« Clemenceau est l’homme aux quatre tĂȘtes, tour Ă  tour ou tout Ă  la fois le Tigre, le dreyfusard, le premier flic de France, le PĂšre de la Victoire » (Michel Winock).

Pour le centenaire de l’annĂ©e 1917, les Ă©ditions Perrin ont publiĂ© en fin d’annĂ©e derniĂšre une magistrale biographie de Georges Clemenceau Ă©crite par Michel Winock. Celle-ci Ă©tait initialement parue en 2007. Elle a Ă©tĂ© revue, actualisĂ©e et augmentĂ©e pour cette Ă©dition de luxe, reliĂ©e et enrichie d’un cahier iconographique fort utile et trĂšs intĂ©ressant.

Clemenceau,Michel Winock (Perrin).

Clemenceau,Michel Winock (Perrin).

Michel Winock est professeur Ă©mĂ©rite Ă  l’Institut d’études politiques de Paris. Il est l’auteur de nombreux ouvrages, parmi lesquels La FiĂšvre hexagonale, Les grandes crises politiques 1871-1968, Le SiĂšcle des intellectuels, ainsi que de plusieurs biographies remarquĂ©es : Pierre MendĂšs France, Mme de StaĂ«l, Flaubert et François Mitterrand. Winock, dans ce livre dense de 584 pages, revient sur le parcours de Clemenceau qui fut selon lui, le porte-drapeau de la gauche rĂ©publicaine : « Le nom de Georges Clemenceau doit aussi ĂȘtre associĂ© Ă  celui de la RĂ©publique, dont il a Ă©tĂ© l’un des soutiens les plus ardents. Charles de Gaulle fut un rĂ©publicain de raison : parce que la RĂ©publique Ă©tait le rĂ©gime voulu par les Français. Georges Clemenceau fut un rĂ©publicain de naissance et de conviction. »

Winock dĂ©livre plusieurs anecdotes savoureuses sur Clemenceau et prĂ©sente ses nombreux atouts. Toutefois, il ne tombe jamais dans l’hagiographie. Effectivement, Winock s’arrĂȘte sur les travers de son sujet d’étude : agressivitĂ©, brutalitĂ©, procĂ©dĂ©s tortueux voire despotisme, non pour l’accabler, mais avec l’objectif de nous offrir une vision complĂšte de Clemenceau. Nous pouvons Ă©crire sans flagornerie aucune, qu’il a atteint son objectif.

Étudier la vie, le parcours, l’Ɠuvre politique et intellectuelle de Clemenceau, revient en rĂ©alitĂ© Ă  se poser la question de savoir qui il fut rĂ©ellement : « Clemenceau est l’homme aux quatre tĂȘtes, tour Ă  tour ou tout Ă  la fois le Tigre, le dreyfusard, le premier flic de France, le PĂšre de la Victoire. »

Revenons quelques instants sur cette appellation de Tigre : « Le Tigre est le surnom que son ami Émile BurĂ© lui donne en 1903 et qui fut repris par tout le monde : il s’applique rĂ©trospectivement bien au tombeur de ministĂšres, au dĂ©putĂ© implacable dont les discours griffent. »

Il y a une formule, parmi d’autres, de Winock qui a retenu notre attention. Elle explique l’idĂ©e suivante : l’évĂ©nement a crĂ©Ă© Clemenceau. L’auteur Ă©crit : « Georges est nĂ© le 28 septembre 1841 Ă  Mouilleron-en-Pareds en VendĂ©e, Clemenceau, Ă  Paris en 1870, quand les Prussiens assiĂ©geaient la capitale. »

Effectivement, sans cette guerre perdue par NapolĂ©on III, puis le siĂšge de Paris, la Commune, qu’aurait-il menĂ© comme vie ? SĂ»rement une carriĂšre de mĂ©decin, Ă©tant donnĂ© que ses idĂ©es politiques – principalement rĂ©publicaine et anti-clĂ©ricale – ne lui auraient point permis d’émerger sous le rĂšgne du dernier napolĂ©onide.

Prenons le temps de nous arrĂȘter sur les origines sociales et politiques de Georges Clemenceau : « Ce n’était pas si frĂ©quent dans la VendĂ©e catholique et royale. À tout le moins dans la paysannerie et dans l’aristocratie, piĂ©taille et chef des Blancs. Dans la bourgeoisie il en allait autrement : les Bleus y abondaient. Or les Clemenceau Ă©taient des bourgeois, de l’espĂšce Ă©clairĂ©e : une lignĂ©e de mĂ©decins. » L’auteur remonte l’arbre gĂ©nĂ©alogique, et nous apprenons que « son arriĂšre-grand-pĂšre, Pierre-Paul, fut nommĂ© mĂ©decin des ArmĂ©es de l’Ouest sous la RĂ©volution, avant d’ĂȘtre sous-prĂ©fet de Montaigu, et enfin, en 1805, membre du Corps lĂ©gislatif. »

Il est on ne peut plus clair que dans la famille Clemenceau, politique et mĂ©decine font bon mĂ©nage. PrĂ©cisons aussi qu’un buste de Maximilien Robespierre trĂŽnait sur la cheminĂ©e. Cela a dĂ» le marquer profondĂ©ment, lui qui plus tard Ă©crira : « Tous ces empereurs, roi, archiducs et princes sont grands, sublimes, gĂ©nĂ©reux et superbes. Leurs princesses sont tout ce qu’il vous plaira ; mais je les hais d’une haine sans merci comme on haĂŻssait autrefois en 1793, alors qu’on appelait cet imbĂ©cile de Louis XVI l’exĂ©crable tyran. Entre nous et ces gens-lĂ , il y a une guerre Ă  mort. »

Georges Clemenceau est le deuxiĂšme d’une famille de six enfants. Son pĂšre Ă©tait aussi mĂ©decin et avait participĂ© aux Trois Glorieuses en 1830, Ă  peine dĂ©barquĂ© Ă  Paris aprĂšs trois semaines de marche. Benjamin Clemenceau, son pĂšre, applaudit des deux mains Ă  la rĂ©volution de 1848, mais dĂ©chante devant la tournure prise par les Ă©vĂ©nements. Louis-NapolĂ©on n’entendait pas continuer la RĂ©publique, et il restaura l’Empire. Benjamin Clemenceau fut emprisonnĂ©, suite au coup d’État manquĂ© d’Orsini sur NapolĂ©on III, en vertu de la loi de sĂ»retĂ© gĂ©nĂ©rale. DĂ©tail amusant et rĂ©vĂ©lateur de l’état d’esprit familial, quand il rend visite Ă  son pĂšre en prison et lui annonce fiĂšrement : « Je te vengerai », ce Ă  quoi le pĂšre rĂ©pond : « Si tu veux me venger, travaille ». Effectivement, Georges Clemenceau travaillera dur et longtemps, mais ne mĂšnera pas une longue et belle carriĂšre mĂ©dicale comme son pĂšre l’espĂ©rait alors


Selon l’auteur : « Clemenceau est aussi la France. Parisien de VendĂ©e, VendĂ©en de gauche, homme de gauche dĂ©testĂ© par la gauche, athĂ©e communiant dans la religion de la RĂ©publique, politicien qui aime les livres et en Ă©crit, frĂšre et admirateur de Claude Monnet qu’il sait pousser jusqu’à la limite de son art. »

Il poursuit son analyse : « Il ne cesse d’étonner l’historien qui le suit dans les mĂ©andres de sa vie pleine, contradictoire, heurtĂ©e, traversĂ©e d’échecs et promise Ă  la gloire. »

L’auteur prĂ©cise Ă©galement les idĂ©es politiques de Clemenceau : « On ne peut nier qu’il fut un nationaliste. Son nationalisme, cependant, n’avait rien de commun avec celui qui, de son temps, enfiĂ©vrait ceux qui se dĂ©lectaient de ce mot-lĂ  et faisaient de leur patrie un territoire interdit aux autres peuples. Purement rĂ©publicain, son nationalisme ne s’est jamais conçu comme une fermeture aux autres, un rejet de l’étranger, une passion obsidionale d’une identitĂ© menacĂ©e. Sa haine du racisme, de l’antisĂ©mitisme, de la xĂ©nophobie, allait de pair avec cette fiertĂ©, illusoire ou non, d’appartenir Ă  un grand peuple, celui qui avait allumĂ© pour le monde entier la torche de la libertĂ©. »

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