11 juin 2020

De la procrastination de nos gouvernants

Par Jean-Pierre Brun

Il m’est souvent reproché une légèreté de ton dans mes propos. D’aucuns stigmatisent même une propension à parler pour ne rien dire. La période de confinement m’a permis d’analyser en toute objectivité ce fâcheux travers. Au sortir de cette retraite providentielle, il m’apparaît indispensable de faire amende honorable (au-delà même de celle des 135 euros due pour toute infraction à la distanciation sociale). Je ne traiterai désormais que de sujets on ne peut plus sérieux.

procrastination

J’ai donc décidé de souligner aujourd’hui un mal qui affecte notre société. Mal hélas trop insidieux pour l’inquiéter vraiment. Je veux parler de la procrastination.

Est atteint de procrastination l’individu qui remet au lendemain ce qu’il devrait faire le jour même. En être atteint ne signifie pas pour autant ne rien faire. Bien au contraire, le sujet se laisse étourdir dans une ronde effrénée d’activités pour peu qu’elles soient accessoires et totalement étrangères à celle qui devrait pourtant être sa priorité.

Le monde politique constitue dans ce domaine un champ expérimental particulièrement riche. Alors que l’État est depuis des lustres, victime de carences décisionnelles génératrices de dysfonctionnements constants dans ses services régaliens, ses mandataires s’imposent des priorités toutes virtuelles. Celles-ci donnent ainsi l’illusion d’une louable action réformatrice, suffisamment chronophage pour justifier le report sine die du traitement de l’essentiel.

Un exemple ? Le temps passé et les moyens consacrés à un démantèlement de la structure familiale traditionnelle et à son remplacement protéiforme en est la manifestation la plus éloquente. Ainsi lorsque les forces de police sont utilisées à maîtriser les vagues polluantes de la Manif pour tous, elles ne peuvent être déployées pour rétablir le droit dans des zones qui justement n’en bénéficient plus. Nos procrastineurs gouvernementaux se persuadent d’œuvrer ainsi au maintien de la paix sociale alors qu’il conviendrait urgemment de la rétablir. Nuance importante que leur indolence chronique refuse d’admettre.

Selon nos pères il ne faut jamais remettre à demain ce qui doit être fait le jour même. Remettre à deux mains ! Déplorable homophonie… Comment Benjamin Griveaux, secrétaire d’État auprès du Ministre de l’Économie et des finances a-t-il pu croire un seul instant pouvoir d’une seule poigne, quelle qu’en soit la vigueur en d’autres circonstances, effectuer une tâche qui nécessite impérativement l’utilisation des deux mains. En effet, comment manier autrement la pelle indispensable au comblement du trou creusé par la dette ? C’est sans doute là l’origine de l’expression triviale « travailler comme un manche. »

Des études cliniques menées à leur terme laissent entrevoir une relation entre la procrastination, et un affaiblissement de l’estime de soi. Il en résulterait une anxiété chronique génératrice d’une impulsivité visant à masquer les faiblesses de l’individu. Ces carences pourraient trouver une origine dans un apprentissage défectueux de cette estime de soi encore embryonnaire. Il convient toutefois de noter chez certains, cette fuite en avant qui les pousse à se prendre pour ce qu’ils ne sont pas : César, Napoléon, voire de Gaulle lui-même.

Personnellement j’en connais un qui ne cesse de méditer sur la traduction en langue vernaculaire de son patronyme biblique « Emmanuel » : « Dieu parmi nous ». Quoi qu’il en soit, c’est vraisemblablement ce doute quant à leur propre estime qui explique la tendance qu’ont de nombreux hommes d’État à compenser ces manques par une gestuelle impulsive, digne des plus grands bateleurs d’estrade et autres personnages de la Comedia dell’Arte.

Selon certains caractérologistes le groupement « E.N.A » pourrait permettre la classification de cette déviance comportementale qui donne trop souvent une apparence trompeuse d’activité soutenue. Faut-il préciser que pour ces chercheurs « E.N.A » est l’acronyme de « Émotif Non Actif ». Troublante coïncidence que ne manqueront pas d’exploiter les contempteurs de notre prestigieuse école d’administration.

Des travaux récents tendent à classer le personnel politique dans les populations à risque. L’un des marqueurs utilisés est l’indice de fréquentation des hémicycles parlementaires de la République française et de l’Union européenne. Il révèle crûment une addiction au confinement qui depuis des années, pousse bon nombre de leurs membres à les déserter (le Covid 19 n’y est malheureusement pour rien).

Les lecteurs que le sujet intéresse pourront consulter les ouvrages des psychologues Walter Mischel (Leland Stanford Junior University) et René Le Senne (Académie des sciences morales et politiques) et ceux des sociologues Henri Salvador (« Le travail c’est la santé ») et Georges Moustaki (« Le droit à la paresse » et « Lazy Blues »).

N’ayant aucune compétence particulière en la matière et par conséquent ne pouvant être taxé d’un quelconque manque d’objectivité, qui mieux que moi pouvait l’aborder en toute liberté.

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