Au lendemain du concile Vatican II, se dĂ©veloppa dans l’Église occidentale la stratĂ©gie de l’enfouissement. Convaincue que dĂ©sormais le monde Ă©voluait dans le bon sens il suffisait Ă  ses yeux, Ă  l’abri des critiques anticlĂ©ricales de son passĂ© traditionaliste, de se laisser porter par le courant bienfaisant du syncrĂ©tisme ambiant, et surtout de ne rien faire pour le contrarier. Ce Gulf Stream spiritualiste porterait tout naturellement l’humanitĂ© jusqu’aux portes du Royaume des Cieux ou du moins jusqu’à celles de Katmandou.

Quelques prĂ©lats rĂ©trogrades eurent beau rappeler certaines paraboles Ă©vangĂ©liques comme celle des talents ou de la lumiĂšre sous le boisseau, rien n’y fit ! Les prĂȘtres jetĂšrent leurs soutanes et leurs surplis trop ostentatoires aux orties. La liturgie, jugĂ©e exagĂ©rĂ©ment dispendieuse, fut rĂ©duite Ă  sa plus simple expression. L’harmonium cĂ©da la place Ă  une guitare aussi Ă©lectrique qu’éclectique. Jean-SĂ©bastien Bach battit en retraite devant les compositeurs du negro-spiritual belgo-normand. Les Ă©glises se vidĂšrent alors comme les intestins d’un nourrisson diarrhĂ©ique. Certes, Jean-Paul II condamna officiellement cette stratĂ©gie mortifĂšre. Fallait-il encore qu’il fĂ»t Ă©coutĂ© car que reprĂ©sente encore l’autoritĂ© pontificale dans un monde acquis au matĂ©rialisme et au relativisme dĂ©sinhibant.

Les sept trappistes de Tibhirine, tués en mai 1996.

Les sept trappistes de Tibhirine, tués en mai 1996.

Pendant ce temps, l’Église catholique d’AlgĂ©rie, sous la conduite de bergers islamo-compatibles, s’enfouissait, telle la taupe, mais encore plus myope qu’elle, auprĂšs des palais officiels pour ne pas leur faire la moindre ombre. Mission parfaitement rĂ©ussie si l’on se rĂ©fĂšre Ă  son bilan actuel comparĂ© Ă  celui des Ă©vangĂ©liques qui baptisent Ă  tour de bras au point d’inquiĂ©ter les instances politiques du pays.

Cette vague de conversion, Ă©trangĂšre Ă  toute Ă©vangĂ©lisation catholique, ne conduirait-elle pas, par exemple, de plus en plus de BerbĂšres Ă  redĂ©couvrir la religion de leurs ancĂȘtres, celle des Tertullien, Cyprien, Augustin ou autres papes comme Victor 1er, Miltiade et GĂ©lase 1er ou encore missionnaires ? Certains de ces derniers ne sillonnĂšrent-ils pas l’Europe pour Ă©vangĂ©liser les irrĂ©ductibles tribus de Gaule ou d’ailleurs (Marcellin d’Embrun, Vincent et Domain de Digne, Romain de Blaye, Julie de Corse, Gaudiose de Naples, Adrien de Canterbury, Optate de MilĂšve, NĂ©mĂšse de Sigum
) Faut-il rappeler que l’Afrique fut en ces temps impĂ©riaux le berceau de la grande littĂ©rature chrĂ©tienne ?

L’enfouissement de l’Église d’AlgĂ©rie se mesure aujourd’hui Ă  l’échelle de ses effectifs et de ses paroisses : entre 4 000 et 5 000 fidĂšles pour 140 Ă  150 prĂȘtres. Les catholiques du diocĂšse d’Oran peuvent se sentir particuliĂšrement choyĂ©s (1 prĂȘtre pour 20 paroissiens). Clin d’Ɠil malicieux de la Providence, c’est le diocĂšse du Sahara et donc du dĂ©sert (Laghouat) qui compte Ă  lui seul prĂšs de la moitiĂ© des pratiquants (sans doute un effet de la fameuse manne pĂ©troliĂšre qui attire des techniciens europĂ©ens comme le tibia d’un targui attire le clou de Biskra).

Pour vivre heureux, vivons cachĂ©s, paraĂźt-il. Les patriciens romains dĂ©cadents pratiquaient un autre prĂ©cepte : « Pour vivre heureux, vivons couchĂ©s ». Le double sens du mot « couché » ne vous a pas Ă©chappĂ©. Mais pour vivre couchĂ© encore faut-il qu’aucun Ă©vĂ©nement ne vienne troubler cette quiĂ©tude et vous jeter en bas de votre mĂ©ridienne.

La prochaine bĂ©atification des 19 martyrs d’AlgĂ©rie crĂ©erait presque une tempĂȘte dans le bĂ©nitier de la cathĂ©drale d’Oran si l’on s’en tient aux propos de l’évĂȘque du lieu qui, gĂȘnĂ© aux entournures, croit utile de « s’excuser de devoir demander pardon » aux autoritĂ©s algĂ©riennes et de s’essuyer les pieds avant d’entrer dans le cĂ©rĂ©monial de la consĂ©cration des nouveaux bienheureux. Il souhaite une cĂ©lĂ©bration « qui fasse sens pour tous, aussi bien chrĂ©tiens que musulmans et qui soit un signe d’espĂ©rance. »

On notera au passage l’expression ecclĂ©siastique trĂšs moderniste de « faire sens » comme celle d’ailleurs de « faire Ă©glise ». On n’utilise ce verbe on ne peut plus actif, que lorsqu’on en est rĂ©duit Ă  rester passif devant un dĂ©sastre dĂ©jĂ  survenu. Le mĂȘme monseigneur Vasco qui n’a pas trouvĂ© son CAP de diplomate dans une pochette-surprise Ă  la kermesse du sĂ©minaire Saint-IrĂ©nĂ©e de Lyon dont il est originaire, prend la prĂ©caution de relativiser le poids infime de ses frĂšres dans la foi, abattus par on ne sait trop qui : « Que sont 19 chrĂ©tiens parmi 200 000 morts dont 100 imams assassinĂ©s. »

Mais nul ne doute que l’ombre du Cardinal Lavigerie rode encore dans les sacristies des quelques lieux du culte qui subsistent encore et avec elle cette prophĂ©tie imprononçable de nos jours : « Avec le Coran, dans mille ans comme aujourd’hui nous serons des chiens de chrĂ©tiens et il sera mĂ©ritoire de nous jeter Ă  la mer. »

Alors ? À la niche !

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