7 mars 2026

Le cirque antifaciste version lusitanie

Par Jérémy Silvares Jeronimo

Rien de nouveau au sud-ouest de l’Europe

Et voilà que la gauche portugaise peut être fière d’elle-même ! Tout comme en France, en Allemagne, au Royaume-Uni, en Espagne ou en Italie, la gauche portugaise a pu utiliser le fameux – ou devrais-je dire le fumeux – concept du « cirque antifasciste ». Ainsi, lors de l’élection présidentielle au Portugal qui s’est tenue le 30 janvier pour le premier tour, les deux candidats qui ont réuni le plus de voix furent, d’un côté, José Seguro, candidat de centre-gauche encarté au PS (socialiste) depuis 40 ans mais non soutenu par le PS qui lui préférait un autre candidat… puis soutenu sur le tard, et André Ventura, candidat représentant la droite radicale, que certains diraient populiste, président du Chega (dont il est aussi député et l’un des fondateurs).

Si, un an avant la présidentielle, tous les sondages donnaient comme vainqueur l’amiral Henrique Gouveia e Melo, candidat du centre mou, ancien chef de la marine portugaise, avec des résultats tels que 53 % au premier tour, sa popularité a dégringolé lors des premiers débats. On peut être un très bon amiral et un très mauvais débatteur. Ce candidat s’était fait connaître en 2020 pour avoir géré la crise du Covid et organisé la vaccination. Mais lors des premiers débats, il est apparu comme un piètre débatteur qui bafouillait et sans aucun charisme. Et ne parlons pas de ses tristes sorties, telles que : « Un immigré qui est là depuis quelques années est aussi portugais qu’un Portugais de souche, s’il aime le Portugal. » Son résultat final au premier tour, 12,32 %, montre qu’il n’a pas su convaincre les Portugais. Et que dire du candidat du parti actuellement au pouvoir, Marques Mendes ? Pourtant appuyé par le PSD (sociaux-démocrates), le parti de l’actuel Premier ministre Luís Montenegro, ce candidat n’a recueilli que 11,30 % des voix. La raison ? Aucune vision pour le pays : son seul argument était le fait qu’il avait de l’expérience en politique, ce qu’il martelait au moins dix fois par jour.

Et puis il y a aussi l’outsider, Cotrim de Figueiredo, député européen pour son parti l’IL (Iniciativa Liberal – Initiative libérale), qui a quand même réussi à recueillir 16 %, dans un pays qui n’est pas connu pour être très libéral. Le reste ? Des candidats communistes staliniens ou trotskistes qui recueillent des scores de 1 %, voire moins, et les candidats habituels, comme le clown de service qui promettait, s’il était élu, d’ouvrir des maisons closes dans toutes les grandes villes du Portugal pour augmenter le tourisme, et d’installer des robinets de vin courant en plus de l’eau courante (Manuel João Vieira).

Ce fut bien sûr un choc pour les pauvres âmes de gauche quand le résultat est survenu le soir du premier tour : José Seguro, candidat du PS, avait certes réuni 31,12 %, mais le second candidat ne serait ni l’ancien amiral, ni le candidat du PSD, ni même le candidat libéral, mais André Ventura, candidat de la droite radicale, avec 23,52 %. Le cirque antifasciste fut alors actionné. Les Portugais sont toujours en retard par rapport au reste des Occidentaux dans les modes : c’était la première fois que les journalistes, écrivains, acteurs, chanteurs, ex-politiciens, politiciens actuels et intellectuels de plateaux TV pouvaient jouer aux grands résistants antifascistes. Dès le premier soir, un nombre important d’anciens politiciens de droite ont apporté leur soutien à José Seguro, le candidat socialiste, ainsi bien sûr que tous les anciens politiciens de gauche. Les autres candidats ont fait de même assez rapidement, au bout de… deux ou trois jours. À la télévision, les commentateurs de plateaux TV nous expliquaient qu’André Ventura représentait un danger pour la démocratie, pour les « valeurs d’avril » — les valeurs d’avril, c’est un peu la version portugaise des « valeurs de la République » en France : tout le monde en parle, mais personne ne sait vraiment ce que cela veut dire — et qu’il y avait un risque qu’un représentant du courant salazariste puisse revenir. Au secours : tout comme dans le film «Il est de retour (Er ist wieder da)», où Hitler revenait à la vie, nous avions désormais la version portugaise de l’histoire avec Salazar.

Comment tout cela s’est-il terminé ? Eh bien, au second tour, José Seguro a obtenu plus de 60 % des voix. Voilà que tout rentre dans l’ordre. Nous avons un président considéré comme extrêmement faible en termes de personnalité, un mou pour certains, mais au moins Salazar est bel et bien mort. Le Portugais moyen est rassuré. Pendant ce temps, le Portugal continue d’avoir l’un des taux de natalité les plus bas du monde, alors que les couples portugais sont, selon les sondages, ceux d’Europe qui voudraient avoir le plus d’enfants, avec les Irlandais – et nous savons tous que « la natalité, c’est le destin ». Le coût de l’immobilier est prohibitif pour les Portugais : seuls les étrangers fortunés arrivent à acheter à Lisbonne ou à Porto. Le système de retraite est à l’agonie. Le système de santé est dans une situation délicate et le tourisme médical de populations venues du sous-continent indien ou d’Afrique l’a aggravé. L’ouverture des frontières à partir de 2017 par António Costa – le gouvernement actuel a rétabli une politique migratoire plus stricte, comme avant 2017 – a fait que le Portugal connaît désormais certains des problèmes d’insécurité que l’on trouve dans le reste de l’Europe occidentale (mais pas au même niveau). Et la corruption, le népotisme, les pistons dominent dans le public comme dans le privé. Mais au moins, les valeurs d’avril ont gagné.

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