Le 15 janvier dernier, Ă  la suite du discours annuel du prĂ©sident de la FĂ©dĂ©ration de Russie, Vladimir Poutine, devant l’AssemblĂ©e fĂ©dĂ©rale regroupant la Douma d’État et le Conseil de la FĂ©dĂ©ration et en prĂ©sence des ministres et des autres corps constituĂ©s, le prĂ©sident du gouvernement Dmitri Medvedev en place depuis plus de sept ans prĂ©sentait sa dĂ©mission et celle de son Ă©quipe. Le prĂ©sident russe l’acceptait aussitĂŽt et nommait MikhaĂŻl Michoustine nouveau Premier ministre.

Le discours prĂ©sidentiel a surpris tous les observateurs puisque Vladimir Poutine y annonce une sĂ©rie de rĂ©formes constitutionnelles valables pour 2024 au terme de son quatriĂšme et ultime mandat. Au pouvoir depuis 1999, le prĂ©sident russe aspire en effet Ă  une retraite
 active, car il ne peut pas ne pas se prĂ©occuper de l’avenir de son pays. Il a toujours en mĂ©moire l’erreur majeure de Medvedev en 2011 qui, en s’abstenant, entĂ©rina la chute de Kadhafi en Libye. Alors prĂ©sident du gouvernement, Vladimir Poutine ne put pas s’opposer Ă  cette dĂ©cision catastrophique pour l’équilibre gĂ©opolitique du Sahel. Il s’inquiĂšte aussi des Ă©vĂ©nements survenus au Kirghizistan voisin. En aoĂ»t 2019, le prĂ©sident kirghize Sooronbay Jeenbekov a fait arrĂȘter son prĂ©dĂ©cesseur, Almazbek Atambaev, qui venait de voir son immunitĂ© levĂ©e par les dĂ©putĂ©s.

Vladimir Poutine sait que le pouvoir Ă  Moscou n’est pas monolithique. Son assise repose sur diffĂ©rents clans qui correspondent imparfaitement au clivage entre libĂ©raux et siloviki (membres des organes de sĂ©curitĂ©), et entre technocrates et « Saint-PĂ©tersbourgeois ». En arbitre suprĂȘme, Vladimir Poutine garantit la bonne marche de l’ensemble malgrĂ© de fĂ©roces et frĂ©quentes frictions internes. Comment dĂšs lors en maintenir la cohĂ©sion, la cohĂ©rence et la pĂ©rennité ?

Soucieux de respecter la Constitution qui interdit plus de deux mandats consĂ©cutifs, le prĂ©sident russe a d’abord tentĂ© d’accĂ©lĂ©rer l’intĂ©gration toujours inachevĂ©e de la Russie et du BĂ©larus dans leur État de l’Union datant de 1997 et de 1999. Si cette union s’était rĂ©alisĂ©e, le prĂ©sident russe aurait pu prĂ©tendre Ă  une Ă©ventuelle prĂ©sidence supranationale. Il aurait ainsi imitĂ© Slobodan Milosevic qui, de prĂ©sident de la Serbie (1989-1997), passa Ă  la prĂ©sidence fĂ©dĂ©rale de la Yougoslavie (1997-2000), et Milo Dukanovic tour Ă  tour prĂ©sident (deux fois) et Premier ministre (cinq fois) du Montenegro. Mais le prĂ©sident bĂ©larussien Alexandre Loukatchenko a refusĂ© ce scĂ©nario, rendant pour l’occasion la monnaie de sa piĂšce au locataire du Kremlin qui lui avait interdit de visiter Ă  l’improviste les gouverneurs rĂ©gionaux russes au dĂ©but des annĂ©es 2000. Respectueux de la souverainetĂ© Ă©tatique, sauf peut-ĂȘtre pour l’Ukraine, Vladimir Poutine a renoncĂ© Ă  cette option.

La dĂ©mission surprise en 2019 du prĂ©sident kazakh Noursoultan NazarbaĂŻev l’a en revanche fortement intĂ©ressĂ©. Noursoultan NazerbaĂŻev n’est plus chef de l’État ; il conserve cependant le titre de « Chef de la nation », continue Ă  prĂ©sider Ă  vie le Conseil de sĂ©curitĂ© du Kazakhstan et dirige le parti au pouvoir. Il se met donc en arriĂšre-plan tout en gardant un droit de regard sur les questions vitales du pays. Le dirigeant kazakh s’inspire de l’exemple chinois de Deng Xiaoping qui, bien que retraitĂ© politique dĂšs 1990, bĂ©nĂ©ficia d’une primautĂ© de fait jusqu’à son dĂ©cĂšs en 1997. Il sut prĂ©parer les dĂ©cennats de Jiang Zemin et de Hu Jintao (1993-2013).

Conscient enfin de l’impopularitĂ© du gouvernement fĂ©dĂ©ral, de l’impĂ©ritie du parti Russie unie et des faiblesses intrinsĂšques de la fĂ©dĂ©ration russe, Vladimir Poutine organise sa succession et sculpte sa future statue de Commandeur. Le prochain prĂ©sident russe sera contraint Ă  deux mandats uniquement. Le prĂ©sident du gouvernement et les ministres dĂ©pendront de la Douma d’État.

La Cour constitutionnelle, le Conseil de la FĂ©dĂ©ration et d’autres organes administratifs verront leur influence s’accroĂźtre. Tout restera nĂ©anmoins polarisĂ© par Vladimir Poutine, prĂ©sident du Conseil de sĂ©curitĂ© de la FĂ©dĂ©ration de Russie dont Dmitri Medvedev en tant qu’ancien chef de l’État en est dĂ©jĂ  l’adjoint, et du Conseil d’État.

À l’instar du Politburo soviĂ©tique ou du Conseil de discernement iranien, cette derniĂšre structure regrouperait autour de Poutine le prĂ©sident russe, le chef du gouvernement, les prĂ©sidents des deux chambres, les gouverneurs rĂ©gionaux, voire les reprĂ©sentants des conglomĂ©rats Ă©conomiques (Gazprom et le complexe militaro-industriel).

Ne s’abaissant plus dans la politique quotidienne, domaine du Premier ministre, ni dans le maintien de l’unitĂ© fĂ©dĂ©rale, mission du prochain prĂ©sident, Vladimir Poutine se rĂ©servera pour la Grande Politique. Il supervisera ainsi son successeur en matiĂšre diplomatique et militaire. Le Vatican a dĂ©jĂ  son pape Ă©mĂ©rite, BenoĂźt XVI. Il est fort possible qu’aprĂšs 2024, voire peut-ĂȘtre avant, la Russie ait son propre prĂ©sident Ă©mĂ©rite, le grand Revizor de l’État-continent.

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