28 juin 2021

De Gaulle vu du Québec moderne

Par Rémi Tremblay

Revisiter la figure du Général d’un point de vue québécois

Quitte à me faire lancer des pierres par certains, particulièrement par les Pieds-noirs et leurs descendants qui ont des griefs plus que légitimes, j’ose affirmer que Charles de Gaulle fut un bon président… pour le Québec.

Il convient de redonner à de Gaulle ce qui lui revient, mais ceci n’équivaut pas à une opinion sur sa gouvernance de la France et son abandon de l’Algérie. Il n’en demeure pas moins que de Gaulle fut le plus québécophile des présidents français et que son attachement au peuple français d’Amérique, que partageait également le Maréchal, ne se limita pas à de simples mots, même à ce fameux « Vive le Québec libre ! » qui créa un électrochoc et passa à l’histoire.

Non, comme la célébration du 60e anniversaire de la Délégation québécoise à Paris nous le rappelle, de Gaulle fut un véritable pionnier dans le rétablissement de liens entre le Québec et la France, entre l’ancienne Nouvelle-France et sa métropole. Les liens avaient été coupés par la victoire britannique de 1760, puis le peuple canadien français, d’abord attristé par son abandon de la part du Roi, avait regardé avec consternation la Révolution puis la laïcisation et la perte de morale qui avait affecté la France jusqu’à l’arrivée du Maréchal. D’ailleurs, le Québec fut beaucoup plus attaché au Maréchal qu’au Général durant la guerre, mais celui-ci n’en garda aucune rancœur.

Dans l’après-guerre, de Gaulle rétablit les ponts, quitte à se brouiller avec le gouvernement d’Ottawa, qui considéra des plus insultantes les sorties publiques du président français en faveur du Québec. D’ailleurs, de Gaulle jouait sur une mince ligne : lors de son voyage au Québec en 1967, centenaire de la Confédération canadienne, il avait évité de visiter Ottawa en premier, comme le voulait le protocole, en voyageant par bateau plutôt que par avion, ce qui lui permit de débarquer au Québec plutôt qu’en Ontario.

Mais au-delà de ces sorties symboliques, de Gaulle suscita des initiatives concrètes qui lui ont survécu. Difficile ici de nommer toutes ces ouvertures vers le Québec, mais aussi les conséquences multiples de son cri du cœur à Montréal en 1967.

Parmi les gestes les plus marquants de la présidence de Gaulle, il y a l’ouverture de la Maison du Québec à Paris en 1961, l’actuelle Délégation du Québec, qui fut traitée avec tous les avantages liés à une représentation officielle d’un état libre. Il reçut également le Premier ministre Daniel Johnson de la même façon qu’il recevait les chefs d’État étrangers, sans aucune référence au Canada, puis signa des ententes d’égal à égal avec le Québec, ce qui était une première dans notre histoire. Il invita le Québec à siéger sur certains comités francophones internationaux, ce qui lui donna la possibilité par la suite de siéger officiellement dans diverses instances officielles.

Puis, en plus de reconnaître cette souveraineté partielle, il multiplia les initiatives culturelles et symboliques pour rétablir des relations durables et solides entre les deux peuples séparés par l’océan.

De Gaulle avait confié à Alain Peyrefitte qu’« un jour ou l’autre, les Français se rebelleront contre les Anglais. Du moins au Québec, puisque partout ailleurs au Canada ils sont minoritaires… »

Ce jour n’est pas encore arrivé, mais on sent qu’il s’agissait davantage d’un souhait personnel que d’une prophétie.

Il va de soi qu’il faut rester réaliste et se rappeler qu’une partie de ces gestes fut en partie motivée par des différends opposant Ottawa et Paris, mais il reste, que cette antipathie n’explique pas tout. De Gaulle fut un québécophile et participa activement à la mise en place d’un Québec souverain qui n’est toujours pas advenu. En cela, il fut le meilleur président… pour le Québec.

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