13 février 2017

L’honnête foire d’empoigne…

Par Alexis Arette

 

Le philosophe Alain écrivait : « Le pouvoir corrompt. Le pouvoir absolu corrompt absolument ». Fort heureusement nous ne sommes pas sous un pouvoir absolu, puisque Le Canard enchaîné peut se déchaîner de temps à autre. Nos hommes d’État ont donc dû trouver un système de corruption démocratique qui permettait de faire des saletés avec des mines d’enfants de chœur. Le diable autrefois était figuré le plus horriblement possible, car c’était l’idée que l’on se faisait de la faute. Aujourd’hui, il peut avoir la tête benoîte d’un candidat à la présidence de la République…

L’affaire Fillon peut finir, comme beaucoup d’autres affaires délicates en queue de poisson. Le maquereau est un poisson ! Moi, je crois à l’honnêteté du personnage, car il a agi comme la plupart des gens de sa catégorie. On peut discutailler sur ce qu’il a fait de son argent, mais enfin si la République ne lui avait pas mis le pactole entre les mains, il n’aurait pas acheté aussi chèrement l’amour de Pénélope, et Pénélope aurait dû tricoter un peu plus pour lui faire des essuie-pieds.

Je le tiens donc au pire, d’une malhonnêteté innocente. Je parle en connaissance de cause. Comme je perçois une honnête retraite paysanne de 809 euros mensuels, je n’ai jamais été tenté de gonfler jusqu’à le faire péter le compte en banque de ma femme, qui frôlait de temps en temps le compte en manque. Je suis donc obligatoirement honnête sur le sujet et j’ai la satisfaction de ne pas être aimé pour mon argent. Mais la malhonnêteté de la république concernant sa devise égalitaire a fait que je n’ai pas les moyens de l’être moi-même.

Je suis donc à même de penser que si les indemnités de nos élus étaient bloquées sur le revenu moyen des Français, ils ne seraient pas tentés de le capitaliser par l’entourloupe, le risque pouvant être plus grand que le profit. Et j’aurais voté avec plaisir pour un candidat mettant cette réforme au programme. Et peut-être ainsi aurions-nous une Assemblée nationale un peu plus conforme à la représentation nationale, avec des paysans, des ouvriers, des artisans, qu’on compte aujourd’hui sur les doigts. L’assemblée est devenue une pompe aspirante pour des fonctionnaires qui ne fonctionnent pas, des avocats sans pratique et des docteurs sans clientèle !

Je le dis avec une grande paix d’esprit car j’ai donné l’exemple, à ma petite mesure, de ce qui devrait être. Lorsque je fus élu Président National du syndicalisme Agricole libre, je trouvais que l’assemblée générale avait voté pour le président des indemnités que je jugeais exagérées. Ma première décision fut donc celle-ci : « Le Président, au SMIG, comme tout le monde ! »

Et bien sûr, je ne fus pas tenté de payer ma femme pour me relayer auprès de mes Brebis.

Cependant, mon propos était discutable, car « Tout le monde » n’était pas au SMIG, il s’en fallait ! Et le Ministre Rocard devait me confirmer que les trois quarts des paysans vivaient avec la moitié du SMIG. Chirac, Sarkozy et Hollande ont fait mieux que Mitterrand depuis, puisque cette année, 760 agriculteurs se sont suicidés faute d’avoir eu le dixième des revenus de Madame Fillon !

Aussi, je l’avoue, quand l’anarchiste qui sommeille en moi se réveille, j’entrevois nos ministres et leur président fusillés de dos et à genoux comme il en fut ainsi pour des traîtres.

Fort heureusement mes sentiments chrétiens reprennent le dessus et je souhaite seulement qu’un gouvernement de salut public, après confiscation de leurs biens au profit des indigents, les envoie en terre Adélie pour convertir les manchots à l’agriculture industrielle…

Je ne doute pas, en effet, de la venue d’un gouvernement de salut public, tout simplement parce que l’excès du mal tue le mal lui-même, et il n’y a pas, dans tous les programmes que j’ai pu étudier, l’ombre d’un commencement de redressement : nous en sommes dans cette situation où la chienlit parlementaire, incapable de sortir de la sentine républicaine, présente tout ce qui a réussi à ruiner la nation, dans un ordre de malfaisance différent du précédent, c’est tout !

Mais c’est justement la faillite totale du Système qui contient l’espérance d’autre chose !

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Philippe Randa,
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