Alain et Stéphane
La faculté de droit d’Assas dans les années 1972/1973. Le GUD défend un territoire que convoitent les facultés de la Sorbonne, de Jussieu, de Tolbiac aux mains des nombreux groupes gauchistes de cette époque : maoïstes, trotskystes, communistes, anarchistes assaillent Assas avec zèle. Seule une bonne organisation et des militants toujours présents en nombre, permettent d’empêcher les groupes gauchistes de pénétrer dans la faculté d’Assas. La période est encore violente, sensible, et porte les séquelles d’un mai 68 alors tout proche.
A côté du GUD est arrivée une autre organisation : le GAJ (Groupe Action Jeunesse), de la mouvance solidariste, créé par des anciens membres du GUD et d’Ordre Nouveau. La cohabitation, parfois difficile, n’empêchait pas localement les échanges et la communauté de pensées entre GUD et GAJ.
C’est dans ce contexte qu’Alain Orsoni et Stéphane Zannetacci arrivent en même temps, l’un au GUD, l’autre au GAJ ensuite. On se souvient d’Alain Orsoni, dont les activités en Corse étaient déjà connues ainsi que son attachement profond à son île. Farouche indépendantiste, il militait avec son cousin Versini dans la mouvance nationaliste corse et se retrouvait dans le mouvement nationaliste auquel le GUD appartenait. Il serait anachronique d’évoquer ici les moments passés et les services qu’il rendit à plusieurs militants du GUD. Il repartit assez vite en Corse où son cœur et sa foi militante l’appelaient. Sa « carrière » en Corse et ses pérégrinations de par le monde sont connues par la presse qui s’est souvent faite l’écho de ses actions de toute sorte.
C’est avec tristesse et une mélancolique mémoire qu’on a appris l’annonce de son assassinat par balle lors des obsèques de sa mère lundi 12 janvier. Une page s’est tournée après une vie bien remplie, pleine d’aventures, de violence et de fortes convictions.
Au GAJ, il y avait aussi Stéphane Zannetacci, et l’assassinat d’Alain Orsoni a opéré comme un retour de 50 ans en arrière, lorsque l’un et l’autre avec les militants du GUD se côtoyaient dans une même recherche d’idéal et une volonté d’aller jusqu’au bout de leurs idées. Que de discussions tardives eurent lieu avec lui qui portait dans ses yeux une sorte d’illumination que seule une foi peut donner. Mais pour Stéphane, la fin fut beaucoup plus rapide. Comme une centaine de militants nationalistes, il s’engagea dans les Phalanges chrétiennes pour aller combattre au Liban. Au bout de quelques mois, il est tué en 1976. Il avait 22 ans.
Voilà deux destins, deux engagements, qu’on ne peut que saluer et porter au rang de camarades qui, eux, eurent le courage d’assumer leurs idées et d’y laisser leur peau.
Requiescant in pace.
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