20 juin 2016

Casseurs et hooligans, ces idiots tellement utiles…

Par Philippe Randa

 

Quels joueurs sont les vedettes de l’Euro Foot 2016 ? Ceux des équipes nationales dans les stades… ou les ultras de leurs supporters respectifs hors des stades ou dans les tribunes ?

« Football – Euro 2016 : les Hooligans volent la vedette », titre le quotidien Paris Normandie en rapportant qu’« une triste routine s’installe jour après jour et hier [17 juin], les Hongrois ont provoqué des échauffourées en tribunes, au lendemain d’incidents qui vaudront à la Croatie et la Turquie d’être jugées par l’UEFA demain… »

Le même jour, des supporters russes « de retour de Marseille » étaient interpellés en Allemagne pour s’en être pris à des touristes espagnols, tandis que trois autres de leurs compatriotes étaient condamnés à de la prison ferme (d’un à deux ans), toujours pour des violences commises en marge de l’Euro 2016… et qu’une vingtaine d’autres étaient expulsés.

« Quelle que soit leur nationalité, ces supporters violents font courir à leur équipe le risque de sanctions de l’UEFA pour les débordements à l’intérieur des stades (l’extérieur est de la compétence des autorités). “Des ennemis du pays”, a enragé la présidente de la Croatie Kolinda Grabar-Kitarovic. “Ce ne sont pas des supporters, mais des terroristes du sport”, a renchéri le sélectionneur croate Ante Cacic… » (Ouest-France du 18 juin qui titre carrément : « Euro 2016. Les hooligans, ces parasites qui gâchent la fête du football).

« Gâché »… Oui, tout comme les casseurs ont « gâché » les récentes manifestations contre la loi travail El-Khomri, mais on peut quand même s’interroger sur la répétition – la « routine » donc, pour reprendre l’expression du quotidien normand cité – de ces débordements, alors que l’état d’urgence est, rappelons-le tout de même pour ceux qui l’auraient oublié, proclamé dans notre pays depuis plusieurs mois !

Si les casseurs dans les manifestations contre la loi travail de la ministre El Khomri ont à l’évidence décrédibilisé le mouvement Nuit debout, puis les manifestations de la CGT, servant ainsi de fait les intérêts immédiats du gouvernement, à qui peuvent bien profiter les violences autour de l’Euro Foot 2016 ?

Encore  au gouvernement français ? Forcément, puisque c’est lui qui laisse ainsi agir en quasi-impunité – simples expulsions pour la plupart des interpellés, courtes condamnations pour une poignée de brutes qui en tirent même une certaine fierté, si ce n’est une fierté certaine de retour chez eux…

Comment peut-on imaginer un instant que ce gouvernement ne puisse prévenir les débordements prévisibles de quelques dizaines d’excités congénitaux, quasiment tous parfaitement identifiés à l’avance, en leur interdisant de séjourner en France au nom de la simple préservation de la paix publique durant la période où se déroule l’Euro de football ? Qui s’indignerait d’une telle mesure de prévention de risques ?

L’intérêt du gouvernement pour ces affrontements si « terrifiants » entre ultras (comme se fait un malin plaisir de le rapporter le quotidien britannique The Times) est aussi évident qu’habituel : détourner l’attention des citoyens de problèmes bien plus anxiogènes !

Tandis que les projecteurs des médias sont braqués sur quelques dizaines d’idiots alcoolisés et bien évidemment étiquetés comme « d’extrême droite », « nationalistes », « nazis » – la routine, là encore – ils ne le sont pas sur la situation économique (le mouvement anti-loi du travail en train de s’essouffler comme il était prévisible) ou moins sur le referendum sur la sortie anglaise de l’Union européen dont le résultat est devenu très incertain au fil des semaines, ou plus du tout sur l’invasion migratoire de l’Europe toujours en cours…

Gageons qu’à la fin de l’Euro de foot, il n’y aura plus besoin ni d’hooligans ni de casseurs : l’été n’est guère leur saison ; bien davantage celle des gouvernements, surtout quand ils sont tant déméritants !

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Philippe Randa,
Directeur d’EuroLibertés.