6 janvier 2019

Le rouge est mis

Par Pierre de Laubier

Pendant qu’on passait la serpillière dans la cour du Louvre éclaboussée du sang de Concini, il y en avait un qui était bien embêté, c’était Richelieu.

L’évêque de Luçon, qui s’était fait remarquer comme porte-parole du clergé aux états généraux de 1614, était devenu aumônier de la reine mère, et il avait même été brièvement chargé des affaires étrangères. Eh oui ! Richelieu, futur défenseur implacable des prérogatives royales, avait commencé par faire partie de la bande à Concini. Il avait donc été enveloppé dans la disgrâce de la reine mère. Pas bon, ça. Comment se tirer de ce mauvais pas ?

Il tâcha de se faire discret, mais pas trop quand même, et mit à profit ses loisirs forcés pour œuvrer à réconcilier le roi et sa mère. C’est lui qui négocia entre eux le traité d’Angoulême (1619), que la reine mère déchira aussitôt. Il obtint encore son retour au conseil du roi (1621), sans autre but, bien entendu, que d’y revenir lui-même. Tout cela donna à Marie de Médicis l’idée (si toutefois dans son cas on peut parler d’idées) de se servir de Richelieu pour remplacer Luynes, le favori défunt, et reprendre ainsi barre sur son fils.

Elle parvint en 1622 à faire nommer Richelieu cardinal et à le faire entrer au conseil du roi en avril 1624. Trois mois plus tard, il en était le principal ministre. La reine mère finit quand même par se rendre compte que son fidèle conseiller s’était servi d’elle à son propre profit, et tenta de le faire évincer lors de ce qu’on a appelé la journée des Dupes (1630), à l’occasion de laquelle elle s’associa à la reine en titre, Anne d’Autriche, et au duc d’Orléans, frère du roi et alors héritier du trône. Touchante réunion de famille ! Mais, en dépit de son embonpoint, Marie de Médicis ne faisait pas le poids face à l’homme en rouge, et la dinde de la farce ne fut autre qu’elle-même.

Le cardinal resta donc principal ministre et la reine mère se retira de la cour. Las de ses intrigues, le roi l’incita à s’établir à Compiègne. Là, il ordonna aux gardes de se retirer pour la laisser s’échapper, ce qu’elle fit en 1631 en vue de se réfugier à Bruxelles et d’y plaider sa cause. C’était un piège : une fois réfugiée auprès des Espagnols, la reine fut déchue de son rang et privée de ses pensions.

Elle séjourna auprès de ses filles aux Pays-Bas espagnols, en Allemagne et en Angleterre, cherchant à constituer une « ligue des gendres » contre la France dont le seul résultat fut d’envoyer ses partisans à la Bastille, en exil ou sur l’échafaud, selon les cas. Elle finit par mourir dans le dénuement à Cologne, dans une maison prêtée par son ami Rubens.

Pendant ce temps, Richelieu menait à bien son programme, qu’on peut résumer ainsi : ruiner, rabaisser, réduire, et qu’il définit plus en détail dans ses Mémoires : « Ruiner le parti huguenot, rabaisser l’orgueil des grands, réduire tous les sujets en leur devoir et relever le nom du roi dans les nations étrangères au point où il devrait être ».

Comme toujours, cette manie d’écrabouiller tout contre-pouvoir au profit de l’autorité du roi et de semer la pagaille et la désolation à travers l’Europe a recueilli l’approbation sans réserve des historiens du XIXe siècle. Ils écrivaient pour les écoliers, futurs citoyens à qui il importe d’apprendre à obéir plutôt qu’à réfléchir.

Les chroniques de Pierre de Laubier sur l’« Abominable histoire de France » sont diffusées chaque semaine dans l’émission « Synthèse » sur Radio Libertés.

EuroLibertés : toujours mieux vous ré-informer … GRÂCE À VOUS !

Ne financez pas le système ! Financez EuroLibertés !

EuroLibertés ré-informe parce qu’EuroLibertés est un média qui ne dépend ni du Système, ni des banques, ni des lobbies et qui est dégagé de tout politiquement correct.

Fort d’une audience grandissante avec 60 000 visiteurs uniques par mois, EuroLibertés est un acteur incontournable de dissection des politiques européennes menées dans les États européens membres ou non de l’Union européenne.

Ne bénéficiant d’aucune subvention, à la différence des médias du système, et intégralement animé par des bénévoles, EuroLibertés a néanmoins un coût qui englobe les frais de création et d’administration du site, les mailings de promotion et enfin les déplacements indispensables pour la réalisation d’interviews.

EuroLibertés est un organe de presse d’intérêt général. Chaque don ouvre droit à une déduction fiscale à hauteur de 66 %. À titre d’exemple, un don de 100 euros offre une déduction fiscale de 66 euros. Ainsi, votre don ne vous coûte en réalité que 34 euros.

Philippe Randa,
Directeur d’EuroLibertés.

Quatre solutions pour nous soutenir :

1 : Faire un don par virement bancaire

Titulaire du compte (Account Owner) : EURO LIBERTES
Domiciliation : CIC FOUESNANT
IBAN (International Bank Account Number) :
FR76 3004 7140 6700 0202 0390 185
BIC (Bank Identifier Code) : CMCIFRPP

2 : Faire un don par paypal (paiement sécurisé SSL)

Sur le site EuroLibertés (www.eurolibertes.com), en cliquant, vous serez alors redirigé vers le site de paiement en ligne PayPal. Transaction 100 % sécurisée.
 

3 : Faire un don par chèque bancaire à l’ordre d’EuroLibertés

à retourner à : EuroLibertés
BP 400 35 – 94271 Le Kremlin-Bicêtre cedex – France

4 : Faire un don par carte bancaire

Pour cela, téléphonez à Marie-France Marceau au 06 77 60 24  99