14 avril 2019

Un autre regard sur « Il Capitano »

Par Georges Feltin-Tracol

Depuis maintenant neuf mois, l’Italie est gouvernée par une alliance imprévue, celle des « Jaunes » du Mouvement 5 Étoiles (M5S) et des « Verts » de la Ligue. Malgré bien des tangages et les intrigues de certains de ses responsables tels Roberto Fico, le président M5S de la Chambre des députés, la coalition se maintient cahin-caha.

Ces premiers mois de ministère populiste inédit ont vu l’étiolement de Luigi Di Maio et du M5S et, au contraire, la montée en puissance médiatico-électorale de Matteo Salvini, secrétaire général de la Ligue, vice-président du Conseil, ministre de l’Intérieur, surnommé par les militants liguistes « Il Capitano (le Capitaine) ». Un essai de Gabriele Adinolfi sur cette personnalité singulière sort enfin en français sous le titre de Matteo Salvini ou l’itinéraire d’un parcours politique météorique (Synthèse éditions, coll. « Investigation politique », 2019, 135 p., 18 €).

C’est avec de nombreuses précisions chirurgicales que Gabriele Adinolfi explique le cadre politique complexe de son pays. Il évoque l’engagement précoce de Matteo Salvini à la Ligue du Nord dans laquelle il développe des positions régionales-communistes (il porte alors au revers de sa veste le drapeau basque et l’effigie du Che). L’auteur insiste surtout sur les prochains tiraillements au sein de l’entente gouvernementale, à savoir la ligne à grande vitesse Lyon – Turin, le gazoduc Trans-Adriatique, l’accueil des immigrés extra-européens ou l’éventuelle réforme de la justice. S’y ajoutent des différents momentanés : la mairesse M5S de Rome, Virginia Raggi, souhaite expulser CasaPound de son immeuble historique, rue Napoléon III. Matteo Salvini lui répond que les forces de l’ordre ont des préoccupations plus urgentes.

Intellectuellement structuré, l’actuel ministre de l’Intérieur porte une vision du monde et sait se montrer pragmatique. Gabriele Adinolfi affirme avec raison que le populisme « n’est pas une idéologie, mais un ensemble de convictions basiques à bon marché. On y trouve une défiance envers la classe dirigeante et la culture dominante en même temps que les traces d’une lutte des classes, soit dans la mesure où ce phénomène parvient généralement à rassembler des salariés et des représentants des classes moyennes face aux grands bourgeois et aux fonctionnaires, soit parce qu’il va jusqu’à englober dans son mépris sa propre classe dirigeante (p. 128) ».

L’expérience populiste en cours inquiète ô combien les voisins de l’Italie. L’Hexagone de Macron bien sûr qui pratique une remarquable duplicité. Mais aussi l’Autriche gouvernée par une alliance de conservateurs chrétiens et de nationaux-libéraux. Ni Vienne, ni Rome n’ont cependant rallié le Groupe de Visegrad. Pis, l’Autriche semi-populiste a condamné les dérapages budgétaires décidés par les « Jaune – Vert ». Le dogmatisme monétaire autrichien est un magnifique prétexte à la vive réaction de Rome à la proposition du vice-chancelier FPÖ Heinz-Christian Strache d’octroyer la double nationalité aux natifs germanophones du Tyrol du Sud – Trentin – Haut-Adige, un point sensible pour les Italiens.

Gabriele Adinolfi ne cache pas enfin son scepticisme sur la viabilité à moyen terme de l’attelage « Jaune – Vert ». Le M5S pâtit toutefois de son organisation chaotique, d’un manque criant de militants impliqués sur le terrain et d’une certaine proximité avec les cénacles anglo-saxons. Quant à la Ligue, pour la quatrième fois aux affaires, elle suit un dirigeant quadragénaire qui soulève l’enthousiasme de toute la péninsule au point que son symbole historique, le guerrier lombard Alberto da Giussano, se retrouve jusqu’en Sicile. Il est néanmoins encore trop tôt pour estimer que l’Italie entre vraiment en révolution.

Bonjour chez vous !

Matteo Salvini ou l’itinéraire d’un parcours politique météorique, Gabriele Adinolfi, Éditions Synthèse,136 pages, 18 euros. Pour commander ce livre, cliquez ici.

Matteo Salvini ou l’itinéraire d’un parcours politique météorique, Gabriele Adinolfi, Éditions Synthèse.

Matteo Salvini ou l’itinéraire d’un parcours politique météorique, Gabriele Adinolfi, Éditions Synthèse.

EuroLibertés : toujours mieux vous ré-informer … GRÂCE À VOUS !

Ne financez pas le système ! Financez EuroLibertés !

EuroLibertés ré-informe parce qu’EuroLibertés est un média qui ne dépend ni du Système, ni des banques, ni des lobbies et qui est dégagé de tout politiquement correct.

Fort d’une audience grandissante avec 60 000 visiteurs uniques par mois, EuroLibertés est un acteur incontournable de dissection des politiques européennes menées dans les États européens membres ou non de l’Union européenne.

Ne bénéficiant d’aucune subvention, à la différence des médias du système, et intégralement animé par des bénévoles, EuroLibertés a néanmoins un coût qui englobe les frais de création et d’administration du site, les mailings de promotion et enfin les déplacements indispensables pour la réalisation d’interviews.

EuroLibertés est un organe de presse d’intérêt général. Chaque don ouvre droit à une déduction fiscale à hauteur de 66 %. À titre d’exemple, un don de 100 euros offre une déduction fiscale de 66 euros. Ainsi, votre don ne vous coûte en réalité que 34 euros.

Philippe Randa,
Directeur d’EuroLibertés.

Quatre solutions pour nous soutenir :

1 : Faire un don par virement bancaire

Titulaire du compte (Account Owner) : EURO LIBERTES
Domiciliation : CIC FOUESNANT
IBAN (International Bank Account Number) :
FR76 3004 7140 6700 0202 0390 185
BIC (Bank Identifier Code) : CMCIFRPP

2 : Faire un don par paypal (paiement sécurisé SSL)

Sur le site EuroLibertés (www.eurolibertes.com), en cliquant, vous serez alors redirigé vers le site de paiement en ligne PayPal. Transaction 100 % sécurisée.
 

3 : Faire un don par chèque bancaire à l’ordre d’EuroLibertés

à retourner à : EuroLibertés
BP 400 35 – 94271 Le Kremlin-Bicêtre cedex – France

4 : Faire un don par carte bancaire

Pour cela, téléphonez à Marie-France Marceau au 06 77 60 24  99