« Nous devons combattre
pour la guerre culturelle en cours
sur tous les fronts,
de la rue Ă  l’universitĂ© et dans les assemblĂ©es »

À l’évidence, l’Europe, voire l’Occident, connaĂźt depuis quelques annĂ©es un virage Ă  Droite. TĂ©nor de la « Nouvelle Droite » suĂ©doise et compagnon de route du phĂ©nomĂšne Alt-Right, Daniel Friberg vient de publier un ouvrage oĂč il expose sa vision du dextrisme. Il a bien voulu rĂ©pondre aux questions de votre site prĂ©fĂ©rĂ©.

Europe Maxima : Daniel Friberg, pourriez-vous d’abord vous prĂ©senter Ă  nos lecteurs ?

Daniel Friberg : J’ai 39 ans et je suis SuĂ©dois. Titulaire d’une maĂźtrise en gestion, j’ai bĂąti une carriĂšre dans l’évaluation des entreprises et de la recherche Ă©conomique. Et bien sĂ»r, le plus important, j’ai une expĂ©rience du milieu de la droite scandinave depuis 23 ans. Je suis Ă©galement prĂ©sident du groupe de rĂ©flexion de la Nouvelle Droite scandinave Motpol depuis 12 ans, fondateur et PDG de de la maison d’édition Ă  tendance nĂ©o-droitiste, Arktos Media, et rĂ©dacteur en chef europĂ©en de la nouvelle sociĂ©tĂ© de mĂ©diat altright.com.

EM : De notre point de vue, la SuĂšde semble ĂȘtre actuellement en trĂšs mauvais Ă©tat. L’immigration de masse, les gender studies et mĂȘme le terrorisme islamique ont dĂ©figurĂ© un pays longtemps dirigĂ© par les libĂ©raux si nous sommes corrects. Quelle est la situation de votre pays en ce moment ?

Daniel Friberg : Elle est justement comme vous la dĂ©crivez, seulement en pire, car la dĂ©tĂ©rioration continue. À cet Ă©gard, je dirais que nous sommes dans des situations similaires dans tous les pays d’Europe occidentale. Mais en mĂȘme temps, la rĂ©sistance aux folles expĂ©riences libĂ©rales et marxistes culturelles se renforce Ă  un rythme rapide. Nous Ă©voluons vers une situation politique nouvelle et intĂ©ressante, avec l’effondrement des partis centristes et une polarisation politique accrue entre la gauche et la droite rĂ©elle. Cette polarisation obligera les gens Ă  choisir un camp, et c’est Ă  nous de montrer Ă  quel point les idĂ©es qu’ont nos ennemis pour le futur sont laides, et Ă  quel point les nĂŽtres sont attrayantes, et ce afin de gagner cette guerre culturelle.

EM : Dans votre livre, Le retour de la vraie droite (1), vous expliquez l’influence qu’a eue sur vous la « Nouvelle Droite » française. Comment l’avez-vous dĂ©couverte et qu’est-ce qui vous a plu chez elle ?

Daniel Friberg : J’ai dĂ©couvert pour la premiĂšre fois les idĂ©es de la « Nouvelle Droite » française au dĂ©but des annĂ©es 2000, lorsque j’ai trouvĂ© une traduction anglaise du Manifeste de la Nouvelle Droite écrit par Alain de Benoist et Charles Champetier (2). Cela m’a ouvert les yeux sur un tout nouveau monde d’idĂ©es et m’a fait rĂ©aliser Ă  quel point notre patrimoine intellectuel est riche. Peu de temps aprĂšs, j’ai assistĂ© Ă  une soirĂ©e de lancement pour l’édition allemande de Pourquoi nous combattons ?(3) de Guillaume Faye (plus tard publiĂ© par Arktos en anglais) et j’ai achetĂ© une copie signĂ©e. À ce jeune Ăąge, ce livre m’avait beaucoup impressionnĂ©, et j’ai dĂ©cidĂ© Ă  partir de ce moment-lĂ  que je serai un identitaire.

EM : Avez-vous eu d’autres influences ? Julius Evola semble vous avoir fortement influencĂ© ?

Daniel Friberg : Cela est vrai en effet. J’ai eu de nombreuses influences pendant mon passionnant voyage idĂ©ologique durant mon adolescence et au dĂ©but de la vingtaine, Julius Evola Ă©tant, avec son concept passionnant de « traditionalisme radical », l’une d’entre elles. D’autres influences importantes sont l’auteur amĂ©ricain Michael O’Meara, le Dr Tomislav Sunic et bien sĂ»r plusieurs des gĂ©ants de la « RĂ©volution conservatrice » comme Ernst JĂŒnger et Oswald Spengler. J’en oublie sĂ»rement bien d’autres; la liste pourrait s’allonger


EM : Pensez-vous que la mĂ©tapolitique soit un moyen d’influencer et de prĂ©parer nos compatriotes Ă  un changement politique. En France, le rĂ©sultat est clairement dĂ©cevant. Qu’en est-il de la SuĂšde ?

Daniel Friberg : Je crois que la mĂ©thode mĂ©tapolitique en elle-mĂȘme n’est pas Ă  blĂąmer pour son manque d’influence, mais plutĂŽt la façon dont elle a Ă©tĂ© appliquĂ©e par certains groupes. Nous devons ĂȘtre autocritiques et voir ce que nous pouvons amĂ©liorer. La mĂ©tapolitique n’est d’ailleurs pas suffisante – nous devons combattre pour la guerre culturelle en cours sur tous les fronts, de la rue Ă  l’universitĂ© et dans les assemblĂ©es.

En ce qui concerne la SuĂšde, tout le discours politique s’est considĂ©rablement portĂ© vers la droite au cours des dix derniĂšres annĂ©es, et des termes comme « Identitaire », « Grand Remplacement», « Alt-Right » – et mĂȘme « MĂ©tapolitique » ont fait leur chemin dans le dĂ©bat publique. En fĂ©vrier dernier, mon groupe de rĂ©flexion, Motpol, a accueilli la plus grande confĂ©rence Alt-Right d’Europe avec prĂšs de 400 personnes prĂ©sentes, dans le quartier le plus Ă  gauche au cƓur de Stockholm. C’est un exemple significatif des progrĂšs que nous avons rĂ©alisĂ©s.

EM : Selon vous, la mĂ©tapolitique est-elle une stratĂ©gie de « transformation graduelle ». Quand nous l’avons lue dans votre livre, ce qui nous est immĂ©diatement venu Ă  l’esprit Ă©tait « Avons-nous le temps ? » Pouvons-nous nous le permettre ?

Daniel Friberg : Nous avons toujours du temps pour la mĂ©tapolitique. Bien sĂ»r, pas au sens lent et progressif qui caractĂ©risait la mĂ©tapolitique gauchiste et subversive de l’École de Francfort et d’autres, ainsi que « la longue marche Ă  travers les institutions », puisque nous nous trouvons dans une guerre dĂ©mographique que nous avons jusqu’ici perdue. Mais pour gagner cette guerre dĂ©mographique, par la mise en Ɠuvre des politiques de remigration et d’augmentation des taux de natalitĂ© en Europe, la mĂ©tapolitique est un outil essentiel.

EM : Vous ne parlez pas de l’islam dans ce livre. Quelle est votre opinion sur ce sujet sensible ?

Daniel Friberg : Je considùre l’islam comme :

1) profondément non-européen dans son essence et sa moralité,

2) souvent hostile aux intĂ©rĂȘts europĂ©ens,

3) une force motrice, par ses attitudes impĂ©rialistes, derriĂšre la colonisation de l’Europe et le « Grand Remplacement » des populations europĂ©ennes autochtones. Bref, l’islam n’a pas sa place en Europe.

EM : Richard Spencer (4) et vous-mĂȘme avez travaillĂ© ensemble sur AltRight.com. L’Alt-Right appartient-elle Ă  la vraie Droite ? Croyez-vous qu’elle a eu une influence lors des derniĂšres Ă©lections amĂ©ricaines ? L’Alt-Right n’est-elle pas qu’un phĂ©nomĂšne amĂ©ricain ?

Daniel Friberg : Elle appartient trĂšs certainement Ă  la vraie Droite. La Droite alternative, ou Alt-Right, est nĂ©e en rĂ©action Ă  la fausse droite nĂ©oconservatrice dominante. Il est Ă©galement certain qu’elle a eu un effet sur la derniĂšre Ă©lection prĂ©sidentielle amĂ©ricaine, qui a Ă©levĂ© l’Alt-Right à son niveau actuel de notoriĂ©tĂ©. Par exemple, Hillary Clinton a mĂȘme ressenti le besoin de l’attaquer dans son fameux « Discours des dĂ©plorables (5) ».

Quant Ă  la question de savoir si c’est un phĂ©nomĂšne amĂ©ricain, je dirais que c’est un phĂ©nomĂšne international, principalement pour deux raisons. D’abord, les personnes qui participent aux activitĂ©s en ligne et hors ligne de l’Alt-Right sont rĂ©parties dans le monde entier. Le monde riche d’idĂ©es, oĂč l’Alt-Right trouve son inspiration et les fondements pour ses analyses, se fonde principalement sur des penseurs europĂ©ens, tels que ceux de la « Nouvelle Droite » française, de la RĂ©volution conservatrice allemande, des mouvements identitaires, etc.

EM : Qu’est-ce pour vous ĂȘtre EuropĂ©en ?

Daniel Friberg : Être d’ethnicitĂ© europĂ©enne. En d’autres termes, ĂȘtre membre de l’une des nombreuses nationalitĂ©s qui composent le bloc civilisationnel europĂ©en. Cela signifie aussi avoir une histoire commune, des racines civilisationnelles communes – et finalement un destin commun.

EM : Peut-on s’attendre à de nouveaux livres en français d’Arktos ?

Daniel Friberg : Absolument.

Propos recueillis, traduits et adaptés par Thierry Durolle

Notes

1 : Daniel Friberg, Le retour de la vraie droite, Arktos, 2017, 138 p., 12,71 €.

2 : Alain de Benoist et Charles Champetier, Manifeste pour une renaissance europĂ©enne. À la dĂ©couverte du GRECE, Son histoire, ses idĂ©es, son organisation, GRECE, 2000, 123 p.

3 : Guillaume Faye, Pourquoi nous combattons, Manifeste de la rĂ©sistance europĂ©enne, L’Æncre, 2001.

4 : Richard Spencer, figure de proue étatsunienne du phénomÚne Alt-Right, a été sous le feu des projecteurs durant la campagne américaine. Il nous accordé un entretien, cf. http://www.europemaxima.com/exclusif-lalt-right-sexprime-entrevue-avec-richard-b-spencer/ et nous avons traduit son manifeste en français, cf. http://www.europemaxima.com/ce-que-signifie-etre-alt-right-un-manifeste-metapolitique-pour-le-mouvement-alt-right-par-richard-b-spencer/

5 : Hillary Clinton avait choquĂ© une partie de l’AmĂ©rique lors de la campagne prĂ©sidentielle en affirmant que la moitiĂ© de l’électorat de Donald Trump Ă©tait composĂ©e de bigots, de racistes, de xĂ©nophobes et autres homophobes.

Article paru sur le site Europe Maxima.

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