Ce livre, sous-titrĂ© ou comment la Russie pourrait sauver la France, est Ă©crit par Anna Gichkina. Docteur Ăšs lettres diplomĂ©e de l’UniversitĂ© Paris-Sorbonne, elle nous propose un ouvrage sur EugĂšne-Melchior de VogĂŒe, sa vie et son Ɠuvre. Celui-ci est principalement connu pour son livre intitulĂ© Le Roman russe publiĂ© Ă  Paris en 1886. Cet opus rĂ©vĂšle Ă  l’ensemble de l’opinion française les richesses intellectuelles et spirituelles de la Russie. Il marque Ă©galement une date importante dans l’histoire littĂ©raire et politique de la fin du XIXe siĂšcle. Il contrbue surtout Ă  l’élection de son auteur, ĂągĂ© de tout juste quarante ans, Ă  l’AcadĂ©mie française en 1888.

EugĂšne-Melchior de VogĂŒe par Anna Gichkina.

EugĂšne-Melchior de VogĂŒe par Anna Gichkina.

DĂšs les premiĂšres pages de son ouvrage, Gichkina rappelle le contexte politico-historique français dans lequel Ă©volua VogĂŒe : « saturĂ©e et Ă©touffĂ©e non seulement par le pessimisme consĂ©cutif Ă  la dĂ©faite de 1871, mais aussi par le scientisme et le naturalisme, la sociĂ©tĂ© française ressent un besoin de renouveau dans tous les domaines de la vie ». Comme l’explique l’auteur, Le Roman russe « à sa parution connaĂźt un succĂšs immĂ©diat tant dans le milieu intellectuel qu’auprĂšs du grand public ». De fait, Gichkina a dĂ©cidĂ© d’organiser son Ă©tude en trois grandes parties : la France avant, pendant et aprĂšs la parution du Roman russe.

Les rĂ©sonances de cette publication furent nombreuses et variĂ©es : « de nouvelles formes romanesques dans la littĂ©rature, l’alliance franco-russe, le rapprochement culturel et intellectuel entre les deux pays, la russomanie du peuple, la russophilie des intellectuels, la renaissance de l’idĂ©alisme ». Toutefois et comme l’écrit l’auteur « peu de travaux particuliers furent consacrĂ©s » Ă  VogĂŒe et Ă  son travail intellectuel. La chose se rĂ©vĂšle assez paradoxale car « la personnalitĂ© EugĂšne-Melchior de VogĂŒe et son Ɠuvre ont toujours suscitĂ© un vif intĂ©rĂȘt dans le monde intellectuel français ».

Gichkina Ă©tablit une analogie entre la France d’aprĂšs 1870, vaincue, humiliĂ©e, occupĂ©e, pessimiste et la France contemporaine. Cette derniĂšre, selon l’auteur et nous approuvons son propos, « est en train de s’étouffer du vide spirituel, de l’absence de sens de toute chose, du chaos des idĂ©es, de la dĂ©structuration du systĂšme. La libertĂ©, mal comprise et ainsi excessive, devient elle aussi un grand problĂšme de notre sociĂ©té ». Pour Gichkina, le travail de VogĂŒe dans son Ă©poque permit Ă  la France de trouver des pistes de redressement. Elle pense que la Russie d’aujourd’hui peut offrir les mĂȘmes perspectives de rĂ©flexion et d’espoir. Cependant, elle reconnaĂźt elle-mĂȘme que 137 ans aprĂšs Le Roman russe, « la connaissance en France du monde russe demeure toujours trĂšs limitĂ©e. L’intĂ©rĂȘt pour ce grand pays mystĂ©rieux n’arrĂȘte pas de monter, mais encore faut-il qu’il ne soit pas hostile ». D’oĂč l’intĂ©rĂȘt de bien connaĂźtre et maĂźtriser les travaux de VogĂŒe, car ils participent Ă  une meilleure connaissance « de l’ñme russe ».

L’auteur nous permet Ă©galement de savoir qui fut VogĂŒe. Celui-ci appartient « à l’une de ces formidables familles, une des plus vieilles familles du Vivarais et une des plus nobles maisons de France, dont plusieurs membres sont Ă©minents ». La curiositĂ© de l’acadĂ©micien fut universelle : « littĂ©rature, archĂ©ologie, orientalisme, philologie ». Gichkina prĂ©cise « qu’il puise son Ă©rudition dans la tradition du XVIIIe siĂšcle, partagĂ©e entre rationalisme critique et mysticisme. Il privilĂ©gie spontanĂ©ment la culture classique. Son traditionalisme est humanisme. Son ouverture d’esprit est due Ă  sa formation ». Pour ĂȘtre le plus prĂ©cis possible, quant Ă  son apprentissage intellectuel, prenons le temps d’écrire qu’il acheva ses Ă©tudes chez les Dominicains Ă  Oullins dans le RhĂŽne. TrĂšs jeune, le vicomte dĂ©couvre le pays des tsars et des steppes avec le Voyage en Russie de ThĂ©ophile Gauthier : « ce livre marquera sa vie et son Ɠuvre ».

Au cours de l’un de ses sĂ©jours en Russie, « il fait la connaissance de la comtesse Sophie TolstoĂŻ, veuve du poĂšte Alexis TolstoĂŻ, femme instruite et spirituelle, qui oriente VogĂŒe dans ses lectures russes et l’encourage dans ses recherches littĂ©raires et historiques. C’est elle qui donne au vicomte l’idĂ©e de faire connaĂźtre les auteurs russes au public français ». VogĂŒe est enthousiasmĂ© par cette rencontre. GrĂące Ă  cette derniĂšre, il dĂ©couvre et apprĂ©cie grandement la littĂ©rature russe : « Il admire la profondeur des romans rĂ©alistes russes pour lesquels il se passionne malgrĂ© l’immensitĂ© du nouveau monde littĂ©raire oĂč tout Ă©tait Ă  dĂ©couvrir ». N’oublions pas que Le Roman russe s’inscrit dans « un engagement antinaturaliste ». Raison pour laquelle, Émile Zola voulut donner la rĂ©plique Ă  VogĂŒe dans Le Figaro en 1892. En effet, VogĂŒe marque ses diffĂ©rences idĂ©ologiques profondes avec le courant naturaliste, alors trĂšs dominant en France, car il voit dans celui-ci « un nihilisme sous-jacent ». VogĂŒe se veut chrĂ©tien et ne s’en cache pas dans ses Ɠuvres. Il sera toujours un patriote.

Nonobstant la dĂ©bĂącle impĂ©riale de NapolĂ©on III Ă  Sedan, il reste pro-français : « ses premiĂšres opinions patriotiques commencent Ă  se former Ă  son retour de la captivitĂ© allemande. Le futur attachĂ© d’ambassade ne saura jamais oublier le traumatisme de l’étĂ© 1870 qui a laissĂ© dans son cƓur une si douloureuse empreinte ». Ses recherches intellectuelles et sa dĂ©couverte de la Russie l’inclinent Ă  penser qu’il a reçu une mission : « montrer au peuple français la Russie dans sa splendeur et sa grandeur. La rencontre avec le monde russe change non seulement la vie personnelle du vicomte, mais aussi sa vie professionnelle, en faisant de lui l’ambassadeur des lettres russes en France ». Gichkina prĂ©cise nĂ©anmoins que VogĂŒe « reste fidĂšle Ă  sa patrie et qu’il n’est pas aveuglĂ© par son amour de la Russie. Le monde russe lui apparaĂźt comme un moyen d’aider la France Ă  sortir de la crise de l’aprĂšs-guerre et Ă  retrouver son Ă©quilibre littĂ©raire et spirituel. Ainsi Ă©tudier la Russie Ă  cette Ă©poque lui semble une maniĂšre de servir la France. »

Ce livre dense et pertinent nous fait revivre les joies, les doutes, les peines et les projets de VogĂŒe. Mais, il ne s’arrĂȘte pas seulement sur la seule figure du vicomte. Cet ouvrage revient Ă©galement sur la littĂ©rature française et ses diffĂ©rentes Ă©coles : naturalisme, pessimisme, optimiste, constructiviste, historique. Gichkina Ă©voque naturellement la littĂ©rature russe et son impact sur la sociĂ©tĂ© française d’alors. Elle traite aussi des grands auteurs russes, DostoĂŻevski, Tourgueniev, TolstoĂŻ, de leurs idĂ©es et de leurs influences, rĂ©elles ou supposĂ©es, en Russie et en France. Finalement, ce livre pose en rĂ©alitĂ© trois questions fondamentales : quel est l’apport majeur de ce patriote français russophile, oubliĂ© jusque-lĂ  par son propre pays ? Pourquoi son Roman russe reste toujours d’actualitĂ© dans cette France du XXIe siĂšcle ? Est-ce que la Russie peut aider la France dans sa volontĂ© de redressement ? Les idĂ©es dĂ©veloppĂ©es par Gichkina sont, dans l’ensemble, rĂ©ellement profondes et pertinentes. Elles ne satisferont pas tous les lecteurs, mais elles auront le grand mĂ©rite d’ouvrir un dĂ©bat dans notre pays Ă©touffĂ© par la pensĂ©e unique, oĂč la rĂ©flexion et la confrontation des idĂ©es n’existent plus. Ce livre concourt Ă  la fois Ă  une meilleure connaissance de VogĂŒe, de la littĂ©rature française et russe. Il offre aussi un vent d’optimisme Ă  un peuple français qui en manque tant et rappelle que le passĂ© apporte des rĂ©ponses aux questions contemporaines, Ă  condition d’ĂȘtre tournĂ© vers le futur.

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