L’Institut Iliade a publiĂ© ce manifeste fort instructif, sous-titrĂ© Aux sources de l’identitĂ© europĂ©enne. DĂšs les premiĂšres pages, l’objectif est clairement Ă©noncé : dĂ©velopper l’idĂ©e d’une reconquĂȘte intellectuelle, politique et morale auprĂšs des EuropĂ©ens. Selon l’Institut, celle-ci pourra ĂȘtre entreprise si les concernĂ©s connaissent la riche histoire de leur continent et se rĂ©approprient leurs traditions.

Ce que nous sommes. Aux sources de l’identitĂ© europĂ©enne, sous la direction de Philippe Conrad, Ă©dition Institut Iliade / Pierre-Guillaume de Roux, 2018, 199 p. 20 euros, frais de port compris.

Ce que nous sommes. Aux sources de l’identitĂ© europĂ©enne, sous la direction de Philippe Conrad, Ă©dition Institut Iliade / Pierre-Guillaume de Roux, 2018, 199 p. 20 euros, frais de port compris.

AprĂšs une trĂšs belle introduction de Philippe Conrad, l’ouvrage se dĂ©coupe en trois parties : notre longue mĂ©moire, un regard europĂ©en sur le monde, combats d’aujourd’hui et de demain. Le livre se termine par l’intĂ©ressante conclusion de Jean-Yves Le Gallou, la prĂ©sentation des diffĂ©rents auteurs et de l’Institut Iliade. PrĂ©cisons d’emblĂ©e qu’il s’agit d’un ouvrage collectif regroupant douze invitĂ©s (journalistes, Ă©crivains, essayistes, professeurs d’universitĂ©).

Les interventions, consacrĂ©es Ă  divers sujets importants voire fondamentaux, proposent des rĂ©flexions pertinentes et pĂ©dagogiques. En effet, elles traitent – entre autres – de la GrĂšce, de Rome, de la chrĂ©tientĂ©, de la musique et du monde mĂ©diĂ©val. Le format du livre, moins de deux cents pages, et le bien-fondĂ© des contributions permettront sans nul doute de toucher un large public. AprĂšs chaque intervention, consacrĂ©e Ă  une thĂ©matique bien prĂ©cise, est proposĂ©e une liste d’ouvrages. C’est une excellente idĂ©e pour celles et ceux qui dĂ©sirent approfondir ledit sujet.

DĂšs les premiĂšres pages, de cet essai collaboratif original, le ton est donné : « Alors qu’elle dominait le monde sans partage au XXe siĂšcle, l’Europe, affaiblie par le grand suicide que fut sa guerre de Trente Ans 1914-1945, semble promise Ă  une disparition programmĂ©e au profit de masses humaines Ă  la croissance desquelles elle n’a cessĂ© de contribuer, au nom d’un universalisme humanitaire nĂ© des valeurs chrĂ©tiennes recyclĂ©es par les LumiĂšres, un discours droit-de-l’hommiste censĂ© s’imposer Ă  tous. »

ConcrĂštement, il existe une rĂ©elle menace, incarnĂ©e Ă  la fois par le mondialisme et le multiculturalisme, envers les peuples enracinĂ©s. La stratĂ©gie des dominants repose sur « les mensonges, les manipulations idĂ©ologiques et les appels Ă  la repentance » dans le but « de substituer le citoyen du monde dont ils rĂȘvent aux hommes enracinĂ©s dans un territoire et hĂ©ritiers d’une histoire et d’une culture spĂ©cifique. »

L’enjeu pour l’Homme est le mĂȘme depuis sa CrĂ©ation : savoir d’oĂč il vient, pour savoir oĂč il doit aller. À ce titre, il faut sans cesse redire que « l’enseignement de l’histoire, garant de la transmission d’une mĂ©moire nationale et civilisationnelle commune, constitue Ă©videmment un enjeu dĂ©cisif au moment oĂč les collĂ©giens sont invitĂ©s Ă  s’intĂ©resser Ă  la Chine des Huan ou Ă  l’Empire africain du Monomotapa plutĂŽt qu’à la France d’Ancien RĂ©gime. »

Effectivement, il est triste et regrettable de savoir que nos jeunes gĂ©nĂ©rations connaissent par cƓur les chansons de Booba, MaĂźtre Gims ou d’Orelsan (1), mais qu’elles ignorent tout de Clovis, Saint-Louis et Jeanne d’Arc. Un peuple amnĂ©sique ne mĂ©rite pas de continuer sa route. D’une maniĂšre gĂ©nĂ©rale, mĂȘme s’il le voulait, les forces du chaos le dĂ©truiraient en un rien de temps. VĂ©ritablement, un peuple sans passĂ© n’a aucun avenir.

De fait, et comme le rappelle pertinemment un des auteurs, « toute interrogation sur l’identitĂ© pose la question des origines ». Ainsi, il demeure essentiel de « redĂ©couvrir le miracle grec et l’hĂ©ritage de Rome, si familiers Ă  ceux qui nous ont prĂ©cĂ©dĂ©s il y a seulement quelques gĂ©nĂ©rations » et procĂ©der Ă  « la nouvelle lecture de notre Moyen Âge, pĂ©riode de gestation de la civilisation occidentale nĂ©e de la fusion rĂ©ussie des fondamentaux de la vieille Europe et du message chrĂ©tien venu d’Orient. »

Cependant, il convient de ne pas succomber aux charmes d’un romantisme bĂ©at ou de tomber dans un passĂ©isme incapacitant, car trop glorieux et donc difficile Ă  atteindre. Un des contributeurs prĂ©cise : « Il ne s’agit nullement de rĂ©duire la portĂ©e d’une civilisation Ă  la cĂ©lĂ©bration d’un passĂ© fantasmĂ©, mais de comprendre, Ă  travers l’éveil de la longue mĂ©moire, ce qu’un peuple possĂšde en propre, ce qui fonde sa matiĂšre spĂ©cifique d’ĂȘtre au monde et constitue la source de son gĂ©nie. »

L’Europe a, mais comme chaque continent ou espace de civilisation, ses caractĂ©ristiques et ses spĂ©cificitĂ©s. Il revient aux EuropĂ©ens de les vivre et de les incarner, sous peine de disparaĂźtre.

Pourtant et contrairement aux discours institutionnels « l’Europe n’est pas le produit d’une idĂ©ologie dont l’horizon se limite Ă  la promotion d’identitĂ©s plurielles et interchangeables : elle possĂšde un gĂ©nie propre aux racines plurimillĂ©naires. De leurs lointains aĂŻeux, les EuropĂ©ens n’ont pas seulement reçu un hĂ©ritage linguistique, mais une vision commune. Cet hĂ©ritage ne crĂ©e aucun droit : il oblige. Telle est aujourd’hui notre tĂąche : revendiquer ce que nous sommes. »

Il convient de rappeler une Ă©vidence dans ce projet de reconquĂȘte : « Il ne s’agit pas d’affirmer dans l’absolu la supĂ©rioritĂ© de notre civilisation sur les autres, il s’agit de refuser toute forme de repentance. »

Les EuropĂ©ens ne doivent pas s’accuser ou s’excuser d’avoir portĂ© trĂšs haut le flambeau de la civilisation pendant des siĂšcles. Il importe « de respecter notre civilisation, d’en reprendre le fil, d’en enrichir les traditions et de les transmettre Ă  nos descendants. Bref de refuser la table rase et le Grand Remplacement gĂ©nocidaire. »

Dans La Crise de l’Esprit, Paul ValĂ©ry avait Ă©crit en 1919, au lendemain de la tuerie de 14-18 : « Nous autres, civilisations, nous savons maintenant que nous sommes mortelles [
] Et nous voyons maintenant que l’abĂźme de l’histoire est assez grand pour tout le monde. Nous sentons qu’une civilisation a la mĂȘme fragilitĂ© qu’une vie. »

Il n’existe pas d’autres alternatives : mourir ou renaütre ? Mon choix est fait : renaütre. Mais à condition de savoir ce que nous sommes


Note

(1) Orelsan a reçu en 2018 trois Victoires de la musique : meilleur clip pour Basique, meilleur album de musique urbaine pour La fĂȘte est finie, artiste masculin de l’annĂ©e. Cela en dit long et nul besoin de commentaire pour manifester notre dĂ©sarroi.

 

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