À quand un jour fĂ©riĂ© pour commĂ©morer ad libitum le dĂ©barquement du 6 juin 1944 ? Combien de temps encore arrĂȘtera-t-on le temps pour se figer dans un passĂ© rĂ©volu ? Le « devoir de mĂ©moire », pour ĂȘtre sĂ»rement nĂ©cessaire pour tout ce qui concerne la seule IIe Guerre mondiale, ne peut-il ĂȘtre moins envahissant ?

Commémoration du Débarquement en Normandie le 6 juin 1944.

Commémoration du Débarquement en Normandie le 6 juin 1944.

Surtout lorsqu’il est couronnĂ© par le discours du 6 juin de Donald Trump Ă  Colleville Sur Mer, venu faire sa pub pour ses Ă©lecteurs amĂ©ricains, qui, faisant rĂ©fĂ©rence Ă  un IIIe Reich promis « pour Mille ans », proclame notre dĂ©mocratie postmoderne « pour l’éternité ». Donald Trump plus fort qu’Adolf Hitler. Un malheur n’arrive dĂ©cidĂ©ment jamais seul


D’autant qu’on ne peut rĂ©primer un certain malaise Ă  voir cĂ©lĂ©brer avec tant de faste et de grandiloquence effrĂ©nĂ©e, un Ă©vĂšnement majeur certes, mais qui humilie le peuple allemand Ă©cartĂ© bien sĂ»r de ces rĂ©jouissances Ă©ternelles d’adversaires ou d’ennemis indĂ©finiment brandissant leur victoire. À l’heure de l’Europe unie et vivement fĂ©dĂ©rale parait-il, la dĂ©faite de l’Allemagne sans cesse ressassĂ©e, donne un goĂ»t amer Ă  sa rĂ©alitĂ©, entretenant mĂȘme Ă  bas bruit des ressentiments et une fiertĂ© foulĂ©e aux pieds que les Allemands refoulent dans le silence.

Encenser les morts amĂ©ricains, anglais, canadiens, français en ignorant les morts allemands nĂ©gligeables pour avoir suivi la cause, indĂ©fendable bien sĂ»r, du vaincu, n’est pas sain ni fĂ©dĂ©rateur pour redonner un devenir et des valeurs communs aux EuropĂ©ens. Il est curieux que pour ce qui concerne la commĂ©moration de la IIĂšme Guerre mondiale, tous les nationalismes et patriotismes deviennent brusquement Ă  la mode pour ceux qui, par ailleurs, les combattent aujourd’hui.

Le dĂ©barquement a coĂ»tĂ© quelques milliers de tuĂ©s aux AlliĂ©s notamment anglo-amĂ©ricains. Toute la guerre (Europe et surtout Pacifique) a fait 400000 morts chez les AmĂ©ricains lorsque l’URSS perdait 10 millions d’hommes et autant de civils et l’Allemagne 4 millions d’hommes et autant de civils sans compter les millions de femmes allemandes violĂ©es Ă  l’est comme Ă  l’ouest. Mais les statistiques sont vaines lorsqu’un GI tuĂ© vaut mille fois plus que mille soldats allemands. Vae victis.

Est-ce donc une « boucherie » trĂšs limitĂ©e anglo-amĂ©ricaine, eu Ă©gard aux pertes allemandes, que l’on cĂ©lĂšbre ou un symbole qui doit ĂȘtre Ă©ternel ? Le triomphe d’une certaine idĂ©e de la dĂ©mocratie, du progressisme, de l’ultralibĂ©ralisme, du mondialisme, de la mixitĂ© gĂ©nĂ©ralisĂ©e, sur la barbarie nazie qui en justifie tous les excĂšs jugĂ©s pourtant exemplaires. Pour l’éternitĂ©. Donald Trump a d’ailleurs dans son discours louĂ© une part de ces aspects des annĂ©es d’aprĂšs-guerre jusqu’à aujourd’hui.

Si on peut comprendre le besoin renouvelĂ© de « faire son deuil » des souffrances et des morts de la guerre, Français et AlliĂ©s, on pourrait donc aussi comprendre la frustration et la douleur muette des Allemands auxquels on ne permet pas d’évoquer leurs morts par millions. Les choix idĂ©ologiques sont trĂšs supĂ©rieurs Ă  des droits de l’Homme « universels » dont sont exclus les Allemands. Pour l’éternitĂ©. Tous les Allemands tuĂ©s et les femmes violĂ©es Ă©taient-ils d’ailleurs des bourreaux nazis ?

« Si j’étais nĂ© en 17 Ă  Leidenstadt » est une chanson d’apaisement de Jean-Jacques Goldman qui pourrait modĂ©rer le triomphe ostentatoire des « vainqueurs » contre des « vaincus » pourtant alliĂ©s depuis 74 ans.

Mais, dira-t-on, ce ne sont pas les Allemands qui sont visĂ©s en tant que tels, mais l’idĂ©ologie barbare qui fut la leur pendant 12 ans. IdĂ©ologie tellement Ă©crasĂ©e en 1945 dans le sang, mais dont on veut faire croire qu’elle est aujourd’hui tout aussi menaçante qu’il y a 80 ans.

Nos dĂ©mocraties ne semblent vraiment pas trĂšs sĂ»res de leurs valeurs pour s’obliger Ă  perpĂ©tuer la mĂ©moire funeste d’une idĂ©ologie morte il y a 74 ans. Ou bien n’ont-elles pas d’autres moyens de justifier leurs propres excĂšs ? Besoin d’entretenir l’incarnation du Mal face au Bien des dĂ©mocraties libĂ©rales postmodernes dans une sorte de nouvelle religiositĂ© laĂŻque et manichĂ©enne?

C’est bien le problĂšme posĂ© par ce type de « commĂ©morations » qui n’ont en rĂ©alitĂ© ni but historique ni volontĂ© d’exaltation patriotique ni le besoin de respecter les sacrifices des tuĂ©s, mais seulement une ambition politique et idĂ©ologique bien actuelle qui met mal Ă  l’aise.

Il reste prĂ©occupant que l’avenir de l’Europe continue Ă  se bĂątir en se rĂ©fĂ©rant Ă  un contexte vieux de 75 ans. Il est certain qu’à ce compte-lĂ , le devenir europĂ©en est trĂšs mal parti. Trump, lui, doit en ĂȘtre ravi.

Et si j’Ă©tais nĂ© en 17 Ă  Leidenstadt

Sur les ruines d’un champ de bataille

Aurais-je été meilleur ou pire que ces gens

Si j’avais Ă©tĂ© allemand ?

BercĂ© d’humiliation, de haine et d’ignorance

Nourri de rĂȘves de revanche

Aurais-je été de ces improbables consciences

Larmes au milieu d’un torrent.

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A propos de l'auteur

Richard Dessens

Enseignant pendant plusieurs annĂ©es dans une Ă©cole prĂ©paratoire aux concours d’entrĂ©e aux IEP et Écoles de journalisme, Richard Dessens crĂ©e et dirige parallĂšlement une troupe de thĂ©Ăątre dans la rĂ©gion de Montpellier. Docteur en droit, DEA de philosophie et licenciĂ© en histoire, il est l’auteur d’ouvrages de philosophie et d’histoire des idĂ©es politiques, de relations internationale. Il a entres autres livres publiĂ© aux Ă©ditions Dualpha "Henri Rochefort ou la vĂ©ritable libertĂ© de la presse", "La dĂ©mocratie interdite" et "Histoire et formation de la pensĂ©e politique".

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