A-t-on assistĂ©, dĂšs ce premier week-end post-victoire du Brexit au Royaume-Uni Ă  une de ses premiĂšres consĂ©quences collatĂ©rales ? Les dĂ©clarations du Premier ministre Manuel Valls, tenues Ă  Belleville-sur-Mer (Seine-Maritime) à propos du traitĂ© transatlantique de libre-Ă©change entre l’UE et les États-Unis (TAFTA) sont en effet des plus Ă©tonnantes.

L’actuel matamore de Matignon n’a effectivement pas fait dans la dentelle en dĂ©clarant, entre autres : « DorĂ©navant, aucun accord de libre-Ă©change ne doit ĂȘtre conclu s’il ne respecte pas les intĂ©rĂȘts de l’Union. L’Europe doit ĂȘtre ferme. La France y veillera. Et moi, je vous le dis franchement, il ne peut pas y avoir d’accord de traitĂ© transatlantique. »

Le sĂ©isme Ă©lectoral britannique n’aura donc pas Ă©tĂ© long Ă  provoquer une premiĂšre onde de choc politique surprenante, mĂȘme si l’intĂ©ressĂ©, sans vergogne, dĂ©voile dans la foulĂ©e que son affirmation n’est pas dĂ©nuĂ©e de quelques vilaines arriĂšre-pensĂ©es politiques, car le TAFTA, selon lui, « imposerait (
) une vision qui ferait le lit des populismes », ce qui est la moindre des Ă©vidences.

Mais pas seulement, puisqu’il imposerait « tout simplement une vision qui serait mauvaise pour notre Ă©conomie », autre Ă©vidence, certes, mais jusque-lĂ  martelĂ©e, justement, par les seuls populistes, tant honnis par lui, notamment par Marine le Pen, prĂ©sidente du Front national et Jean-Luc MĂ©lenchon, co-fondateur du Parti de Gauche, l’un et l’autre candidats dĂ©clarĂ©s Ă  l’élection prĂ©sidentielle française de l’annĂ©e prochaine.

Mais politique politicienne oblige, le Premier ministre tacle Ă©galement Les RĂ©publicains en la personne d’un des innombrables candidats Ă  la primaire de ce parti, soit Bruno Le Maire, rappelant le « choix dramatique » de celui-ci de laisser supprimer les quotas laitiers lorsqu’il Ă©tait ministre de l’agriculture


Et comme plus c’est gros, plus ça passe, Manuel Valls ne s’est pas gĂȘnĂ© non plus pour rappeler qu’il « exigerait » des garanties concernant la santĂ© et l’environnement, impĂ©ratifs particuliĂšrement mis en danger par l’actuel manque de transparence du futur traitĂ©, tel que trĂšs partiellement connu de l’Opinion publique : « Je veux ĂȘtre trĂšs clair : (le traitĂ© de libre-Ă©change) ne pourra pas aboutir s’il n’apporte pas les garanties que le niveau d’exigence que nous avons en France pour la santĂ© et l’environnement de nos concitoyens sera maintenu. »
Certes, les belles dĂ©clarations d’intentions (comme leurs cousines les promesses politiques), n’engagent que ceux qui veulent bien les croire
 Mais il n’est pas interdit de rĂȘver. Au moins le temps d’un dimanche post-Ă©lectoral pour l’occasion si merveilleusement ensoleillé 

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