dĂ©sordres qui en rĂ©sultent Ă  tout propos, de plus en plus nombreux partout dans le monde, pourrait expliquer, au moins partiellement, la baisse de natalitĂ© de certains pays parmi les plus avancĂ©s. Il en est comme si les gĂ©niteurs y perdaient confiance en l’avenir promis Ă  ceux qu’ils mettraient au monde, ce qui est probablement trop compter avec la prĂ©voyance de l’ĂȘtre humain. Quoi qu’il en soit, il s’agit d’une tendance qui interpelle ceux qui n’ont pas encore compris qu’une dĂ©mographie galopante est le premier facteur des dĂ©sordres que connaĂźt la sociĂ©tĂ© et des angoisses qu’ils peuvent susciter.

Pour l’Europe, au-delĂ  de nationalismes aussi Ă©triquĂ©s que dĂ©calĂ©s, ce pourrait ĂȘtre le signe d’un repli qui viendrait s’ajouter Ă  ses autres maux, l’affaiblissant au moment oĂč elle a plus que jamais besoin de tous ses moyens. Sa propre dĂ©fense les requiert sur bien des fronts et les pays en voie de dĂ©veloppement ont besoin de son soutien dans de nombreux domaines, Ă  commencer par l’humanitaire, ne serait-ce que pour mettre fin Ă  la prolifĂ©ration de la partie la plus dĂ©favorisĂ©e de leurs populations.

Pour avoir nĂ©gligĂ© de partager leur industrialisation avec des peuples Ă©conomiquement retardataires, les pays les plus avancĂ©s – Europe de l’ouest en tĂȘte, eu Ă©gard Ă  son exposition aux flux migratoires l’assaillant de toutes part – sont maintenant conduits Ă  accueillir ces mĂȘmes populations, venant y chercher les activitĂ©s dont ils n’ont pas su les aider Ă  se doter. Mais les effectifs et les qualifications des immigrants ne suffisant pas Ă  compenser le dĂ©ficit dĂ©mographique des pays les plus riches (cf. l’Allemagne) – il est Ă  craindre que ce dĂ©ficit perdure, aggravant le dĂ©sĂ©quilibre de la dĂ©mographie mondiale – quand certains migrants ne sont pas plus simplement les instruments d’une stratĂ©gie de conquĂȘte par le nombre et ses dĂ©sordres.

La pyramide sociale universelle est ainsi faite que sa population est constituĂ©e Ă  70 % par les populations les plus dĂ©favorisĂ©es et par consĂ©quent, Ă  l’Ă©chelle mondiale, des peuples des pays les moins dĂ©veloppĂ©s. C’est donc par l’exportation de cette pauvretĂ© – la misĂšre Ă©tant plus facile Ă  partager que la richesse – qu’est en voie de se solder l’aveuglement coupable des partisans de la croissance comme de la dĂ©croissance, les uns comme les autres n’ayant que faire de la dĂ©mographie, alors que chaque jour 280 000 terriens supplĂ©mentaires, dont 200 000 pauvres, dĂ©ferlent sur la planĂšte.

Ignorer – quand ce n’est pas rejeter – l’idĂ©e d’un contrĂŽle de la dĂ©mographie mondiale tout en prĂ©tendant ajuster la population de la planĂšte aux capacitĂ©s de cette derniĂšre par une politique d’accueil des immigrĂ©s par les pays riches, a pour premier effet la paupĂ©risation de ces derniers au dĂ©triment de tous. Et tant qu’il en sera ainsi, la compassion la plus sincĂšre ainsi que les options politiques les mieux intentionnĂ©es n’y changeront rien, quel que puisse ĂȘtre le bĂ©nĂ©fice qu’espĂšrent en tirer les pays d’accueil en termes d’image.

Si la solidaritĂ© Ă  l’Ă©gard de ceux qui sont dans la dĂ©tresse est un devoir humanitaire, c’est un devoir plus impĂ©ratif encore que d’agir avec discernement. C’est dans cet esprit que toutes les rĂ©actions et dispositions influençant la dĂ©mographie des pays europĂ©ens doivent tenir compte des rĂ©alitĂ©s de la surpopulation mondiale avant que d’ĂȘtre dictĂ©es par le calcul politique ou une compassion sommaire, voire dĂ©magogique.

Une telle attitude devrait au demeurant s’inscrire dans une autre, de portĂ©e planĂ©taire, dans laquelle sont impliquĂ©s les pouvoirs religieux, autant et plus que les pouvoirs politiques.

« Paul Ehrlich, biologiste Ă  l’universitĂ© de Stanford et John Harte, spĂ©cialiste en ressources naturelle et Ă©nergie Ă  l’UniversitĂ© de Berckeley, ont publiĂ© dans la revue « Nature Climate Change » un article relevant la contradiction majeure entre le discours du pape François, dans son encyclique « Laudato si« , sur l’action Ă  conduire pour Ă©viter un dĂ©rapage climatique dangereux et celui qu’il tient sur la contraception et le contrĂŽle des naissances. Ils l’appellent Ă  abandonner l’obsession de l’Église catholique sur la contraception et l’avortement, et Ă  soutenir les droits des femmes et le planning familial.

En effet, l’encyclique dĂ©nonce la “pression internationale” qui s’exercerait sur les pays en dĂ©veloppement pour subordonner l’aide Ă©conomique qu’ils pourraient recevoir Ă  une politique de “santĂ© reproductive”, et affirme que “la croissance dĂ©mographique est complĂštement compatible avec un dĂ©veloppement intĂ©gral et partagĂ©â€.

Les scientifiques rĂ©pondent : “Un regard attentif Ă  la pleine complexitĂ© des interconnexions entre les dimensions dĂ©mographique, biophysique, Ă©conomique et sociale de l’environnement planĂ©taire suggĂšre que la croissance dĂ©mographique n’est pas compatible avec un dĂ©veloppement partagĂ© et durable” et soulignent qu’orienter l’HumanitĂ© vers la sĂ©curitĂ© alimentaire suppose d’abandonner “la fiction d’une croissance dĂ©mographique perpĂ©tuelle”. La croissance dĂ©mographique augmente la pression sur les ressources naturelles et les services Ă©cosystĂ©miques, au risque de les Ă©puiser ; et cette mĂȘme pression croissante, par une population plus nombreuse, rend encore plus difficile l’avĂšnement de formes de gouvernance favorables Ă  une distribution plus Ă©quitable des ressources » (Wikipedia – https://fr.wikipedia.org/wiki/Surpopulation).
Voir aussi sur le Web (entre autres) : http://www.prb.org/FrenchContent/2013/demographics-muslims-fr.aspx : sur l’Ă©volution dĂ©mographique des pays musulmans ; http://negropoliticus.over-blog.com/article-4009506.html : oĂč il est question de la pyramide sociale en CĂŽte d’Ivoire.