Au moment oĂč la campagne sur le Brexit bat son plein, peut-ĂȘtre convient-il de revenir sur les conditions d’adhĂ©sion du Royaume-Uni Ă  l’UE, alors mĂȘme que certains pays comme la France et l’Italie compensent bien plus que d’autres pays le chĂšque annuel britannique. Ce chĂšque fut nĂ©gociĂ© par Margareth Thatcher, lors du Sommet de Fontainebleau en 1985, lorsqu’elle menaça l’Europe de cesser de verser la participation britannique au budget des communautĂ©s europĂ©ennes.

Selon les calculs d’EurActiv, entre la premiĂšre utilisation du « rabais britannique » en 1985 et 2014, derniĂšres annĂ©es pour lesquelles les informations ont Ă©tĂ© publiĂ©es, Londres a Ă©tĂ© remboursĂ©e d’un total de 111,12 milliards d’euros, par Bruxelles. Cela correspond Ă  un peu moins du budget annuel de l’Union europĂ©enne rĂ©ellement dĂ©pensĂ©.

Le rabais, aussi surnommĂ© « chĂšque britannique » ou « correction britannique » dans le jargon europĂ©en, Ă©quivaut Ă  66 % de la contribution nette de l’annĂ©e prĂ©cĂ©dente de cet Ă©tat membre. On prĂ©voyait que cette pratique serait rĂ©duite aprĂšs les Ă©largissements de 2004-2007, mais les chiffres indiquent que les remboursements sont restĂ©s stables ou ont augmentĂ© depuis. Ces derniĂšres annĂ©es, les remboursements ont variĂ© entre 3 et 5 milliards d’euros par an.

Tous les États membres de l’UE paient donc les remboursements au Royaume-Uni, y compris les nouveaux membres moins aisĂ©s d’Europe de l’Est. En 2014, la Pologne a ainsi participĂ© Ă  hauteur de 294,4 millions d’euros, la Roumanie de 101,4 millions d’euros et la Bulgarie, le pays le plus pauvre de l’union, de 29,9 millions d’euros.

Par contre, les Pays-Bas, la SuĂšde et l’Autriche ne paient qu’un quart de ce que devrait ĂȘtre leur participation Ă  la « correction britannique ». Il existe donc des « rabais sur le rabais ». RĂ©sultat : la France et l’Italie supportent Ă  elles deux prĂšs de la moitiĂ© du total Ă  rembourser Ă  Londres. Pour l’annĂ©e 2014, l’Allemagne a payĂ© 379,6 millions d’euros, alors que la France et l’Italie versaient respectivement 1,592 et 1,165 milliard.

Outre sa renĂ©gociation de certaines conditions en vue du rĂ©fĂ©rendum du 23 juin, David Cameron a lui aussi tentĂ© de protĂ©ger la tirelire britannique. En dĂ©cembre 2010, en pleine crise de la zone euro, le Premier ministre a rĂ©ussi Ă  faire accepter aux autres États membres que le Royaume-Uni ne contribuerait pas aux prochains renflouements.

PrĂ©cisons qu’EurActiv a demandĂ© Ă  un porte-parole de la Commission de commenter la gĂ©nĂ©rositĂ© des conditions et la nature unique de l’adhĂ©sion du pays Ă  l’UE. Celui-ci a nĂ©anmoins refusĂ© de rĂ©pondre, estimant inappropriĂ© de faire ce genre de commentaires pendant une campagne de rĂ©fĂ©rendum.

En votant pour une sortie de l’UE le 23 juin, les Ă©lecteurs britanniques pourraient mettre un terme au meilleur accord d’adhĂ©sion existant entre l’UE et un de ses membres. Ce chĂšque britannique au demeurant, n’a jamais relevĂ© de la philosophie communautaire.