24 avril 2017

Oser un pronostic pour le second tour

Par Philippe Delbauvre

 

Je sais l’impertinence à effectuer un pronostic quant au second tour de l’élection présidentielle de 2017 alors même que nous ne connaissons les résultats du premier que depuis quelques heures. Un pronostic n’est nullement un sondage. Là où le premier est rationnel, le second est volatil.

Je sais aussi, bien entendu, qu’une autre campagne s’ouvre, au sein de laquelle le débat final, le face à face, pourra jouer un rôle déterminant.

Il n’empêche …

Marine le Pen, chiffre officiel, vient d’obtenir 21,43%. Nulle raison qu’elle ne les conserve pas.

Les ténors de la droite, dans leur presque totalité, ont eu beau dès les résultats connus, appelé à voter Macron que les électeurs de Fillon (19,94%) seront les seuls souverains quant à leurs choix. Il faut bien comprendre la frustration de ces électeurs, presque assurés depuis 2013 de remporter la présidentielle de 2017… Et puis, tout au moins à leurs yeux, ce succès d’un Macron issu originellement de la gauche. Voilà qui est des plus rageants ! On comprendra donc que je puisse considérer qu’il n’est nullement ridicule d’accorder 12% parmi ces 19,94% à Marine le Pen. Cela ne représente d’ailleurs que 60% de l’électorat filloniste, ce qui n’est nullement excessif.

21,43 + 12 = 33,43%

Jean-Luc Melenchon a lui obtenu 19,62%. Bien sur, il y a en son électorat, antifas et immigrationnistes. Il n’empêche, ce segment politique est anti-Système, ce dernier étant parfaitement représenté par Emmanuel Macron. Fatalement, une partie de cet électorat, lui aussi frustré d’une présence au second tour, votera Front National. Considérons donc que 4,57% (pour faire juste) de ces électeurs fassent ainsi. Cela ne représente en pourcentage qu’environ une vingtaine de pour cent de l’ensemble de l’électorat melenchoniste.

21,43 + 13 + 4,57 = 38%

On sait que l’électorat du parti socialiste (6,35%) est lui aussi – décidément – frustré. Les électeurs socialistes doivent en vouloir terriblement à Macron ainsi qu’aux « traîtres » du Ps qui l’ont rejoint. On conviendra bien volontiers qu’accorder ne serait-ce que 0,85% parmi ces 6,35% n’est nullement abusif.

21,43 + 13 + 4,57 + 0,85 = 38,85%

On sait l’état d’esprit de Nicolas Dupont-Aignan et de ses zélateurs. Ils ont obtenu 4,73%. Fatalement, le report des voix au profit du Front sera majeur. N’emballons pas le galop et n’accordons donc à Marine le Pen que 3,65% parmi les 4,73% des voix. On peut constater que je suis raisonnable.

21,43 + 13 + 4,57 + 0,85 + 3,65 = 42,5%

Vint Jean Lassalle le centriste. Son succès très relatif (1,21%) vient très probablement davantage de sa personnalité (le berger!) que de son positionnement idéologique. On accordera donc au Front National 0,5% parmi les 1,21% obtenus par le sudiste.

21,43 + 13 + 4,57 + 0,85 + 3,65 = 43%

Si l’extrême gauche est plurielle (Npa et Lo), les deux électorats sont quelque peu différents. Il n’empêche, ceux-ci vont être partagés entre leur antifascisme et leur opposition au Système. Il est d’ailleurs de l’intérêt des deux directions que le Front National fasse un bon score, justement pour déclamer l’antifascisme. Npa (1,10%) et Lo (0,65%) soit un total de 1,75%. Attribuer un sixième de cette somme au Front National n’est nullement abusif.

Voilà qui fait environ 0,3%.

21,43 + 13 + 4,57 + 0,85 + 3,65 = 43,3%

Jacques Cheminade (0,18%) et François Asselineau (0,92%) représentent donc 1,1%. A l’aune de leurs positionnements, on peut accorder 0,7% parmi les 1,1% à Marine le Pen.

21,43 + 13 + 4,57 + 0,85 + 3,65 + 0,7 = 44%

On se situe donc bien davantage au voisinage d’un 55/45 que d’un 65/35. Par voie de conséquence, même si la tâche sera rude, on ne peut, dynamique de la campagne du second tour oblige, exclure une victoire finale du Front National.

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Philippe Randa,
Directeur d’EuroLibertés.

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