Le 6 octobre 2019 se tenaient des élections législatives au Portugal. Au cours des jours précédant ce scrutin, la grosse presse cosmopolite ne cessa pas de vanter la clique politicienne locale.

Bien qu’arrivĂ©e en tĂȘte aux Ă©lections de 2015, la droite modĂ©rĂ©e qui se dĂ©signe « sociale-dĂ©mocrate », bel aveu de modĂ©ration avancĂ©e, est incapable de s’entendre au point de laisser le pouvoir aux forces de gauche. Le Parti socialiste d’Antonio Costa nĂ©gocie Ăąprement avec son ennemi historique, le Parti communiste, et avec le Bloc de gauche, une sorte de condensĂ© lusophone de MĂ©lenchon et de Besancenot. Costa constitue un gouvernement socialiste homogĂšne qui bĂ©nĂ©ficie du soutien parlementaire des communistes et des gauchistes. Cette alliance inĂ©dite n’empĂȘche pas le Portugal d’appliquer une politique Ă©conomique dĂ©cidĂ©e par la troĂŻka FMI – BCE – Commission de Bruxelles. La violence Ă©conomique de l’austĂ©ritĂ© nĂ©o-libĂ©rale s’édulcore seulement de mesures progressistes d’ordre sociĂ©tal.

La mĂ©diacratie hexagonale s’extasie surtout de l’absence de tout signe de populisme. Le discours national-identitaire n’est guĂšre audible dans l’opinion portugaise malgrĂ© une immigration croissante due Ă  la conjonction de deux phĂ©nomĂšnes : l’installation de plus en plus frĂ©quente de ressortissants d’anciennes colonies ultra-marines et l’arrivĂ©e des retraitĂ©s francophones et anglophones. Leur prĂ©sence favorise la hausse rapide des prix de l’immobilier aux dĂ©pens des Portugais eux-mĂȘmes.

Les rĂ©sultats Ă©lectoraux voient le vote socialiste croĂźtre de 4,3 points et remporter vingt siĂšges supplĂ©mentaires. Antonio Costa est sĂ»r de retrouver son poste de Premier ministre. Le Bloc de gauche garde ses dix-neuf siĂšges tandis que la Coalition dĂ©mocratique unitaire, un regroupement de diverses formations dont les communistes et les Verts, n’en a plus que douze, soit cinq de moins. L’alliance gouvernementale est reconduite avec une prĂ©fĂ©rence – implicite – accordĂ©e au Bloc de gauche.

La politique sociĂ©taliste de Costa suscite cependant une forte dĂ©fiance populaire. Outre une abstention Ă©levĂ©e (46,5 %), le mouvement environnementaliste et proto-animaliste de centre-gauche Personnes – Animaux – Nature s’empare de trois autres siĂšges, soit un total de quatre Ă©lus. Mouvement de droite nationale, le Parti national rĂ©novateur ne recueille que 15 272 suffrages (0,3 %), une perte de 0,2 point. Cet Ă©chec cuisant s’explique par le (modeste) succĂšs de CHEGA !.

FondĂ© le 9 avril 2019, CHEGA !, c’est-Ă -dire « ASSEZ ! », est dirigĂ© par un professeur de droit de 36 ans, AndrĂ© Ventura. Il entre au Parlement avec 66 442 voix (1,30 %). Cet ancien adhĂ©rent du Parti social-dĂ©mocrate entend importer au Portugal les mĂ©thodes du voisin espagnol Vox et, lusophonie oblige, l’activisme du prĂ©sident brĂ©silien Jair Bolsonaro. CHEGA ! ne verse pas dans l’euroscepticisme et pencherait plutĂŽt vers l’Alliance des conservateurs et rĂ©formateurs europĂ©ens dorĂ©navant dominĂ©e par le PiS polonais. Hostile Ă  l’islam et au mariage gay, ce jeune parti politique promeut une ligne nationale-libĂ©rale conservatrice. Il s’affiche libĂ©ral en Ă©conomie, nationaliste sur le plan culturel et conservateur dans le domaine sociĂ©tal. À l’instar de Vox, il se dĂ©clare irrĂ©prochable sur certains sujets supposĂ©s controversĂ©s et prend par consĂ©quent bien soin de ne pas ĂȘtre confondu avec le RN français, la Lega italienne et l’AfD allemande.

André Ventura.

André Ventura.

Par cette Ă©lection surprise, l’illusion d’une Lusitanie prĂ©servĂ©e de tout affreux populisme, se dissipe enfin. Faut-il y voir une consĂ©quence indirecte de la polĂ©mique de l’été ? En aoĂ»t dernier, le maire socialiste de Santa Comba Dao, Leonel Gouveia, proposa l’édification d’un musĂ©e, ou plutĂŽt d’un centre d’étude et d’interprĂ©tation du rĂ©gime de l’enfant de la commune, Antonio Salazar, le prĂ©sident du Conseil de l’« État nouveau » (1933 – 1974). Le 11 septembre suivant, Ă  l’initiative du groupe communiste, le Parlement vota grĂące Ă  l’abstention d’une « droite » toujours aussi pleutre, une condamnation de ce projet qui offenserait la mĂ©moire des « victimes » du salazarisme.

AndrĂ© Ventura est bien seul. Et alors ? Pendant prĂšs de vingt-huit ans, Jair Bolsonaro fut un dĂ©putĂ© fĂ©dĂ©ral isolĂ© et mĂ©prisĂ©. En dĂ©pit d’un changement frĂ©quent d’étiquette partisane, cet isolement politique le prĂ©serva des compromissions politicardes. Le prĂ©sident de CHEGA ! a-t-il commencĂ© une longue marche qui en fera un jour le Bolsonaro du Portugal et de la Vieille Europe ?

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