7 octobre 2026

En accusant la police de « racisme », Mélenchon ne contribue-t-il pas lui-même à racialiser les émeutiers ?

Par Alain Sanders

(article écrit sans recours à l’Intelligence artificielle)

Il y a une étrange contradiction dans le débat politique contemporain. Alors que la République française répugne (officiellement) à catégoriser ses citoyens selon leur origine ethnique ou leur  « race », certains responsables politiques semblent de plus en plus prompts à lire les conflits sociaux à travers une grille raciale.

La polémique actuelle autour des lycéens émeutiers en fournit une illustration frappante. Jean-Luc Mélenchon a ainsi dénoncé la réponse gouvernementale aux manifestations lycéennes, allant jusqu’à évoquer une répression présentant un « caractère raciste ». Sébastien Lecornu lui a répondu que cette accusation constituait une mise en cause inacceptable des policiers chargés de protéger les établissements et leurs occupants. Piètre réponse. Mais qu’attendre de plus de mollasses comme Macron, Lecornu ou Nunez ?

Mais une question mérite d’être posée : si l’on affirme que la police traite ces « jeunes » différemment parce qu’ils seraient perçus comme « issus de minorités », ne suppose-t-on pas déjà que ces « jeunes » forment une population identifiable selon des critères d’origine ?

Le problème commence avec une généralisation commode : « les jeunes », « les lycéens », « les quartiers », « les racisés ». Ces catégories finissent parfois par être utilisées comme si elles se recoupaient naturellement. Or rien ne permet de passer mécaniquement de l’une à l’autre. La France ne dispose pas, dans ses statistiques administratives ordinaires, d’une catégorie permettant de compter les personnes « racisées ». L’Insee rappelle que la statistique publique ne peut pas simplement enregistrer une « race » ou une origine ethnique comme une variable administrative ordinaire. Elle peut en revanche étudier la nationalité, le lieu de naissance ou l’origine migratoire des personnes et de leurs parents.

Il existe certes des éléments permettant de constater une forte présence de personnes ayant des origines migratoires dans certains échantillons. Lors des émeutes de 2023, par exemple, la préfecture de police avait ainsi décrit, pour son propre périmètre, une majorité d’émeutiers interpellés comme de « jeunes Français issus de l’immigration, notamment maghrébine ou subsaharienne ». Malgré les reptations de Darmanin pour évoquer des Kevin ou des Jordan dans le lot des personnes interpellées…

C’est ici que la provocation de Mélenchon devient intéressante. Dire que la police adopte un comportement « raciste » peut constituer une forgerie mélenchonesque portant sur des pratiques policières éventuellement documentées. Une telle accusation peut être discutée à partir de faits : contrôles, interpellations, usage de la force, procédures disciplinaires ou décisions judiciaires. Mais lorsque l’accusation est formulée à propos d’un groupe de « jeunes » sans démonstration préalable d’une composition ethnique particulière, elle peut produire un effet inattendu : elle tend elle-même à présenter ces jeunes comme un groupe défini par l’origine. Pour dénoncer une supposée lecture raciale de la jeunesse, on peut finir par employer soi-même une lecture raciale de cette jeunesse. Le raisonnement implicite devient alors : la police les réprime parce qu’ils sont racisés ; ils sont donc, précisément, les jeunes racisés que l’on imagine. On vit décidément une époque é-pa-tant-te…

EuroLibertés : toujours mieux vous ré-informer … GRÂCE À VOUS !

Ne financez pas le système ! Financez EuroLibertés !

EuroLibertés ré-informe parce qu’EuroLibertés est un média qui ne dépend ni du Système, ni des banques, ni des lobbies et qui est dégagé de tout politiquement correct.

Fort d’une audience grandissante avec 60 000 visiteurs uniques par mois, EuroLibertés est un acteur incontournable de dissection des politiques européennes menées dans les États européens membres ou non de l’Union européenne.

Ne bénéficiant d’aucune subvention, à la différence des médias du système, et intégralement animé par des bénévoles, EuroLibertés a néanmoins un coût qui englobe les frais de création et d’administration du site, les mailings de promotion et enfin les déplacements indispensables pour la réalisation d’interviews.

EuroLibertés est un organe de presse d’intérêt général. Chaque don ouvre droit à une déduction fiscale à hauteur de 66 %. À titre d’exemple, un don de 100 euros offre une déduction fiscale de 66 euros. Ainsi, votre don ne vous coûte en réalité que 34 euros.

Philippe Randa,
Directeur d’EuroLibertés.

Deux solutions pour nous soutenir :

1 : Faire un don par paypal (paiement sécurisé SSL)

Sur le site EuroLibertés (www.eurolibertes.com), en cliquant, vous serez alors redirigé vers le site de paiement en ligne PayPal. Transaction 100 % sécurisée.
 

2 : Faire un don par chèque bancaire à l’ordre d’EuroLibertés

à retourner à : EuroLibertés
BP 400 35 – 94271 Le Kremlin-Bicêtre cedex – France

Partager :