9 juin 2016

Libéralisme et droit de grève

Par Philippe Delbauvre

 

Les hommes, bien souvent, au motif qu’ils vivent le quotidien, en oublient les grands courant qui font l’histoire majeure. C’est ainsi que bien souvent, le communisme fut oublié, alors même que son impérialisme était flagrant depuis 1917. Il en est de même pour le libéralisme depuis les années 70. Pas un hasard si Milton Friedmann et Friedrich Hayek, deux théoriciens capitalistes, obtinrent le prix Nobel d’économie. On ne s’étonnera donc pas de l’arrivée au pouvoir peu après de Margaret Thatcher en Angleterre en 1978, puis de Ronald Reagan aux USA en 1980.

Or, le libéralisme, présent donc depuis une quarantaine d’années, commence à s’essouffler. En tant que tel, les contempteurs du Système qui prône davantage de libéralisme sont en retard sur l’histoire. Plus exactement, ils ne sont pas visionnaires.

C’est un article de Pieter Kerstens(1) qui m’a fait prendre la plume. Il est homme charmant et très bon camarade pour les uns et les autres. Il indique dans son article que liberté du travail prime droit de grève.

Sur les excès en matière de grève, on lira avec profit l’ouvrage de Victor Scherrer : La France paresseuse(2). S’il commence à dater, le livre montre bien les excès syndicaux de l’époque.

Encore faut-il noter que naguère les grèves étaient conquérantes, alors qu’aujourd’hui, elles sont défensives. Il ne s’agit donc plus d’obtenir davantage, mais de maintenir ce que l’on a. En tant que tel, les grèves sont beaucoup moins condamnables aujourd’hui que dans le passé.

Autre aspect, on commence à constater où mène la liberté en matière de travail. Ainsi, ces caissières qui sont payés 800 euros par mois au seul motif qu’elles ont un temps partiel, ce qu’elles ne désirent d’ailleurs pas. Le même problème appert souvent pour les employés de librairie. Et dans les revues économiques, on découvre les propositions sur la fin du SMIC, du RSA, des diverses allocations (familiales et de logement par exemple).

Ce qu’en revanche on PEUT regretter, c’est bien souvent que la grève est l’œuvre de ceux qui ont la sécurité d’emploi, reconnaissons-le.

Encore une fois le libéralisme s’essouffle et toute une partie des travaux du « Rendez-vous de Béziers » apparait ainsi comme déjà dépassée. Le nouveau mouvement d’idée qui monte n’est autre que celui de la sécurité (à tous les sens du terme) et vient remplacer celui de la liberté.

Soyons donc visionnaires plutôt que rafistoleurs d’un monde déjà dépassé.

Notes

(1) http://www.francepresseinfos.com/2016/06/le-droit-de-greve-cest-bien-mais-la.html

(2) https://www.amazon.fr/France-paresseuse-Essai-Victor-Scherrer/dp/2020146088