La nullitĂ© de cette campagne ne connaĂźtra pas de limites. Il est vrai que depuis SĂ©golĂšne-Sarko ou Sarko-Hollande (ex-conjoint d’icelle, dirait Rabelais), il faut ĂȘtre prĂȘt Ă  tout, ou plutĂŽt Ă  rien.

On a donc ce trio daltonien, pour dire comme Goscinny, composĂ© de nos enfants de chƓur Fillon-Macron-Bayrou. Bayrou, les bras m’en tombent. Je n’ai mĂȘme plus la force de le mĂ©priser, tant il m’épuise.

Je ne rĂ©siste jamais comme toujours Ă  l’envie de citer Houellebecq (Soumission, p. 152) : « Ce qui est extraordinaire chez Bayrou, ce qui le rend irremplaçable, poursuivit Tanneur avec enthousiasme, c’est qu’il est parfaitement stupide, son projet politique s’est toujours limitĂ© Ă  son propre dĂ©sir d’accĂ©der par n’importe quel moyen Ă  la “magistrature suprĂȘme”, comme on dit ; il n’a jamais eu, ni mĂȘme feint d’avoir la moindre idĂ©e personnelle ; Ă  ce point, c’est tout de mĂȘme assez rare. Ça en fait l’homme politique idĂ©al pour incarner la notion d’humanisme, d’autant qu’il se prend pour Henri IV, et pour un grand pacificateur du dialogue interreligieux ; il jouit d’ailleurs d’une excellente cote auprĂšs de l’électorat catholique, que sa bĂȘtise rassure. »

Il n’y a rien qui rassure plus le catho-conciliaire que la stupiditĂ©. Regardez ce que disait LĂ©on Bloy dĂ©jĂ  du phĂ©nomĂšne bourgeois façon François Fillon : « Autrefois, lorsque l’abolition du sens des mots n’avait pas encore Ă©tĂ© promulguĂ©e, l’honneur d’une famille consistait Ă  donner des Saints ou des HĂ©ros, tout au moins d’utiles serviteurs de la chose publique. Cela, qu’on fĂ»t riche ou pauvre, qu’on eĂ»t des ancĂȘtres illustres ou qu’on n’en eĂ»t pas. Dans ce dernier cas, on montait simplement et naturellement dans l’aristocratie, par la seule nature des choses.

Aujourd’hui l’honneur des familles consiste uniquement, exclusivement, Ă  Ă©chapper aux gendarmes. »

Pour faire bonne mesure, citons Florian Philippot, toujours bon quand il s’agit de dĂ©noncer les technocrates. Il rĂ©sume ainsi le projet des trois lascars : « Les recommandations formulĂ©es par la Commission europĂ©enne dans le cadre de ses Ă©valuations annuelles rappellent, s’il en Ă©tait encore besoin, qui sont les candidats du systĂšme et de la soumission Ă  l’Union europĂ©enne. Il suffit en effet de regarder les propositions de Messieurs Macron et Fillon pour s’apercevoir qu’elles sont un copiĂ©-collĂ© nocif des recommandations de Bruxelles.

Avec eux, et comme l’exige la Commission, toujours plus de dĂ©rĂ©gulation du travail, de dĂ©membrement des services publics et d’augmentation des impĂŽts dans le cadre d’une austĂ©ritĂ© qui a dĂ©jĂ  fait tant de mal Ă  la France. »

Cela n’empĂȘchera pas la troĂŻka papiste de se faire Ă©lire.

Je citerai pour terminer LĂ©on Bloy dans ses Ɠuvres verbales incomparables : « Et ce cortĂšge est contemplĂ© par un peuple immense, mais si prodigieusement imbĂ©cile qu’on peut lui casser les dents Ă  coups de maillet et l’émasculer avec des tenailles de forgeur de fer, avant qu’il s’aperçoive seulement qu’il a des maĂźtres, les Ă©pouvantables maĂźtres qu’il tolĂšre et qu’il s’est choisis. »

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Philippe Randa,
Directeur d’EuroLibertĂ©s.

A propos de l'auteur

Nicolas Bonnal

Essayiste et chroniqueur politique, Nicolas Bonnal est l’auteur d’une quinzaine de livres sur la politique, l’identitĂ©, l’initiation et le cinĂ©ma
 Derniers livres parus aux Éditions Dualpha : Le paganisme au cinĂ©ma ; La chevalerie hyperborĂ©enne ; le Graal et Donald Trump, le candidat du chaos. Il est le correspondant d'EuroLibertĂ©s en Espagne.

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