1 février 2017

Le Schisme Silencieux

Par Alexis Arette

 

Lorsque Nostradamus traita, dans ses « Centuries », du Pape Benoît XVI, il écrivit qu’il serait « très peu Romain » ! Je pensais qu’il pouvait faire allusion à son origine allemande, ou, la pire des choses, qu’il serait hérétique par rapport à la tradition Romaine ! Or, cela signifiait tout simplement qu’il ne serait pas longtemps à la tête de l’Église. L’hérésie était d’ailleurs invraisemblable de la part de celui qui, en tant que cardinal, avait été un tel défenseur de la tradition, qu’il s’était rendu suspect aux yeux du secteur « progressiste » de l’Église.

C’est ainsi qu’après la publication de l’Encyclique Humanae Vitae par le Pape Paul VI, cette Église « avancée » (j’emploie le terme comme on parle des viandes « avancées »…) avait à ce point manifesté sa désapprobation, que le cardinal Etchégaray avait pu dire : « Nous assistons à un schisme silencieux. »

On avait jusqu’alors évoqué le « schisme » du secteur « traditionnaliste » conduit par Monseigneur Lefebvre, jugeant le Concile en partie hérétique. Mais enfin, si l’on veut bien considérer l’histoire de l’Église, on constate qu’elle dut affronter dès l’origine une foule d’interprétations diverses des Évangiles, et de la Bible hébraïque, que l’on connaît sous le nom de « Gnoses ». Le terme signifie : « Connaissance », ce que ces mouvements prétendaient détenir, alors qu’ils s’essayaient en fait à interpréter les textes obscurs en traitant leurs mystères par beaucoup d’imagination. Ces diverses tendances, allaient de l’extrême mysticisme, avec le refus de la sexualité, jusqu’aux licences les plus viles. Le Manichéisme lui, fut un concurrent plus direct, et son aspect moral séduisit un instant Saint Augustin. On en retrouvera des traces jusqu’au IIIe siècle, avec les Bogomiles et les Cathares.

Le Nestorianisme lui, considérait que le Christ avait deux natures, et que c’était seulement sa nature humaine qui avait été crucifiée. Le Nestorianisme eut une influence missionnaire considérable dans les pays orientaux, et il aurait réussi à introduire la conception trinitaire jusqu’en Chine ! Mais ce fut l’hérésie Arienne qui ne reconnaissait le Christ que comme un Dieu « subordonné », ce qui était mieux accepté par les païens que le mystère de La Trinité, qui fut sur le point de l’emporter, car une hérésie est d’autant plus dangereuse qu’elle contient une part de vérité : On a prétendu que même le Pape douta, et que l’empereur Constantin, qui pourtant avait officialisé le christianisme, aurait hésité sur son lit de mort !

Mais ce fut après le catharisme, rapidement circonscrit, mais qui ravagea le Languedoc, la Réforme qui cassa la chrétienté, par des guerres inexpiables, dont on a dit qu’elle causa la mort d’un tiers de la population des Allemagne.

La révocation de l’Édit de Nantes devait ensuite provoquer le ralliement des protestants à la Révolution française, qui, suivant l’historien protestant Pierre Chaunu, fit en 4 ans plus de victimes que n’en avait faites l’inquisition en quatre siècles !

Avec le recul, il est permis de conclure qu’il y eut d’immenses malentendus, à laquelle une meilleure connaissance de l’Histoire eut permis de remédier. Mais Luther qui refusait toute interprétation « symbolique » de la Bible pour s’en tenir à la lettre, avait sacralisé la violence, sur la base des guerres exterminatrices, prétendues saintes, de Moïse et Josué contre les populations Cananéennes !

L’avancée des sciences aussi eut dû faire réexaminer les textes, mais elle allait dériver vers un « scientisme » antireligieux, qui durerait jusqu’à une époque récente, et qui allait trouver un semblant de justification dans le « cléricalisme » d’une église fortement compromise avec l’autoritarisme de l’État.

En effet, la Monarchie somptuaire, et dite « de droit divin », avait pris le pas sur la Royauté populaire des origines, et les intrigues et les licences de la « Cour » allaient y ajouter.

Le « scientisme » pervertit même la Maçonnerie, qui, à son stade opératif avait été chrétienne. En sus, dès qu’il y eut collusion entre la Maçonnerie devenue spéculative et la Haute finance, le doute religieux devint une sorte d’élégance, et déjà, lorsque Louis XVI devint roi, l’Église s’interrogea sur la nécessité du sacre !

Et l’évolution de la « libre-pensée » fut telle qu’un siècle après, le Grand Orient abandonna jusqu’à la notion déiste du « Grand Architecte de l’Univers » pour s’ouvrir au laïcisme antichrétien.

Le « satanisme » serait l’ultime évolution du courant libéral. Et le général américain Pike, en liaison avec la « charbonnerie » italienne (qui rêvait d’installer un pape maçon au Vatican) se prononça clairement pour le culte démoniaque, à cette nuance près, que, répudiant le nom qu’il jugeait péjoratif de Satan, il faisait obédience à « Lucifer » considéré comme le « porte lumière. »

Sous l’influence des idées libérales, et sans doute sous l’influence de la politique de Léon XIII, qui ne libéra l’église de la Monarchie que pour la faire tomber dans l’orbe républicain (Le « Ralliement ») allait se constituer le courant démocrate-chrétien, qui connut des fortunes diverses, jusqu’à l’apostasie publique de Jean Lecanuet, qui fit voter le « meurtre prénatal » tenu pour « abominable » par la tradition de l’Église.

Mais le « progressisme » filiale du « modernisme » s’était durablement installé dans l’Église, de sorte que le Pape Paul VI, qui un instant avait paru favorable à ce courant, fut obligé de dénoncer les « fumées » de Satan, qui avaient pénétré le Concile, jusqu’à le rendre très équivoque.

Le « schisme » de Monseigneur Lefebvre allait en découler. Mais aujourd’hui, en demandant « La réforme des réformes », une grande partie de l’Église, africaine en particulier, remet en cause l’ambiguïté de certaines déclarations Conciliaires…

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Très haut dignitaire de la Maçonnerie (mais apparemment très croyant, ce qui fera l’objet d’un commentaire particulier), Michel Baroin avait donné des précisions sur l’état de l’Épiscopat français en affirmant que les trois quarts des Évêques appartenaient aux loges, et que le quart restant n’y avait point adhéré à cause de la constitution du Parti communiste qui excluait la « double appartenance ». S’il est certain que le propos était très exagéré, il dénotait tout de même un certain état d’esprit. Notons que depuis, la constitution du Parti communiste a été modifiée, et que malgré la condamnation de la Maçonnerie réaffirmée par l’Église, il est possible qu’il existe aujourd’hui des évêques qui soient à la fois marxistes et francs-maçons ! Le « schisme silencieux » dénoncé par Monseigneur Etchégaray existe donc.

Après la chute par manque de lecteurs de Témoignage chrétien, journal le plus représentatif de la tendance, le spectre de la démocratie-chrétienne subsiste encore, grâce à quelques feuilles locales qui se prévalent du « centrisme », mais qui en fait appartiennent à des éditions « gauchistes », qui les font subsister afin de ratisser large.

Il y a peu, un journaliste des Pyrénées-Atlantiques me confessait les difficultés qu’il avait avec un de ses supérieurs qui voulait à tout prix le recruter pour sa « Confrérie ».

Aujourd’hui, il semble que ce soit la revue Golias qui ait pris le relais de la lutte contre la tradition et qui sonne la charge contre les évêques qui manifestent leur opposition au « schisme silencieux ».

La revue est dans la position que l’Église « moderniste » avait prise dans la guerre d’Algérie en soutenant le FLN, c’est-à-dire en participant de façon indirecte aux atrocités de la barbarie coranique, comme le dépeçage de nos prisonniers, afin de les faire souffrir le plus longtemps possible.

Le ministre Michelet fut un de ces forbans. Il est significatif que l’Église de la trahison ait réussi à introduire une procédure de béatification en faveur de ce monstre !

C’est en considérant ce climat qu’il faut tenter de voir clair dans les positions prises par le Pape François. Transpose-t-il sur la situation internationale les positions « anti-françaises » des « modernistes » durant la guerre d’Algérie ?

De même que ceux-ci ne dénonçaient que les exactions françaises, pour gommer les horreurs mahométanes, n’assistons-nous pas à une sorte de « sacralisation » des musulmans, qui ne fait pas entrer dans le débat les horreurs inouïes que les Coraniques estiment être la loi divine ?

L’apparence de la complicité papale avec l’islamisme est telle qu’un chrétien doit obligatoirement se souvenir de la terrible prophétie de Notre-Dame à La Salette : « Rome perdra la foi et deviendra le siège de l’Antéchrist » !

Aussi, je me pose la question et me la pose en chrétien soucieux de son Église : « Rome est-elle encore dans Rome ? »

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Philippe Randa,
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