À une semaine de l’ouverture du sommet du G7 Ă  QuĂ©bec, les journaux continuent Ă  parler des diffĂ©rents prĂ©paratifs liĂ©s Ă  la prĂ©sence des grands chefs d’État dans la capitale quĂ©bĂ©coise. Depuis des semaines, voire des mois, c’est ce qui retient l’attention : la prĂ©paration d’un cĂŽtĂ© des policiers pour l’état de siĂšge et de l’autre, des groupes d’extrĂȘme gauche qui risquent de saccager la ville de QuĂ©bec, un joyau en AmĂ©rique du Nord.

Tout a Ă©tĂ© dit sur les diffĂ©rents prĂ©paratifs et rien ne sert de s’y attarder ici, mais les motivations des groupes d’extrĂȘme gauche mĂ©ritent quant Ă  elles d’ĂȘtre analysĂ©es. Depuis deux ou trois ans, la gauche radicale quĂ©bĂ©coise a cessĂ© d’ĂȘtre un acteur constructif de la politique pour se cantonner dans une opposition inspirĂ©e par la lutte des classes. Les tenants de la gauche extrĂȘme ne tentent plus d’offrir une alternative politique : ils ne font que s’opposer et plus souvent qu’autrement en employant une violence stĂ©rile qui les coupe de tout support populaire.

Mieux, plutĂŽt que de s’attaquer aux banques et Ă  la haute finance, ce qui serait logique et consĂ©quent, ils ont fait de la classe moyenne leur ennemi numĂ©ro un. Ainsi, dans les derniĂšres annĂ©es, la gauche radicale s’est cantonnĂ©e au rĂŽle d’opposition aux mouvements issus de la majoritĂ© silencieuse.

Elle ne propose plus rien, mais Ă  chaque fois qu’un groupe comme La Meute, composĂ©e de libĂ©raux qui voient dans l’islamisation de la sociĂ©tĂ© une menace aux libertĂ©s individuelles, ou encore le Storm Alliance, qui s’oppose Ă  l’immigration illĂ©gale, organise un Ă©vĂ©nement, l’extrĂȘme gauche se prĂ©sente sur les lieux permettant Ă  ces groupes d’obtenir une couverture mĂ©diatique dont ils n’auraient sĂ»rement pas bĂ©nĂ©ficiĂ© autrement.

Les manifestations organisĂ©es contre le G7 la semaine prochaine marquent ici une exception : on ne s’en prend plus Ă  la classe moyenne, mais aux hauts dirigeants. Du moins thĂ©oriquement, car dans les faits, les commerces vandalisĂ©s, les automobiles brĂ»lĂ©es et les fenĂȘtres fracassĂ©es n’appartiennent ni Ă  Macron, ni Ă  Trudeau ou Trump.

Dans les faits, les manifestations de la semaine prochaine, qui mĂšneront inĂ©vitablement Ă  des Ă©meutes et des dĂ©bordements, risquent d’aliĂ©ner encore davantage la population locale. Oui, des slogans seront lancĂ©s, mais aucun discours ne sera entendu par la population qui ne comprendra pas pourquoi les magasins locaux et indĂ©pendants se font dĂ©truire au nom d’une idĂ©ologie mal dĂ©finie et mal expliquĂ©e.

Avant de se lancer dans une action militante, il faut toujours se demander quels sont les objectifs de cette action et comment atteindre ces dits objectifs. Force est de constater que personne au sein de la gauche extrĂȘme ne s’est posĂ© cette question pourtant fondamentale qui permet de diffĂ©rencier activisme constructif d’agitation stĂ©rile.

Quel sera l’impact de ces manifestations ? D’abord, elles aliĂ©neront les classes moyennes qui Ă©prouveront de la sympathie pour ceux visĂ©s par les attaques et le vandalisme. Les policiers blessĂ©s deviendront des hĂ©ros et le systĂšme censĂ© ĂȘtre remis en question sera lĂ©gitimĂ© d’autant plus aux yeux d’une population apeurĂ©e par de tels dĂ©bordements.

Il faut aussi ajouter, et c’est lĂ  que le bĂąt blesse particuliĂšrement, que ces manifestations et cette violence font le jeu des tout-puissants qui se rĂ©uniront la semaine prochaine. En effet, depuis que l’évĂ©nement dĂ©fraye les manchettes, aucun article ne discute des enjeux liĂ©s Ă  ce sommet, seulement des prĂ©paratifs sĂ©curitaires l’entourant.

De quoi parlera-t-on autour des tables de conférences ? Nul ne le sait, mais on connaßt la hauteur des clÎtures, les matériaux employés pour les blocs anti voiture-bélier, etc.

Un illusionniste pour parvenir Ă  accomplir son tour a toujours besoin d’une diversion. Le regard des spectateurs s’oriente vers l’objet que l’on brandit pendant que le « magicien » rĂ©alise son tour sans que personne ne s’en rende compte. La teneur des discussions qui auront lieu au G7 est donc totalement occultĂ©e par la diversion que font les rouges, idiots utiles d’un systĂšme qu’ils servent bien.

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A propos de l'auteur

RĂ©mi Tremblay

RĂ©mi Tremblay, Ă©diteur du Harfang, porte-parole de la FĂ©dĂ©ration des QuĂ©bĂ©cois de souche, collaborateur Ă  plusieurs journaux (PrĂ©sent, Livr’Arbitres, Council of Euro-Canadians et Alternative Right) ; il a dĂ©jĂ  publiĂ© le livre "Les Acadiens : du Grand DĂ©rangement au Grand Remplacement" et "Le Canada français, de Jacques Cartier au gĂ©nocide tranquille" (avec Jean-Claude Rolinat) aux Ă©ditions Dualpha. Il est le correspondant d'EuroLibertĂ©s au Canada.

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