Apocalypse Island : c’est ainsi qu’un rĂ©dacteur de Lewrockwell.com nomme la Nouvelle-ZĂ©lande. Le paradis tempĂ©rĂ© du Seigneur des Anneaux est devenu depuis une dizaine d’annĂ©es une capitale immobiliĂšre d’un genre particulier : on achĂšte des Ăźles hors de prix, des grandes propriĂ©tĂ©s, des haciendas comme en Patagonie. Mais la Nouvelle-ZĂ©lande, prĂ©cise l’article, est avantagĂ©e car son archipel est loin de tout (la Patagonie n’est qu’à deux mille kilomĂštres du populeux BrĂ©sil ou de Buenos Aires
) et qu’il ne figure pas sur les cibles nuclĂ©aires.

Le cinéaste Peter Jackson a joué un rÎle aussi ici en filmant ce paradis pseudo-médiéval propre à attirer les milliardaires en mal de résidence secondaire eschatologique. Les plus négligents oublieront de lire Jared Diamond et sa description du massacre cannibale des ßles Chatham : toute une tribu fut exterminée et dévorée au début du XIXe siÚcle par ses voisins maoris (1).

On sait qu’en Patagonie, les Soros, Benetton, Joe Lewis, Ted Turner (aujourd’hui tous bien vieux) ont achetĂ©, pour des raisons spĂ©culatives, sportives, esthĂ©tiques ou Ă©cologiques. Le fondateur de North Face Douglas Thompson avait mĂȘme coupĂ© le Chili en deux pour crĂ©er sa rĂ©serve Pumalin. Avec les gouvernements actuels, rien de plus simple ! Les bons Bush, eux, contrĂŽlent une partie du Pantanal paraguayen.

Cela fait longtemps que des blogueurs de la peur comme le sympathique Michael Snyder dĂ©crivent les mouvements de capitaux en direction du Pacifique. L’angoisse, la guerre nuclĂ©aire Ă  venir, les emportements de John McCain et des psychopathes nĂ©ocons, la fragilitĂ© financiĂšre europĂ©enne ou amĂ©ricaine, l’agressivitĂ© russophobe et les folies antichinoises nous dessinent un futur aux contours de moins en moins incertains : une bonne guerre d’extermination avec un parfum Ă©cologique propre aux Ă©lites qui nous contrĂŽlent. Jared Diamond parle aussi de ces ranchs du Montana remplis le week-end par les banquiers et les traders de Wall Street. Les Ăźles connues sont trop peuplĂ©es ou polluĂ©es comme Oahu (70 % de la population de l’archipel hawaĂŻen), donc on a tendance Ă  chercher le plus austral, prĂ©sumĂ© moins tiers-mondiste. On a achetĂ© aussi beaucoup du cĂŽtĂ© des Ăźles Fidji.

On peut voir l’affaire de trois maniùres.

Commençons par la plus rassurante : une marotte de riches dans un monde de plus en plus petit, oĂč il ne reste plus que ces Ăźles paumĂ©es et pas trĂšs belles (j’y ai vĂ©cu) pour se dĂ©fouler.

Ensuite, une peur de stars lucides ou de milliardaires convaincus que l’on va vers un bain de sang dans nos citĂ©s (voyez Rio ou Chicago).

Enfin une connaissance froide et certaine, liĂ©e Ă  un projet au long cours d’éliminer la plus grande partie de l’humanitĂ©, jugĂ©e trop polluante et incontrĂŽlable.

L’avenir nous le dira.

Note

Jared Diamond (Guns, germs and steel, chapter 2, p. 53). L’évĂ©nement eut lieu entre novembre et dĂ©cembre 1835. La tribu dĂ©vorĂ©e et transformĂ©e en rĂ©serve de viande Ă©tait celle des Moriori.

Vous avez aimé cet article ?

EuroLibertĂ©s n’est pas qu’un simple blog qui pourra se contenter ad vitam aeternam de bonnes volontĂ©s aussi dĂ©vouĂ©es soient elles
 Sa promotion, son dĂ©veloppement, sa gestion, les contacts avec les auteurs nĂ©cessitent une Ă©quipe de collaborateurs compĂ©tents et disponibles et donc des ressources financiĂšres, mĂȘme si EuroLibertĂ©s n’a pas de vocation commerciale
 C’est pourquoi, je lance un appel Ă  nos lecteurs : NOUS AVONS BESOIN DE VOUS DÈS MAINTENANT car je doute que George Soros, David Rockefeller, la Carnegie Corporation, la Fondation Ford et autres Goldman-Sachs ne soient prĂȘts Ă  nous aider ; il faut dire qu’ils sont trĂšs sollicitĂ©s par les medias institutionnels
 et, comment dire, j’ai comme l’impression qu’EuroLibertĂ©s et eux, c’est assez incompatible !
 En revanche, avec vous, chers lecteurs, je prends le pari contraire ! Trois solutions pour nous soutenir : cliquez ici.

Philippe Randa,
Directeur d’EuroLibertĂ©s.