19 mai 2020

Une mesure de bon sens

Par Georges Feltin-Tracol

L’oracle de l’Élysée a parlé : le 11 mai, en fonction d’une carte de France bicolore qui ne doit rien à l’évanescent Benjamin Griveaux, crèches et établissements de l’enseignement élémentaire pourront rouvrir, sauf opposition manifeste des équipes éducative, administrative et technique ainsi que des maires.

Le régime macronien ne s’inspire pas des déconfinements en cours chez ses voisins européens. En Espagne et en Italie, enfants et adolescents restent à la maison. En Allemagne, ce sont les élèves les plus âgés qui passent les examens de l’Abitur, leur baccalauréat. Cette étrange priorité hexagonale souligne la nécessité sous-entendue de remettre une grande partie de la population active au boulot. Sous prétexte de combattre un décrochage scolaire bien réel dû souvent à un sous-équipement informatique et à un désintérêt compréhensible, les autorités françaises offrent aux familles volontaires ou censées l’être une forme de garderie améliorée.

La réouverture des locaux scolaires oblige par ailleurs ces « fainéants » de professeurs « en vacances prématurées » depuis le 15 mars de reprendre le chemin du travail malgré les risques évidents d’une nouvelle vague pandémique. Celle-ci entraînera un nouveau confinement estival en attendant un troisième à l’automne…

Le gouvernement a donc tranché entre le regain possible du covid-19 et l’aggravation de la situation économique. Il paie – et la France avec lui – l’imprévoyance de tous ses prédécesseurs depuis trente-cinq ans. L’augmentation du nombre de places en crèches jamais satisfait s’explique par la prédominance mentale du féminisme. Vraie « célibatante », la femme d’aujourd’hui veut connaître la joie et les vicissitudes de la servitude salariale. Sa présence favorise au même titre que l’immigration un taux de chômage élevé et une baisse tendancielle des rémunérations.

Les féministes ont beau protester contre l’absence de parité au moins sur la fiche de paie, ces harpies contemporaines oublient que le destin de la femme demeure la maîtrise de la famille et de la maisonnée. La société ultramoderne fluide et mouvante ne reconnaît plus cette fonction essentielle. En 1985, dans La France est de retour (Carrère – Michel Lafon Éditions 13), Jean-Marie Le Pen affirmait que « les transferts sociaux par allocations familiales diverses seront accrus et simplifiés par la définition d’un véritable revenu maternel (y compris un droit à la retraite). Cette disposition sera, d’une part, la reconnaissance du rôle éminent que les mères jouent dans une nation et, d’autre part, le choix délibéré d’un développement personnel et non collectif : il est pour nous absurde par exemple que l’on développe les crèches pour un coût social et économique supérieur à une éducation parentale ; cette démarche collectiviste est une des marques de la socialisation rampante de notre pays. La solidarité pour la mère au foyer et les familles nombreuses est naturelle et parfaitement justifiée économiquement : les enfants élevés par l’effort de certains sont les travailleurs de demain pour toute la collectivité. En outre, les femmes recevant ce salaire maternel se retirent du marché du travail et ne pèsent plus comme chômeuses »(p. 212). Les faits présents confirment encore une fois cette mesure de bon sens.

Le revenu maternel (ou revenu paternel ou même revenu familial) aurait évité aux élus locaux de 2020 le dilemme entre rouvrir des espaces scolaires et parascolaires et relancer l’épidémie de covid-19. Certes, de beaux esprits qui approuvent maintenant le projet d’allocation universelle…, estiment que le revenu maternel alourdirait les dépenses publiques. Quelle argutie fallacieuse !

Sa réalisation s’accompagnerait d’une remise en cause totale des flux migratoires extra-européens et d’un arrêt immédiat de la « subventionnite » aiguë. Son financement proviendrait des aides octroyées à la presse du Système, aux syndicats domestiqués, aux associations parasitaires et aux partis politiques décomposés. Les ressources financières sont dès à présent disponibles. Il ne manque que la volonté politique.

Par la faute, il y a trois décennies, des Français qui se détournèrent de cette proposition longtemps phare du programme du Front national, bien des familles seront contaminées d’ici la fin mai et le début du mois de juin. Dans le contexte actuel d’hystérie féministe, le revenu maternel reste certes inenvisageable. Mais si le coronavirus se révèle être le Tchernobyl français et/ou européen et Emmanuel Macron un Gorbatchev tricolore, cette mesure audacieuse pourrait fort bien s’appliquer dans un nouveau cadre social révolutionnaire parce que traditionnel.

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