11 décembre 2016

Pantalonnade

Par Alexis Arette

C’est la première fois qu’un parti, désirant faire « nombre » aux yeux de l’opinion, permet à ses adversaires de voter pour élire le candidat qu’ils jugeront le plus facile à battre ! Quand l’exercice démocratique prend cette forme d’imbécillité, elle noue des verges pour se faire fouetter. Henri Guaino, qui pourtant est du sérail, a réagi en parlant, dans l’émission de Jean-Jacques Bourdin, d’« ineptie intellectuelle ». Voilà qui est prometteur pour l’avenir de la « droite centralisée » !

Si j’en crois les commentaires sur le petit écran, 600 000 militants de gauche auraient voté pour éliminer Nicolas Sarkozy, et je connais personnellement quantité de proches du FN qui ont voté pour éliminer Alain Juppé.

Bien que les débris du Parti socialiste aient des difficultés à se ressouder, il leur sera plus facile au cas très improbable ou leur candidat parviendrait au second tour de l’élection présidentielle, de s’opposer au libéral François Fillon qu’à l’équivoque Alain Juppé.

Quant au FN, il avait, toujours en vue de la présidentielle, tout intérêt à éliminer Alain Juppé qui, au second tour, aurait recueilli le plus grand nombre de voix de gauche pour battre Marine le Pen. Ce n’est peut-être pas exactement le cas pour François Fillon.

Une partie des électeurs de celui-ci ont donc voté par stratégie et non par adhésion ! De sorte que si l’on a pu dire que Fillon a recueilli 9 % du corps électoral, on doit ramener ce chiffre probablement à 7 %. Et toutes les supputations sont imprécises, car nul ne sait s’il y aura un véritable déblocage de la masse abstentionniste.

En sus, nul ne nie que le petit peuple socialiste, terriblement déçu par les hollandiens, a glissé vers le Front National, au point que Marine Le Pen a nettement « gauchi » son discours pour ratisser large, provoquant ainsi le retrait affectif de nombreux cadres de l’ancien FN.

Mais de par les insultes qu’a déversées sur eux aussi bien la fausse droite que la véritable gauche, ils voteront quand même pour celle qui ne les représente plus tout à fait.

Juppé, bien que colossalement battu, a tout de même marqué un point considérable face à Fillon. Partisan sans scrupule du meurtre prénatal, il a donc insinué que Fillon était réticent en cela, de sorte que le « chrétien » Fillon a été obligé d’affirmer qu’il ne s’était jamais opposé à la loi qui permettait le génocide des petits citoyens français.

Bref, on a pu en déduire que Fillon était moralement contre l’assassinat, mais qu’électoralement il était pour ! C’était déjà la position du centriste Lecanuet qui fit voter le meurtre prénatal, mais comme le souligna la presse pour l’en féliciter : « En faisant taire chez lui la voix du chrétien torturé ! » (sic).

Le centrisme a ainsi démontré qu’on pouvait se dire catholique, tout en acceptant qu’on jette les bébés à naître dans les incinérateurs comme faisaient il y a trois mille ans les adorateurs de Moloch, alors que l’Église a justement qualifié cet acte meurtrier d’abominable ! Cela signifie qu’une conscience chrétienne à la façon centriste, face à un profit électoral peut devenir élastique ; et qu’un poste ministériel peut effacer les consciences torturées. De mon temps, on appelait cela « apostasie »…

À cette façon de concevoir la nouvelle morale, Fillon a ajouté son extrême fidélité à la politique sarkozyenne qui a multiplié les infamies. Il a entériné l’attaque meurtrière de notre aviation contre la Libye, c’est-à-dire contre un pays avec lequel nous n’étions pas en conflit : ce qui est un crime de guerre.

Il n’a pas dit un mot lorsque Sarkozy a filouté le peuple français qui s’était prononcé contre Maastricht, en signant le Traité de Lisbonne qui nous inféodait à nouveau à l’Europe mondialiste !

Il s’est tu en sachant pourtant que le génocide paysan en serait accéléré !

Il n’a pas pris la moindre mesure contre l’immigration massive qui continuait avec l’islamisation du pays, au contraire, puisqu’en 2008 il a considérablement augmenté le nombre des visas arabes : sur les 470 000 visiteurs qu’il a autorisés, combien sont restés ensuite clandestins ?

Est-il concevable que Fillon ait quelque honte de sa longue sujétion à la politique antinationale de Sarkozy ? Son programme plus « libéral » n’est-il pas en fait une adhésion au mondialisme qui, par le biais d’une Europe entièrement soumise au pouvoir financier, détruit les nations ?

C’est bien un projet « libéral » que la ferme à 1 000 vaches en progression vers la concentration des 10 000 ? C’est bien un projet libéral que la permission aux multinationales de gérer le marché, avec l’intrusion d’une alimentation de plus en plus chimique, qui appelle une pharmacopée de plus en plus compliquée ?

N’est-ce pas Philippe de Villiers qui nous découvre la sujétion de Fillon à la domination yankee ?

Lorsqu’il s’étonne de sa participation au groupe Bilderberg, émanation de la Maçonnerie Trilatérale, que lui répond Fillon ?

« Que veux-tu, Ce sont eux qui nous gouvernent ! »

Or, le projet de la Trilatérale est l’abolition des nations ! Comment donc Fillon peut-il, dans son programme, se déclarer partisan de l’Europe des nations ?

Ayant été longtemps une chiffe molle, est-il concevable que Fillon se soit converti, et que sa virilité, qui ne s’était jusqu’ici exercée que dans son foyer, soit devenue subitement politique ? On ne peut l’exclure, mais on ne peut exclure non plus une simple manœuvre opportuniste dans le cadre d’une morale laïciste qui faisait dire à Einstein : « Un système de valeurs morales construit sur la base du confort et du bonheur individuel est tout juste suffisant pour un troupeau de bétail… »

Mais c’est ce que le général de Gaulle avait constaté : « La France est vacharde », et qu’il avait su en profiter. Fillon pense-t-il en renouveler l’exploit ?

En fait, moins que jamais, l’on ne peut se projeter sur l’élection présidentielle, tant paraissent se multiplier les candidats hors primaires.

Dans la droite centrifuge, on compte déjà : François Bayrou, Henri Guaino, Michèle Alliot-Marie, Jean Lassalle, et peut-être d’autres demain, sans compter Emmanuel Macron qui, après avoir très bien servi la gauche, se prétend « de droite ».

Si ces aspirants parviennent à réunir les 500 signatures requises, imagine-t-on ce que sera l’émiettement des voix de cette tendance ? En sus, il n’est absolument pas certain que, malgré la parole de Nicolas Sarkozy, ceux qui le suivirent en escomptant la victoire, se rallieront à son vainqueur…

Alors ? Alors, de par aussi le discrédit socialiste, Jean-Luc Mélenchon, déjà crédité de 12 à 13 % de suffrages, a une chance réelle, car les socialistes marxisants se résoudront à voter pour lui. Il pourrait donc se trouver face à Marine Le Pen au second tour. Ce qui serait inespéré pour le Front National, car la « droite centralisée » ne votera pas en totalité Mélenchon.

Première hypothèse : Marine Le Pen est élue contre Mélenchon : À l’appel d’Al Qaïda, 60 000 combattants islamistes que le socialisme voulut ignorer, renforcée par la racaille des bas-fonds, les anarchistes, la lie des prisons libérée et les marxistes-léninistes, déclenchent immédiatement la révolution, profitant du ressentiment de la gauche vaincue.

L’armée, déjà truffée par près de 20 % de musulmans dit-on, pourra-t-elle intervenir ? Et que fera une Église de France dont une grande partie pense comme le Pape, que l’islam est une religion de paix et de miséricorde ? Quant à la droite centralisée que le politiquement correct a éduquée dans la croyance que le FN est un hitlérisme tricolore, il y a des chances qu’elle se soumette bien dévotement à la charia : ce n’est pas sans apprentissage que l’on se fait une âme héroïque !

Seconde Hypothèse : François Fillon triomphe de Marine Le Pen. La Révolution ne sera mise en attente qu’un instant. Mais la politique libérale paupérisant davantage la classe populaire, l’islamisme, comme l’extrême gauche, guetteront le degré de plus dans le pourrissement économique et le mécontentement populaire, avant de déclencher les émeutes, et le processus révolutionnaire, avec, comme dans la première hypothèse, le ralliement de toutes les crapules dont les « casseurs » incontrôlables, donnent une idée lors des manifestations.

Seul recours intelligent : l’alliance des Filloniens avec le Front National. Sera-elle suffisante ? La lie qu’ont reçue nos voisins européens, ne viendra-t-elle pas renforcer les forces de désordre ?

Je n’envisage pas une troisième hypothèse qui serait l’élection de Jean-Luc Mélenchon, étant donné la pulvérisation de la gauche. Mais si cela se produisait, il est vraisemblable que pourrait se produire le processus qui, en Espagne, décida un prudent général de sortir de l’ombre. Mais dans toutes les hypothèses, je ne vois pas comment nous éviterions la guerre civile, et il faudrait un miracle pour que dans les prochains mois, une reprise économique embellisse le paysage politique. Mais les miracles sont rares. Et n’est-ce pas Airbus, qui pourtant fait d’importants bénéfices, qui nous annonçait hier la suppression d’un millier d’emplois ?

Et tout cela, parce que la gauche la plus vicieuse du monde, aussi bien que la droite centralisée la plus lâche qui soit, ont persuadé le peuple hexagonal que la morale du Décalogue était « dépassée ». De sorte que nous en paierons les conséquences, et que nous sommes de plus en plus nombreux à penser, que l’avenir n’est prometteur que pour les asticots.

Vous avez aimé cet article ?

EuroLibertés n’est pas qu’un simple blog qui pourra se contenter ad vitam aeternam de bonnes volontés aussi dévouées soient elles… Sa promotion, son développement, sa gestion, les contacts avec les auteurs nécessitent une équipe de collaborateurs compétents et disponibles et donc des ressources financières, même si EuroLibertés n’a pas de vocation commerciale… C’est pourquoi, je lance un appel à nos lecteurs : NOUS AVONS BESOIN DE VOUS DÈS MAINTENANT car je doute que George Soros, David Rockefeller, la Carnegie Corporation, la Fondation Ford et autres Goldman-Sachs ne soient prêts à nous aider ; il faut dire qu’ils sont très sollicités par les medias institutionnels… et, comment dire, j’ai comme l’impression qu’EuroLibertés et eux, c’est assez incompatible !… En revanche, avec vous, chers lecteurs, je prends le pari contraire ! Trois solutions pour nous soutenir : cliquez ici.

Philippe Randa,
Directeur d’EuroLibertés.

Partager :